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  • : Michel Crémadès... Ma vie d'homme, ma vie d'artiste
  • Michel Crémadès... Ma vie d'homme, ma vie d'artiste
  • : Vous parler de ma passion, pousser mes coups de gueules, ouvrir pour vous un peu le livre de ma vie et peut-être répondre aux interrogations que vous avez quant à mon métier d'acteur...
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Merci de me rendre cette petite visite !!!

 

J’aime passionnément mon métier comme je peux le détester parfois, mais pour vous, public, ma fidélité a toujours été sans faille. Mon ami Patrick Jorge, qui organise des festivals de cinéma, me dit souvent :
 

 "Quand je dis ton nom, les gens ne tiltent pas forcément, mais lorsque je montre ta photo, la réaction est immédiate ! Le public te suit depuis des années entre cinéma, théâtre et télévision et t’apprécie énormément pour ton travail." 


Si vous faites partie de tous ces fans, je vous remercie et tâcherai d’être encore quelques années à la hauteur. Mon ami rajoute et j’en finirai là :

 

« La célébrité, c’est être connu, la popularité, c’est être reconnu !!! »

 

Je suis donc très fier d’être populaire.

 

Je vous invite à vous inscrire sur la newsletter en haut, à droite afin de recevoir la suite de mes aventures !!!

 

 

 

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9 juin 2007 6 09 /06 /juin /2007 13:25

Ce samedi 9/06/2007 est née au centre hospitalier de Troyes ma première petite fille.

Elle s’appelle Maëlys, elle fait une entrée en scène de façon un peu « prématurée » car ma fille ne devait accoucher qu’à la mi août…

Elle ne pèse qu’un kilo 375, mais je pense qu’elle va faire très vite des ravages chez tous les bébés garçons du service « néonatalité ».

Le grand père était heureux de vous faire partager sa joie.

J’ai passé toute la nuit à tenir la main de ma fille, à arpenter avec mon gendre les couloirs de l’hôpital, nos conversations de la nuit furent un peu philosophiques, teintées d'une certaine fatigue et d’un brin d’angoisse.

Nous avons vidé la machine à café et versé notre petite larme à l’apparition de bébé dans sa couveuse à roulettes.

Que la vie est belle quand elle est simple comme une naissance !

Cela sort de ce que je peux vous raconter dans mon blog…

Pardon, mais j’avais besoin de vous dire mon bonheur.

J’en profite pour redire toute mon admiration pour les personnels hospitaliers qui se dévouent corps et âmes pour leurs prochains.

 

Encore une profession exercée avec foi et générosité.

Que ces personnes en soient remerciées de tout mon cœur.

On se retrouve bientôt pour d’autres épisodes.

 

 

Signé : Le grand père « un peu gâteux », déjà…

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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 15:35

Le spectacle continue donc, s'enchaînent les tournages pour la télévision ou le cinéma.

Je pars une dizaine de jours aux Antilles afin d’y tourner une publicité pour le loto avec cinq autres comédiens dont Zabou. Nous sommes sur une plage de sable fin, nous dansons et chantons :

 

 

 

« Oui, le bonheur, ça n’arrive pas qu’aux autres, gagner au loto, ça n’arrive pas qu’aux autres, on a joué ensemble, on y a cru si fort que la chance ne pouvait pas nous donner tort ! … Le loto, c’est facile, c’est pas cher… Et ça peut rapporter gros ! »

 

 

 

Cette pub passera souvent à la télévision et beaucoup de personnes dans la rue me demanderont si, ayant travaillé pour la « Française des jeux », je n’avais pas une combine pour gagner au loto… (No Coment)

 

 

Pour la télé je pars en Suisse tourner avec Patachou, l’immense Henri Virlojeux et Patrick Préjean dans « Poivre et Sel ».

Je tourne pour "Canal +" une série intitulée « Mytho Folies », c’est la mythologie revue et ô combien corrigée !

 

 

Quelle ambiance avec Jean Jacques Péroni, Michel Galabru, Laspalès et Chevalier, Jean Paul Farré et une dizaine d’autre comédiens aussi déjantés les uns que les autres !

 

 

Aux manettes Nino Monti, adorable réalisateur qui m’offrit cette photo Polaroïd intitulée "Souvenirs de vacances"et  qui dira plus tard que cette série était trop en avance sur son temps, il avait raison, elle a très bien fonctionné en audimat mais s’est arrêtée car le temps d’antenne était déjà réservé à un groupe de comiques, fraîchement arrivés dont le nom n’est autre que  « Les Nuls »…

Me voilà reparti au cinéma avec le film réalisé par Didier Kaminka avec une belle distribution comme on n’en voit presque plus, à savoir entre autre

Marlène Jobert, Patrick Chesnais, Claude Rich, Zabou, Roland Giraud, Vincent Cassel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, etc.

 

 

 Le titre :  "Les cigognes n'en font qu'à leur tête".

 

 

Le rôle n’est pas extraordinaire, la situation se passe dans le métro, je laisse ma place à Marlène Jobert, que je soupçonne d’être enceinte et c’est Ariane Lorent, qui l’est vraiment, qui va s’asseoir à sa place. Très énervé, je lui demande de se lever, discussion, bagarre, je me prends un coup de pied très mal placé pour nous les hommes et reste donc sans voix...

Rassurez-vous, j’avais une coquille de protection, et heureusement car, c’est à cette période que ma compagne et moi-même, décidons d’obtenir une carte de famille nombreuse en mettant en route le troisième enfant.

Dans la foulée, je tourne « Ripoux contre Ripoux ».

Je me pointe sur le lieu de tournage et pour se faire, je descends les escaliers du Sacré Cœur.

J’aperçois en bas, assis sur un fauteuil et fumant son sempiternel cigare, Philippe Noiret qui, dès qu’il me voit, se lève et annonce à toute l’équipe :

« Planquez les sacs à main, il y a Michel Crémadès qui arrive !»

Il faisait allusion au premier « Ripoux » bien évidemment où je me faisais lamentablement plaquer au sol par Thierry Lhermitte. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un petit bonus, la photo qui me compromet.

Je mate le sac de la vieille dame dans le film « Les Ripoux ». Pas très épais le garçon !!!

Je le rassure en lui disant que j’ai pris du galon et que Claude Zidi a décidé cette fois-ci de me faire braquer la caisse d’un magasin de souvenirs.

Heureusement que je continuais à pratiquer le football, notamment avec les futurs policiers de l’école de police de ma ville dirigée à l’époque par le grand Michel Lepoix, à la droite de la photo, qui depuis a pris du galon puisqu'il a très hautes responsabilités à Paris…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La première séquence que je devais tourner était celle dans laquelle on me voit débouler des escaliers à toute vitesse, heurtant des gens au passage, ignorant le risque que les marches très inégales du Sacré Cœur font courir à mes chevilles.

