Bon, j’en étais où ?
Oui, la panne d
e voiture à cause du cabochon d’alternateur et puis Bernadette.
Tous les deux, c’est le grand amour, et sans paparazzi.
Ma famille accepte du bout des lèvres cette fille un peu tête en l'air, souvent distraite qui, lorsque ma soeur l'invite à dîner, n'hésite pas à exploser son service en porcelaine qui venait de la grand-mère et auquel elle tenait tant! C'est le trac...
Maintenant on rit de cet épisode plutôt cocasse.
Sur cette photo, sortie en famille sur les bords de l'Arly avec soeurs, frère, nièces et neveux. Bernadette n'y est pas...
Bref il fait grand beau temps sur notre vie mais les nuages ne vont pas tarder à se former au dessus de ma tête et surtout à l’intérieur…!
En effet mon ex petite amie revient afin d’honorer son contrat.
C’est l’une des périodes les plus douloureuses de ma vie car je n’aime pas faire du mal à quelqu’un et je suis conscient que cela va arriver.
Je vais donc chercher Pat à la gare de Sallanches. Elle me saute au cou et je ne sais quoi faire, quoi dire.
Comment lui expliquer que je ne me suis pas comporté comme un homme…
Je vis avec sa meilleure amie depuis pratiquement son départ ?
C’est digne d’une mauvaise série télé Américaine.
Non, c’est la vie…
Je préfère qu’elle emménage dans son logement alors qu’elle espérait venir habiter chez moi. Je la sens inquiète, elle se pose plein de questions.
Pourquoi cette froideur de ma part ? Elle demande conseil à Bernadette.
Pourquoi Michel est-il si distant, que s’est-il passé depuis mon départ ?
Il y a quelqu’un d’autre dans sa vie ?
Evidemment, autant de questions laissées sans réponse.
Par peur de la blesser ou par manque de courage, je ne lui dis rien.
Cela va durer presque un mois. Heureusement un « corbeau » va lui révéler la vérité et sa meilleure amie va devenir sa pire ennemie.
Ce qui est terrible c’est que, pour elle, je ne suis pas coupable.
J’ai beau lui expliquer que tout est de ma faute, rien n’y fait.
Je reste à ses yeux le garçon le plus merveilleux de la terre.
Rien que d’écrire ces quelques lignes, je sens à nouveau ce malaise qui ne m’a jamais quitté depuis toutes ces années. Que de regrets…
J’ai longtemps cherché à revoir cette jeune fille si belle, si douce, avec qui j’ai passé des instants merveilleux, et qui pour moi a été une des femmes de ma vie pendant de longs mois.
Je voulais la retrouver afin de lui expliquer… Mais expliquer quoi ?
La vie est parfois d’une immense cruauté.
Comme pour oublier au plus vite cet épisode, je décide, avec Bernadette, de quitter la haute Savoie. Nous nous installons dans le 06, à Menton, ville nichée entre la principauté de Monaco et la Riviera Italienne.
Pourquoi Menton ?
J’ai des amis qui travaillent dans un centre de vacances, ils m’ont tellement parlé de la région et puis c’est l’été, il fait beau, il y a des touristes, et cela me donne des idées.
Comment vivre à Menton et quoi faire? D’abord, nous avons économisé quelques pépettes, ensuite, notre stratégie est bien huilée. Pendant que je ferai quelques numéros visuels dans la rue, à la terrasse des bistrots, Bernadette passera la cébille.
C’est enfin l’affrontement « amical » avec un vrai public.
Donc nous louons un petit studio avec vue sur la mer. Magnifique ! Nous avons même un droit d’accès à la piscine de l’immeuble ! Nous n’y mettrons qu’une seule fois les pieds.
Puis le temps passe, le temps passe, il passe et il repasse…
Je crois qu’au fur et à mesure, tel un ballon de baudruche, je me dégonfle et puis l’idée de voir la femme que j’aime faire la manche m’insupporte.
Orgueil Espagnol !
Non, décidemment, je ne peux pas, c’est au dessus de mes forces.
Alors nous passons nos journées enfermés dans ce joli studio à regarder la mer.
Il me semble que l’expression « vivre d’amour et d’eau fraîche » a été inventée pour nous.
Malheureusement, nos économies fondent comme une glace au citron de Menton.
Cela ne nous empêche pas d’aller le soir à Monaco afin de jouer au casino…
Nous y passons une bonne heure à regarder les joueurs puis nous dépensons magistralement cinq francs, pas plus, et ayant tout perdu, nous rentrons au studio.
Le 31 juillet 1978, j’apprends une nouvelle qui va me terrasser, mon père vient de partir vers des cieux plus cléments, emporté par une crise cardiaque.
J’essaye de trouver un train pour Paris, c’est un départ de vacances, pas de place, c’est l’horreur.
Je ne vais arriver sur Paris que pour la cérémonie. Je ne pourrai pas voir mon père une dernière fois, mais après tout, est-ce bien important…
Il vaut mieux le garder « en vie » dans sa tête.
La famille est réunie autour de ma mère, notamment mes sœurs et mon frère. Nous parlons du passé, les souvenirs les plus merveilleux ressurgissent. Nous passons des larmes aux rires comme cela arrive souvent lors d’un décès.
De retour à Menton, heureusement j’ai Bernadette pour m’aider à accepter la mort d’un être cher et tout ce que cela comporte.
Les « j’aurais du, si j’avais su, pourquoi je n’ai pas… » .
Je répète souvent à mes enfants que la mort fait partie de la vie et qu’il faut l’accepter ; Se dire qu’elle n’est pas un point final. C’est trop dur de l’affronter d’un seul coup et de la prendre en pleine figure.
Très vite, pour me changer les idées et renflouer les caisses, je me vois obligé d’accepter de finir la saison comme animateur, comme me le propose si gentiment mes amis dans leur centre de vacances. Pour l’anecdote, c’est là que travaillera ma copine Mimie Mathy après être passée chez Michel Fugain.
Pour moi, cette décision est un échec !!!
A la fin de la saison, après avoir cogité, nous décidons de repartir vers Praz sur Arly, haute Savoie, afin d’y établir notre camp de base. La montagne sera dure à escalader…
Avec Louis Chabaud dit « Praline », natif d’Aubagne…
Vous savez l’animateur, peintre, sculpteur, joueur de foot et de pétanque, je vous avais bien dit que je vous parlerai de lui à nouveau…
Avec lui, donc, nous décidons de monter un spectacle que nous allons jouer dans le sous-sol d’un bar tabac PMU de Megève. Nous louons ce lieu, à nous de rentabiliser.
C’est l’hiver ! Heureusement, nous avons Paulette !
Oh Paulette, Paulette, Paulette, Paulette !!!
Qui est-elle ?
Si vous lisez la suite, vous le saurez…
« A tout bientôt !!! »