Claude Zidi a pris beaucoup de plaisir à me faire recommencer la prise plusieurs fois, me demandant d’aller plus vite à chaque fois. Le plus dur dans l’affaire est que, lorsque j’étais arrivé en bas, après le « Coupez ! », il fallait que je remonte l’escalier, et ce en courant afin que nous ne perdions pas de temps !

Puis j’ai dû traverser une bonne partie du XVIII° arrondissement toujours en courant pendant deux bonnes heures afin d’échapper à la surveillance policière. Quel métier !!!

Deux jours plus tard, j’arrive pour tourner la suite et je vois Philippe Noiret qui m’annonce, le sourire aux lèvres, et un tantinet narquois que les séquences de course tournées avaient été rayées au laboratoire et qu’il fallait tout refaire.

Je sourie de la bonne blague et part saluer l’équipe. Je rencontre la script qui me tient les mêmes propos, puis arrive Claude Zidi qui me confirme la chose. La journée de tournage sera un peu modifiée, il va falloir retourner les séquences inmontables.

 

 

Je pensais que l’on me faisait une farce, mais je serai le dindon car je comprends, en voyant la caméra plantée aux pieds d’un des « escaliers de l’angoisse », que je vais être obligé de m’y recoller, moi et mes chevilles d’athlète !

La séquence n’en sera que plus belle car Claude Zidi avait repéré qu’un bus passait dans la rue derrière moi. Au moment où il pointait son nez, je devais partir, ce qui donne du mouvement à l’action. Quand vous regarderez le film, vous comprendrez !

 

 

 

 

 

Puis je tourne mon first film "USA" sous la direction de l'Américain Tom Wright. Il a une casquette vissée sur la tête et la pâte à macher in mouth.

 

 

C’est effarant, vous êtes suivis par quatre caméras et il y a une bonne centaine d’assistants qui courent dans tous les sens. Lorsque nous tournons au pied de la Tour Eiffel , il y a deux grues. Une qui sert au tournage et la deuxième qui est juste là au cas où la première tomberait en panne ! Le cinéma Américain dans une certaine outrance, cela dit nous tournons de façon confortable, il n’y a rien à dire.

Après quelques « Marc et Sophie » avec le talentueux Gérard Rinaldi, j’enchaîne avec une série policière qui sert de base à un jeu.

Avec Jean Michel Dupuis, nous sommes les deux rôles principaux à savoir des inspecteurs de police qui mènent des enquêtes dans différents milieux. Il y aura quatre films mis en boîte pour France 3.

 

 

 

 

 

 

 

 

On faisait un chouette duo, Jean Michel Dupuis est un bel acteur très instinctif avec qui on a un grand plaisir à jouer.

Que ce terme « jouer » sert parfaitement mon métier. Il faut se servir de son âme d’enfant, remonter le temps lorsque je jouais avec mon frère à Ivanhoé, lorsque j’étais un Indien, un Cow Boy, un policier ou un voyou, combien de fois ai-je pu être blessé ou entendre cette terrible sentence « Pan, t’es mort »…

 

Mon frère était dans notre petite enfance un "Sérial killer" !!!

Qu’il est difficile dans ce métier de garder en permanence l’insouciance, la simplicité et l’envie de donner encore et toujours plus aux autres !

Comme le dit la pub : Un peu de fraîcheur « d’enfant » dans un monde de brutes…

Mais une autre réalisation se pointe à l’horizon, la naissance du troisième enfant…

Alors …

Non, ce sera la prochaine fois !!!

« A tout bientôt !!! »

 

 

 

 

 

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31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 12:43

L’actualité fait que mon épisode du jour aura un petit goût de tristesse.

Jean-Claude Brialy nous a, lui aussi, quitté.

 

 J’ai eu le grand plaisir de jouer dans son théâtre des Bouffes-Parisiens en 1994-1995 dans la pièce de Neil Simon « Drôle de couple »,  mise en scène de Bernard Murat, un monsieur dont je vous parlerai plus tard.

Belle distribution: Marie-Anne Chazel, Clémentine Célarié, Annie Grégorio, Christian Bujeau (Dentiste des Visiteurs), Arielle Séménoff, Sylvie Flepp (Plus belle la vie), Julie Arnold…

Jean Claude Brialy était un directeur de théâtre heureux car les réservations allaient bon train. Il regardait le ciel l’après-midi et comme Jean-Michel Rouzières, grand directeur de théâtre lui aussi, lorsque le temps était menaçant,  il aimait dire :

« Temps magnifique pour le théâtre » !

J’apprends un jour par un ami proche que mon « idole » Michel Platini voulait venir voir la pièce avec sa femme et deux amis. Je vais voir Jean Claude le jeudi matin afin de lui demander quatre invitations pour le vendredi soir. Il sourit gentiment puis manque de s’évanouir, en effet c’est, avec le samedi, les deux soirs où les invitations sont à proscrire totalement.

L’après midi, il me passait un coup de fil chez moi pour m’annoncer qu’il laissait quatre places au nom de Platini le lendemain soir à la caisse.

J’ai souvenir de la tournée pour cette même pièce en Corse. Il était là accablé car nous jouions en extérieur et il pleuvait comme « vache qui … ».

D’un coup il s’est levé, a pris la vache par les cornes, a fait démonter le décor qui était entièrement bâché afin de le faire installer dans une église…

 

Mais oui !

Nous avons joué « Drôle de Couple » dans une église en Corse !

Après les représentations à Ramatuelle, ou par l'Association du festival d'Anjou dont Jean-Claude Brialy était le directeur artistique, nous allions dîner avec lui et immanquablement il nous racontait les multiples anecdotes glanées tout au long de sa carrière. Avec Annie Grégorio et Sylvie Flepp, nous avons piqué de sacrés fous rires, il y avait de quoi.

 

Je le trouve tellement vrai et formidable en directeur de banque dans le film tourné ensemble "Ripoux contre Ripoux".

Je ne vais pas m'amuser à énumérer tous ses films...

Je garde de cet homme son humour de tous les instants, sa franchise, car lorsqu’il n’aimait pas quelqu’un, il lui faisait gentiment savoir, sans jamais chercher à blesser la personne. Il est pour moi surtout  un passionné qui n’a fait qu’aimer les comédiens tout au long de sa carrière, il n’était pas avare en cadeaux ou en invitations dans son restaurant, ni en remerciements renouvelés pour le travail accompli par les comédiens.

Mais le spectacle continue.

Merci à toi et salut Monsieur l’artiste !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 22:37

Coucou, me revoilou…

Désolé de vous avoir négligé mais je suis parti une semaine à Marseille afin d’y jouer un pièce de théâtre, ma fille aînée a été hospitalisée à Troyes car elle doit accoucher au mois d’août mais des contractions viennent perturber le calendrier, je l'embrasse très fort!

J’ai donc été très occupé…

Je vous ai tout dit.

Avant de continuer de vous narrer mon périple théatro-télé-radio-cinématographique, je profite que nous soyons en plein Festival de Cannes pour vous raconter ce qu’il m’est arrivé en 1992 durant ce fameux festival.

J’ai un ami de grand talent qui s’appelle Philippe Rive. Il est scénariste de bandes dessinées. Il est d’ailleurs, entre autre, un des papas du fameux personnage « Roméo ».

Il m’invite à passer quelques jours chez lui et comme il habite à côté de Cannes, il me propose de venir assister à la projection des films présentés.

J’accepte volontiers, je vais donc prendre un laissez-passer et occupe mes journées à diverses projections ou à me promener en bord de mer afin d’y admirer yachts trop luxueux et starlettes bien souvent gavées de Botox !

L’accueil du public est formidable, j’ai la sensation d’être une « Star », mot que je veux supprimer de mon hémisphère cérébral droit car il ne veut plus rien dire…

Sur la Croisette , on me prend en photo, je signe des autographes, je papote ici et là, bref, je vois bien que ma popularité ne faiblit pas.

Je vous dis cela sans orgueil…  Excessif !!!

La révélation du Festival de Cannes 1992 reste sans conteste Sharon Stone. Elle est venue présenter sur la Croisette « Basic instinct » avec Michael Douglas, film réalisé par Paul Verhoeven.

Philippe Rive me dit qu’il serait sympa d’aller voir ce film lors de sa projection en soirée afin de pouvoir « tâter » de la montée des fameuses marches du Palais des festivals.

Il se débrouille donc pour avoir deux invitations pour lui et sa femme Viviane et me demande d’aller chercher la veille de la projection, un laissez-passer pour la soirée.

Je me rends donc au « bureau des comédiens » afin d’obtenir le  « Sésame » afin de pouvoir admirer la belle Sharon et son passement de jambes qui a enflammé bien plus que sa cigarette…

On me signale qu’il n’y a plus d’invitation, le ministre de la culture de l’époque a réquisitionné  toutes les places pour ses amis…

Etant membre de la SACEM et SACD, je me rends dans leur bureau et fais la même requête. Réponse identique, le ministre a fait une razzia, plus aucune place !

A croire qu’il veut se présenter aux législatives dans la 8ème circonscription des Alpes-Maritimes !

Le soir de la projection, mon ami Philippe gare sa voiture au parking souterrain et vient avec son épouse me rejoindre afin que nous montions les marches en tenue de pingouin arrosés par les crépitements des flashes. Je lui explique mon problème de place, ce qui le met dans une rage folle. Il me dit :

« Moi, je me suis fait passer pour un journaliste, j’ai réussi à avoir deux invitations, toi qui es un acteur, tu ne peux pas assister à la projection ? C’est scandaleux ! »

Je le calme, lui explique que j’ai passé toute la journée à voir des films et qu’un peu de repos me fera le plus grand bien. Je descends au « -3 » avec lui, mets le siège passager de sa voiture en position couchette afin d’y dormir et lui souhaite une bonne soirée.

Philippe ne veut pas abdiquer. Dans un premier temps, il me donne sa place que je refuse tout de go, puis me dit qu’il va trouver une solution et repart fumasse. (Mot à la mode !)

Je commence à somnoler lorsque l’on tape au carreau de la voiture. Il s’est passé un quart d’heure, et c’est mon Philippe, transpirant, qui m’annonce qu’il n’a rien pu faire, et Dieu sait si ce garçon peut sortir de l’eau fraîche d’une pierre afin de pouvoir noyer une bonne anisette, pas de publicité…

Je lui fais remarquer que c’est très gentil de sa part mais que je commençais à dormir et qu’il m’a réveillé alors que j’allais entrer dans la chambre de Sharon Stone…

Il repart; Quant à moi, je tente de revenir dans les bras de la belle tout en évitant de tomber sur le célèbre pic à glace.

Au moment où, dans mon rêve, je commence à me battre avec Michael Douglas afin qu’il me donne le numéro de portable de Sharon Stone, on frappe à nouveau au carreau de la voiture. C’est encore Philippe Rive qui, fou de joie, m’annonce qu’il a une invitation pour moi. Je dois m’habiller prestissimo afin de ne pas rater le début de la cérémonie.

Je crains le pire. Le connaissant bien, je le soupçonne d’avoir estourbi quelqu’un afin de lui dérober sa place.

Je me retrouve donc à l’arrière du véhicule, le coffre ouvert, les voitures qui cherchent à se garer ralentissent à ma hauteur. La tête que font les occupants est sans appel ! Vous imaginez un comédien, le froc baissé, « torse poil » en train de s’habiller comme il peut dans un parking souterrain !!!

Certains ont du se demander si on ne tournait pas un film avec la doublure lumière de Rocco Siffredi

Nous arrivons à l’air libre, petit détail, je n’ai pas de laissez-passer, la chemise grande ouverte car j’ai oublié de prendre un noeud papillon !

Je me dis qu’on ne me laissera jamais passer, je ne suis pas « Brad Pitt » !!!

Tant pis, je me dirige vers le grand escalier tant convoité et j’entends la voix du présentateur, micro à la main, annoncer au fur et à mesure le nom des personnalités qui montent l’escalier de la « gloire ».

Ma surprise est de taille car toutes ces personnalités, qui devraient avoir un rapport avec ma profession, ne sont autres que des patrons de pizzerias, des bijoutiers, des plagistes ou des patrons de boites de nuit locales, j’en passe et des meilleurs…

Bref… Je suis à une trentaine de mètres des marches lorsque Philippe Rive me chope par le bras et m’annonce qu’on ne va pas monter l’escalier. Il m’explique quelle a été sa stratégie.

Il est allé voir en réalité le chef de la sécurité dénommé Mr Marcel et lui a dit :

« Vous connaissez Michel Crémadès, acteur de cinéma, il n’a pas réussi à avoir de place pour assister à la projection de Basic Instinct, qu’est ce qu’on peut faire ? »

Heureusement ce monsieur, grand cinéphile, lui répond :

« Bien sûr, c’est le petit moustachu du Théâtre de Bouvard, des Ripoux, Promotion Canapé, il a fait plein de films, on le voit à la télé, il est très marrant ! »

Sur ce, il prend son talkie-walkie, se présente  et demande  à son équipe de se mettre en place. Le grand Michel Crémadès arrive, on se tient prêts !

Et je me retrouve montant les grandes marches, mais pas celles de devant, celles qui sont sur le côté, aussi grandes que les autres mais qui servent uniquement pour évacuer la foule en cas d’incendie.

 

Serait-ce moi qui vais mettre le feu ???

Toute l’équipe de la sécurité est présente, je les salue un à un, fais des photos avec eux, signe des autographes en les remerciant vivement pour leur gentillesse.

J’arrive directement dans le salon principal où deux charmantes hôtesses me dirigent vers les meilleures places du Palais des Festivals, et ce sans autorisation, ni nœud papillon…

Je peux vous dire du fond du cœur que ce fut pour moi la plus belle montée des marches dont je pouvais rêver, loin des faux semblants du Festival de Cannes, loin du paraître, en relation franche et directe avec le vrai public, dans la simplicité et la bonne humeur.

C’est comme cela que je conçois ce métier, c’est peut-être pour cela que je ne tourne quasiment plus aussi…

Non, il est vrai que je ne suis pas du style à fréquenter les boîtes de nuits Parisiennes très branchées, à cirer les pompes des réalisateurs ou à finir à six heures du matin dans une salle discrète, le bout du nez blanchi par une poudre qui, paraît-il fait rêver, mais qui pour moi, empêche les gens d’être dans la réalité, les éloigne des autres et peu à peu leur ouvre la porte des pires cauchemars.

Depuis cet épisode, je ne suis plus retourné au Festival de Cannes.

Bon, la prochaine fois je vous parlerai d’autres tournages et de théâtre mais il me semblait rigolo de vous raconter cette anecdote « festivalière » !

Je retourne à mon apéro, vite, mon pic à glace, pour mettre un peu de fraîcheur dans mon anisette Galiana. C’est la meilleure ! Demandez à tous les Oranais. Je la trouve en Espagne à Alicante, mais elle sera bientôt en vente en France !

C’était ma page de pub personnelle entre deux épisodes.

« A tout bientôt !!! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 19:48

Suite au succès du théâtre de Bouvard et du film « Les Ripoux », quelques réalisateurs s’intéressent à moi. Je tourne pour la télévision dans des téléfilms ou séries dans lesquels j’ai le plaisir de rencontrer le délicieux Pierre Mondy, Daniel Ceccaldi, André Dussollier, Georges Beller, Greg Germain, Guy Tréjean, Yves Rénier ou Marthe Mercadier. Pardon à tous ceux que je n’ai pas cité…

On se croise sur les tournages ou sur des plateaux, plusieurs fois d’ailleurs, je vais retrouver Ticky Holgado, dont la carrière fut riche en seconds rôles de qualité.

Il a eu la chance et surtout l’immense talent qui a fait que Gérard Jugnot lui a fait confiance pour interpréter le rôle de « Crayon » dans le film « Une époque formidable » et sa carrière a décollé. Il crevait tellement l’image.

Depuis longtemps, nous ses copains, on savait qu’il irait loin, il fallait simplement le petit déclic.

 

 

 Merci et bravo à Gérard Jugnot pour ce choix si judicieux !

Ce métier est ainsi fait que, Roland Giraud, pour qui j’ai beaucoup de tendresse, je vous en parlerai dans un prochain épisode, me disait :

« J’avais fait beaucoup de petits rôles au cinéma et joué énormément dans des tournées théâtrales en France et à l’étranger, reprenant de grands rôles créés par des vedettes à Paris, qui ne voulaient pas partir jouer en province. Un certain lundi, je n’étais encore qu’un triste inconnu, le film « Trois hommes et un couffin » sortait le mercredi, le vendredi, le téléphone n’arrêtait pas de sonner, j’étais devenu une star. La semaine d’après, je recevais vingt scénarii par jour me proposant de jouer un rôle de père ne sachant pas comment élever son bébé. »

Que d’imagination… En France, nous avons, nous comédiens, un gros souci d’image, si on vous trouve bien dans la composition d’un rôle d’avocat, on ne vous proposera, en général, que des rôles d’avocat ! C’est un peu réducteur pour un artiste interprète, vous en conviendrez, mais c’est comme ça ! On m’a personnellement toujours considéré comme un « comique », et quand des producteurs, voire des réalisateurs, voient des courts métrages dans lesquels j’ai tourné des personnages loin du rire, du genre de « Lucie » que vous pouvez visionner dans ce blog, rubrique « Texte libre », je m’entends souvent dire :

« On ne savait pas que tu étais capable de faire ça ! »

Cela me met dans un état, même pas de colère, mais de désespoir…

Vie privée :

A cette période de ma vie, je n’étais pas souvent à la maison et je tiens à tirer mon chapeau à ma compagne qui acceptait la chose, elle comprenait vite que la vie de famille avec un comédien n’était pas une chose aisée. On donne souvent priorité à notre passion dévorante en oubliant parfois les siens. Il est essentiel pour ceux qui veulent faire ce métier d’être bien entourés. Cela permet d’avoir du recul sur les choses et de ne pas se laisser « bouffer tout cru ».

 

 

 

Notre couple se portait bien, ma fille était belle comme un cœur, ne comptez pas sur moi pour dire le contraire…

 

Nous décidions donc de mettre en route le second enfant.

Sitôt dit, sitôt fait. Je me mis à saler, plus que la normale, la nourriture de ma compagne, car nous avions une petite préférence pour « le » garçon, et on m’avait dit que la maman devait manger très salé pour augmenter les chances d'avoir un "Petit homme"…

Ah ! Ces remèdes de bonnes femmes !!! 

Je me concentrais donc très fort et…

Quelques jours plus tard, le test virait au bleu et l’échographie ne laissait aucun doute, c’était bien un petit mâle !

 

Au mois de juin 1986, Bernadette donnait donc naissance à un garçon.

Le cercle de famille s’agrandissait donc, pour le plus grand bonheur de mon frère aîné.

 

 

 

 

 

 

 Je travaillais à l’époque sur France Inter avec le talentueux Daniel Mermet et toute une équipe de déjantés, François Rollin, Alain Sachs, Clémentine Célarié, Eric Thomas, Timbre poste, Alain Bernard ou Marc Jolivet.

Nous sévissions dans l’émission « Bienvenue à bord du Titanic ». Elle faisait un énorme carton d’écoute, et j’eus le plaisir d’entendre tous mes camarades l’après midi même annoncer en direct la naissance de mon fils et féliciter la maman. Ils se demandaient d’ailleurs comment j’avais pu réussir cet exploit !? Ah les amis !!!

Lors de cette année 1986, je tourne dans des séries, notamment « Maguy » avec J. Marc Thibaut et Rosy Varte.

Je joue le rôle d’un obsédé sexuel qui est très attiré par ces  dames, ce qui fera dire à Marthe Villalonga :

« Tu n’as pas honte, je t’ai connu, tu avais 4 ans et dès notre premier tournage, tu me cours après pour me pincer les fesses, quel manque de respect ! »

Dans le même temps, je tourne dans « Club de rencontres » avec Francis Perrin.

 

 

 

 J’incarne encore un obsédé sexuel qui fait semblant de vouloir violer une jeune femme afin que cette dernière, voulant se défendre, le frappe...

Eh oui, certains déséquilibrés prennent leur pied dans la violence. Qu’est ce que j’ai pris comme coups dans cette scène, qu’on a du refaire plusieurs fois, mais les coups de poing étaient si joliment donnés par ma copine Isabelle Mergault.

Cette fille a un talent énorme et il a fallu trop de temps pour qu’elle perce en tant qu’auteur et Dieu sait si elle en a écrit de beaux scénarii pour la télévision avant de pouvoir réaliser son remarquable film : « Je vous trouve très beau ».

Enfin je tourne dans « Conseil de famille » réalisé par Costa Gavras un petit rôle avec en face de moi, Johnny Hallyday, Fanny Ardant, Guy Marchand.

Je jouais un personnage qui venait livrer du matériel « Image et son » comme dans la pub cinéma dont je vous avais parlé dans l’épisode précédent.

Encore une fois, on vous a vu dans un rôle précis et on fait du copier/coller.

Ce tournage fut assez difficile car Johnny n’était pas en grande forme, il venait de se faire opérer d’une hanche, François Truffaut venait de partir vers d’autres cieux, ce qui plongeait Fanny Ardant  dans une tristesse qui contaminait l’équipe, heureusement Guy Marchand « pétait » le feu !

Allez, gardons d’autres anecdotes pour le prochain numéro…

 Merci de votre assiduité et,

 

 

 

 

 

 «  A tout bientôt !!! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 22:33

Donc je décide d’abandonner les copains du Théâtre de Bouvard pour jouer tous les soirs au célèbre Tintamarre, la pièce d’Eric Assous intitulée « Apocalypse Na » avec deux partenaires, dont mon camarade Raymond Aquilon.

 Au démarrage, le titre était « Le jour le plus con », mais à deux mois de jouer, on se rend compte qu’une pièce de Philippe Bruneau démarre dans un autre théâtre Parisien et porte déjà ce nom. Je remercie ici ce cher Philippe car, connaissant notre mésaventure, son aide fut plus que précieuse. Vous connaissez sa tête, il a tourné dans plusieurs films et fait beaucoup d’émissions télé avec Stéphane Collaro.

 Mon départ laissait perplexe Philippe Bouvard car il ne comprenait pas qu’un des piliers de l’équipe, je le cite, quitte une émission avec une audience aussi élevée pour aller jouer dans un sordide café théâtre dont la durée de vie des pièces n’est pas assurée…

Nous eûmes des discussions intenses tous les deux, les yeux dans les yeux, mais ma décision était prise. Je lui expliquais que je préférais affronter tous les soirs un public différent, pas acquis d’avance, même si financièrement j’étais très largement perdant.

Il avouera plus tard que j’avais, certes du talent, mais un sacré caractère !

Je suis persuadé qu’il aime bien plus avoir du répondant en face de lui que des courtisans aux douces flatteries…

Mon pari s’avéra plutôt gagnant car cette pièce fonctionna très fort à tel point que TF1 en fit une captation télé, ce qui, à l’époque, ne se faisait quasiment pas.

Dans le même temps, je tournais en temps qu’ex sociétaire de la bande à Bouvard dans le film réalisé par J. Pierre Vergne « Le téléphone sonne toujours deux fois ».

 

 

 

 

 

 

 Si vous vous procurez le générique de ce film, vous serez étonné de voir autant de noms aussi prestigieux les uns que les autres, notamment celui de Jean Réno, pas connu à l’époque, qui joue un tout petit rôle, le bras droit et tendre ami de Michel Galabru !

Dans la foulée, je mets en scène une pièce au « Sentier des Halles » qui parle du monde impitoyable des sectes et joue dans « Le Rapin », pièce qui ne fit bondir ni les critiques, ni le public, ni mon compte en banque…

Puis un jour je fus choisi pour tourner une publicité pour le cinéma. Elle était réalisée par Jacques Monnet et vantait les mérites d’une marque d'électroménager, « Darty », pour ne pas le citer. Ces pubs étaient très bien faites car elles racontaient à chaque fois une petite histoire de la vie de tous les jours et les spectateurs en étaient friands.

Vous vous rappelez de ce que me disait mon prof d’art dramatique :

« Pour réussir dans ce métier, il faut 50% de talent, 50% de gueule et 50% de chance. »

D’ailleurs, je me souviens lui avoir téléphoné pour lui dire, qu’il fallait rajouter à sa formule également 50% de piston. Ce métier en use et abuse assez souvent…

La gueule, je l’avais, et la chance allait frapper à ma porte de loge car par un bel après-midi, Claude Zidi et Didier Kaminka vont au cinéma voir un film et ont ainsi l’occasion de voir ma pub. Claude se penche vers Didier et lui dit à l’oreille:

« Il faut lui écrire un rôle à ce petit moustachu, il est très drôle. »

Didier Kaminka m’a raconté par la suite qu’il avait fait des recherches auprès des agences de publicité et que pendant une dizaine de jours, il avait écrit la scène du vol du sac sur un marché en pensant au petit moustachu de Darty…

Je rencontrais Claude Zidi qui me raconta la petite anecdote et rentrais chez moi pour lire le scénario. Je le rappelais aussitôt pour lui donner mon accord car je trouvais ce personnage très beau, touchant car, pour moi, il ne vole pas « pour faire mal » mais pour nourrir sa famille.

Le titre du film ??? :    "Les Ripoux"

 

 

 

Rien que de savoir que l’on va tourner avec Philippe Noiret…

Ce qui me plait dans ce film, ce sont tous ces seconds rôles qui sont si bien écrits.

Allez ! Permettez que je pousse mon premier coup de gueule.

Le cinéma qui a bercé mon enfance était fait de films dans lesquels l’histoire était le cœur du projet. On n’avait pas peur de s’investir dans le scénario et les dialogues et, une des forces du cinéma Français était la multitude de seconds rôles qui faisaient la richesse d’un film.

De nos jours, en général, on fait d’abord un casting avec une ou deux têtes d’affiche, on écrit et on tourne dans la foulée. Puis c’est la ronde télévisuelle de la promotion. On vend son produit comme si il s’agissait d’un détergent.

Pour peu que le film marche à force de matraquage, on fait la suite puis le trois, voire le quatre…

Le public est, pour moi, en quelque sorte formaté, si tu n’as pas aimé ce film, si tu n’as pas ri, c’est que tu as très mauvais goût.

Je suis surpris de voir sur les colonnes Morris le titre d’un film en gros, celui de la « star » principale en très gros et, en tout petit en bas, les noms de ceux qui sont venus dire quatre répliques.

 

 

Combien de fois lit-on : « Avec la participation amicale ou exceptionnelle » !

 

 

 Place à la star ou au people car les têtes d’affiches sont malheureusement, et, de plus en plus des produits « people ».

On les voit sur tous les plateaux de télé, racontant des histoires désopilantes, s’amuser entre eux, baisser leur pantalon ou s’asperger d’eau. Le chauffeur de salle excite un peu le public, standing ovation et le tour est joué.

Mais qui sont ces acteurs qui n’ont pas peur de se ridiculiser afin de faire rire la ménagère ?

Le pire est qu’ils sont tellement adulés par les chaînes de télévision qu’ils finissent par enchaîner films sur films et on en retrouve même certains exposés au Musée Grévin !

Tous ces « produits de consommation », vont-ils laisser une trace, est-ce qu’on parlera d'eux dans les générations à venir, leurs films resteront-ils dans la mémoire du grand cinéma Français ?

J’arrête là.

Ne voyez dans mes propos aucune haine, aucune jalousie, pas d’aigreur, pas d’esprit revanchard, ce n’est pas le genre de la maison.

Simplement j’aime mon métier passionnément et malheureusement je pense qu’il est en train de s’égarer car on ne cherche plus la qualité artistique mais on tente de faire des coups ! Business, money, rentabilité immédiate…

J. Pierre Gibrat disait : 

  « J'aime beaucoup les personnages secondaires, comme dans les films des années 30-40, des seconds rôles que l'on voit quelques minutes mais dont on se souvient toujours lorsqu'on repense aux films »

Je veux remercier tous ces seconds couteaux qui ont fait la grandeur de notre cinéma et qui m’ont donné envie de faire ce métier, je commencerai par Jean-Pierre Cassel qui vient de nous quitter, Paul Crauchet, Julien Carette, Noël Roquevert, Pauline Carton, Jean Tissier, Noël-Noël, Denise Grey, Pierre Larquey, Marcel Dalio, Dalban, l’immense Sylvie, pardon à ceux que je ne peux citer et ils sont légion…

J’arrête là ma séquence « Talents et émotions perdus».

 

"Les Ripoux de Claude Zidi"

A quelques jours du tournage, je prends le métro à la Porte de Clignancourt.

Je n’ai en tête que ce personnage du voleur qui dérobe le sac d’une dame âgée sur un marché.

Ce type a été pris en flag, il est interrogé, sûr de prendre de la taule et puis la situation bascule, on le dit honnête et on le relâche. Il sent qu’entre les deux flics, il y a quelque chose qui ne va pas. On lui retire les menottes et il part en courant sans demander son reste.

Il ne faut surtout pas jouer la situation, être dans la surprise mais ne pas jouer, ne rien faire.

Je sais que la séquence commissariat doit être drôle si elle est jouée façon « Caméra cachée », le personnage ne comprend pas ce qui se passe, ce qui lui arrive…

Je suis donc assis dans le métro et distingue un homme sur le quai dont la respiration est rapide, il est nerveux et vérifie sans cesse l’arrivée du métro. Je pense dans un premier temps qu’il est peut-être mal dans sa peau, je pense au suicide !?

Puis très vite, je vois un autre homme à une dizaine de mètres du premier dans le même état de nervosité. Visiblement quelque chose d’indéfinissable se passe entre eux deux.

Vous savez, un comédien reproduit les choses de la vie, il s’en inspire.

Là, je comprends que ces deux personnes sont en osmose et préparent, j’en suis sûr à présent, un mauvais coup.

Au fur et à mesure que l’on entend le bruit de la rame au lointain, je les vois de plus en plus tendus, puis le métro entre, ralentit et s’arrête.

Ils regardent en même temps les portes s’ouvrir, ne montent pas, observent les gens descendre puis un des deux fait un signe discret de la tête à l’autre. Deux dames descendent, chacune ayant un sac à main. Elles discutent avec force, les deux hommes leur emboîtent le pas, plus de doute, elles vont se faire piquer les sacs.

Je n’ai que le temps de sauter dans le wagon avant la fermeture, fou de bonheur.

Je viens de comprendre comment jouer la scène où j’arrive sur le marché, vois la vieille dame, son sac, jette un œil alentour et surtout, je viens de piger le stress qui doit être en moi.

Je sais comment mon personnage doit respirer, de façon haletante et nerveuse. C’est génial !

Arrivé à la station Simplon, je prends seulement conscience que je n’ai rien dit à ces deux braves dames qui vont se faire déplumer. Quel imbécile ! Trop tard…

J’étais trop dans mon film…

Le premier jour de tournage se passe sur le marché à côté de la mairie du 18° arrondissement.

Claude Zidi voit la répétition, je vois son œil s’allumer, je suis dans le juste. On tourne, tout se passe bien. On se cale avec Thierry Lhermitte afin qu’il me chope à un endroit très précis pour une question de point caméra. C'est-à-dire, il faut tomber là, il doit me plaquer au sol à une marque et pas ailleurs si on ne veut pas être flous à l’image.

Je cours un peu vite pour lui, je suis obligé de faire des pas de côté pour ralentir la course.

Heureusement, j’ai des genouillères car on recommencera la prise huit fois. Pour la séquence commissariat, je me retrouve en face de Philippe Noiret.

Lorsque l’on est jeune comédien, on a « les jetons », mais cet homme respire la sérénité, il parle posément, il est simple et bon. On tourne « Champ » sur lui, à savoir que durant la séquence, la caméra est sur lui, puis contre-champ, la caméra est sur moi.

A chaque fois,  avec des valeurs de plans différentes, plan serré ou américain, plan large…

Monsieur Noiret fait les mêmes gestes en mimant les gestes quand la caméra est sur moi afin qu’il n’y ait ni parasitages de bruits de machine à écrire ou de papier.

 C’est un vrai partenaire qui vous regarde dans les yeux et vous aide à donner le meilleur de vous-même.

Certains comédiens tirent la couverture à eux et sont bizarrement meilleur lorsque la caméra est sur eux, de préférence en plan serré afin qu’au montage, ils soient avantagés.

Ce n’est pas le cas pour ce grand acteur que je vais avoir le plaisir de retrouver avec Thierry Lhermitte dans « Ripoux contre Ripoux ».

Quel succès pour ce film ! César du meilleur acteur, du meilleur réalisateur et du meilleur film!

 

 

Le public m’en parle régulièrement et je sourie à l’idée que deux malfrats m’ont, inconsciemment, aidé à trouver mon personnage !!!

 

 

 

«  A tout bientôt !!! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 23:06

Pascal Légitimus nous ayant mis l’eau à la bouche, nous voyons déjà s’entrouvrir, devant nos yeux émerveillés, les portes de la télévision.

Tel des gardons frétillants, nous attendons donc le jour et l’heure de rendez vous avec Philippe Bouvard.  Que d’impatience et surtout quelle méga anxiété !

Qui ne connaît pas ce personnage caustique au caractère aussi trempé que la lame d’un couteau. Chroniqueur, il a la plume caustique et ses réparties sont autant de flèches décochées avec un si grand sourire.

 

 

Mais enfin arrive le grand jour, pour nous « l’opération Overload », ce n’est rien à côté de ce qui nous attend.  

Nous sommes une cinquantaine de personnes rassemblées au Pavillon Gabriel, toutes et tous issues de théâtres, cabarets ou cafés théâtres.

On essaye de plaisanter, de masquer notre trac quand tout à coup, on le voit enfin.

Il descend l’escalier dans son imper clair, aussi froid qu’un iceberg.

Arrivé en bas, il demande à sa secrétaire un café puis il s’adresse à nous :

« Bonjour, merci d’avoir répondu présent à mon appel. Antenne 2 m’a demandé de prendre le quart d’heure du soir avant le journal télévisé avec une émission comique, et, avec le réalisateur Nino Monti, nous avons pensé que des jeunes pourraient, peut-être, par le biais de sketches ou improvisations, y arriver.

Ca fait des années que j’essaye de faire ça avec des vieux crabes de la télé, ça n’a jamais marché, mais bon, Nino est sûr que vous pouvez, vous, y arriver. J’en doute, mais voilà, vous êtes là, faites moi rire. Où est mon café ?... »

Silence glacé dans l’assistance, on n’entend que le bruit des glottes en train de déglutir.

Puis il ajoute :

« J’ai écrit sur des petits papiers des propositions de sketches que je vais tirer au sort et vous viendrez à tour de rôle faire une improvisation. Ma secrétaire a établi la liste des artistes qui se produisent dans Paris et ce par ordre alphabétique. Je vais donc appeler les premiers. »

Mon compagnon de scène ayant pour nom Aquilon…

« J’appelle Raymond Aquilon et son partenaire Michel Crémadès. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 Pan ! Nous étions les premiers à ouvrir le bal pour le plus grand bonheur des copains présents car essuyer les plâtres, personne n’en avait trop envie !

 Philippe Bouvard plonge la main dans une petite corbeille et annonce :

« Un employé demande une augmentation à son patron… »

Sur ce, il se remet à touiller le sucre dans son café en nous annonçant qu’il nous laissait deux minutes avant de commencer.

Avec Raymond, nous discutons vaguement de la stratégie à suivre quand tout à coup, un petit sourire au coin des lèvres, Philippe Bouvard nous demande qui va faire le patron et qui sera l’employé…

 

Connaissant le bonhomme, je saute sur l’occasion pour lui dire que vu la couleur de peau de mon partenaire, il me paraissait évident que je ferai le patron et lui l’employé.

Bouvard se met à avoir des soubresauts de rires.

Je vois que j’ai fait mouche, je regarde Raymond, on se comprend tous les deux et on attaque immédiatement notre improvisation, il ne faut pas laisser refroidir la bonne humeur de Philippe Bouvard.

Il rit plusieurs fois de nos « bêtises », notre prestation dépasse nos espérances, nous trouvons une chute plus ou moins drôle mais je sens bien qu’on a réussi notre coup. Les copains applaudissent, Bouvard nous demande de retourner dans la salle et d’attendre.

Il fera passer une grande partie des personnes présentes, Jean Jacques Péroni, Michel Lagueyrie, Isabelle de Botton, Lime, Yvan Burger, Chevalier et Laspalès, Pascal Légitimus…

 

Je ne peux tous les citer… Puis il se lève et les yeux humides de rire, il nous dit :

« Bravo, vous m’avez convaincu, je demande le quart d’heure à Antenne 2 ».

Une fois qu’il aura auditionné tout le monde, il se retire dans son bureau et au bout de trente minutes, il vient énumérer la liste de ceux qui feront partie de l’équipe.

« Je ne peux garder tout le monde, nous dit-il, les autres ce sera plus tard ».

Mon Raymond ne fait pas partie du lot, Pascal Légitimus lui a été préféré…

C’est ainsi que va commencer cette aventure du « Théâtre de Bouvard » qui marquera plusieurs générations de téléspectateurs. Notre force était que nous ne nous prenions pas au sérieux, quelques accessoires, pas de décor, pas de costume, juste notre matière grise mise au service de la gaieté et du bon goût. (Enfin, pas toujours…)

 Au début de l’émission, tous les sketches étaient improvisés mais il y avait trop de déchets, aussi Philippe nous avait demandé de les préparer en amont.

 

 

 

 

 

 

Nous nous retrouvions quelques après midis tous ensemble afin de « pondre », suivant la formule consacrée. Si on riait de notre production, on gardait, sinon poubelle.

 

 

Ensuite, on présentait nos œuvres à Philippe, il décidait, soit de garder, soit il nous demandait d’améliorer certaines choses ou bien il jetait sans ambages.

Nous enregistrions au Pavillon Gabriel, Nino Monti était le réalisateur attitré de l’émission.

Le succès fut fulgurant. La France entière était derrière son poste de télévision. Nos noms étaient inscrits à l’écran, aussi nous allions devenir rapidement des « super stars » du petit écran.

Entre temps, avec Bernadette, nous avions rendu l’appartement de Gennevilliers à mon frère et trouvé un petit deux pièces à Saint Ouen.

La popularité de cette émission allait grandissante et comme les copains, je ne pouvais plus faire un pas dans la rue, finies les sorties avec bébé dans la poussette, les ballades en amoureux, c’était de la folie !

Un jour, je décidais de faire ma petite dépression nerveuse. Je restais enfermé chez moi pendant une dizaine de jours avec lunettes de soleil et chapeau vissé sur la tête.

Je ne voulais plus qu’on m’arrête dans la rue, j’avais la sensation de ne plus être libre, mais dévoré par le public, les gens étaient adorables, mais c’était trop d’un seul coup.

Bernadette m’expliqua que c’était la rançon de la gloire et que si j’avais décidé de faire ce métier, c’était pour être vu et que si j’étais reconnu, c’était plutôt bon signe.

Le bon sens et la perspicacité d’une femme !

Je retournais enregistrer avec les copains d’autres sketches, fier de savoir que nous rendions heureux tout un public de plus en plus fidèle. Ici, avec Didier Bourdon dans le rôle d'un médecin légiste qui part en vacances, et qui s'aperçoit qu'un de ses clients n'est pas complètement mort...

 

 

La troupe du « Petit théâtre de Bouvard » s’était agrandie, c’était très bien mais Philippe Bouvard, malin comme un singe, avait créé comme une compétition entre nous afin d’extirper la « substantifique moelle » de nos divers talents.

Nous avons passé d’excellents moments ensemble, notamment ce tournage à Cannes et ses environs. Le thème était le camping. Ca vous rappelle un film, non ?

Je me souviens de Didier Bourdon un peu plus mince que maintenant, habillé en MNS, qui portait ma gamine sur ses épaules, ou encore cette journée pendant laquelle une vingtaine d’histrions batifolaient dans la piscine de Philippe Bouvard, chez lui à Mougins, somptueux petit village dans l'arrière-pays, et ce dîner au « Moulin de Mougins », un des restaurants les plus huppés du coin !!!

Nous avions à notre disposition une batterie de serveurs qui se battaient pour venir nous servir, ou encore cette soirée à la fin de laquelle Bruno Gaccio s’était jeté tout nu dans le port et Jean Jacques Péroni, mécontent du repas avait fait la danse du ventre à poil sur une table.

 

(Quand je vous parlais de bon goût !)

Au retour sur Paris, je me décidais assez vite de mettre fin à cette belle aventure.

Le temps d’un sketch avec Michèle Bernier, tous les deux en danseurs étoiles puis le dernier avant de tirer ma révérence, avec Smaïn dont vous avez un extrait dans « Texte libre ».

 

 

Je sentais que ce bel esprit d’équipe commençait à s’effilocher, certains de mes camarades avaient perdu, à mon goût, la fibre artistique et ne voyait  plus que le côté "paillettes" des choses.

Je jouais une pièce au « Tintamarre », ex « Splendid », lieu qui a vu parmi nos plus grands comiques jouer entre autre, « Le Père Noël est une ordure » et qui est devenu maintenant un bar, comme quoi tout a une fin…

La pièce que je jouais s’intitulait : « Apocalypse Na ! »

 

 

«  A tout bientôt !!! »

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 18:33

 

Nous voilà arrivés à Paris, Bernadette, le fruit de l’amour qu’elle porte en elle (Que c’est beau…), la machine à laver Calor et deux valises. Toute notre vie dans un coffre de R5 !

 

Heureusement mon frère nous « offre » son appartement à Asnières Gennevilliers, dans une tour HLM. Eh oui… La banlieue, je connais…

 Par discrétion vis-à-vis de lui, je ne dirai pas où et chez qui il a vécu pendant ces quelques mois…

 

 La grossesse se passe bien, rythmée par la lecture du livre des prénoms, des conseils de la famille ou des amis. Les incontournables :

 

 

 

 « Tu portes le bébé très en avant, ce sera un garçon »

 

 

 

 

 

 « Si tu as mal à l’estomac, c’est que le bébé a des cheveux », j’en passe et des meilleures...

 

 Pour notre progéniture, nous allons faire les magasins, mais la question    revient toujours :

 

 «  La couleur… Bleue ou bien rose ?… »

 Bref tout va bien jusqu’au jour où un laboratoire d’analyses nous téléphone. Il y a un petit souci. Des analyses sont à refaire…

On refait donc une petite prise de sang, le résultat tombe et vient nous anéantir.

Malgré toutes les précautions prises, Bernadette vient de contracter la toxoplasmose. Je vous laisse chercher par vous-mêmes les conséquences d’une telle maladie. Nous allons vivre pendant sept mois bien évidemment dans la peur.

Le traitement donné par le gynécologue est suivi à la lettre.

Pendant ce temps, je me suis inscrit dans un cours d’art dramatique à Paris, le « Studio 34 ». Il m’a été chaudement recommandé par Marthe Villalonga dont je vous avais parlé dans l’épisode Un.

Le travail sérieux commence avec, entre autres, Claude Mathieu, Béatrice Lord et Philippe Brigaud, comme professeurs.

On travaille la diction, le déplacement du corps dans l’espace, je tâte des textes classiques, modernes, et je suis même mis en scène dans un travail de cours par un nommé Bruno Wolkowitch.

Philippe Brigaud nous a dit un jour :

 « Pour réussir dans ce métier, il faut 50% de talent, 50% de gueule et 50% de chance. »

  

  Cette chance vient d’un de mes copains de cours dont je vous ai parlé, il s’agit de Monsieur Raymond Aquilon. Il joue à l’époque au « Café d’ Edgar » en duo, mais son partenaire ne peut plus suivre, il est papa depuis peu, travaille dans l’informatique et ça paye bien plus que d’être saltimbanque.

 

 

 Il reste trois semaines à faire et un dédit à payer si le spectacle s’arrête. Raymond me propose donc de remplacer son partenaire durant cette période. Après avoir lu la pièce, je m’évanouis et lui propose de réécrire avec lui pas mal de choses. Il accepte, on se met au travail, on fait des photos, on travaille sur l’affiche, on refait la mise en scène, le spectacle est baptisé:

 

« Demain, j’enlève le noir »…

 Je joue à Paris pour la première fois, et ça marche super, nous nous entendons bien sur les planches avec Raymond et aussi très bien dans la vie.

 

 

 Le public répond présent.

 

Du coup, nous restons 6 mois à l’affiche pendant lesquels, nous jouons notre spectacle, collons nos affiches de nuit à la sauvage puis allons manger un petit bout.

 

Nous nous retrouvons entre copains de café théâtre ou cabarets, pour ne parler que de notre passion et se traiter d’enfoirés parce que lorsque vous collez des affiches de votre spectacle, le temps de finir la rue et de la remonter, vos affiches sont déjà recouvertes par celles des copains…

 

Combien de fois on a pu se chamailler avec Jean Hugues Lime (Sur la photo), 

 

 ou encore Pascal Légitimus et son partenaire de scène de l’époque Seymour Brussel, deux sacrés colleurs, aussi rapides que l’éclair.

 Quand je dis chamailleries, comprenez plutôt rigolades à tous les étages.

Quant à ma vie de famille, elle est suspendue à la naissance de bébé et toutes les interrogations possibles que vous pouvez imaginer.

Cette saleté de maladie avait-elle touché l’enfant et jusqu’à quel point ?

Ma mère habitait en face de la clinique et avait mis à notre disposition son petit appartement. Elle nous avait laissé son lit et dormait dans un canapé. Un soir, à son retour de travail, Bernadette lui dit qu’elle ne comprend pas pourquoi depuis un bon moment, elle a des douleurs dans le bas du ventre.

 Ma mère qui a, quand même, accouché de 6 enfants, elle, sait ce qu’il se passe.

Nous partons immédiatement pour la clinique, c’est un samedi soir.

Le dimanche à 10h40, ma fille arrive au monde.

 

 

 

 

 A première vue tout va bien mais une infirmière met le placenta au frais afin de faire des analyses, et un ambulancier embarque dans son bolide, ce petit être qui, à une heure d’existence, fait déjà la visite de Paris par un beau dimanche à 120 Kms/h toutes sirènes hurlantes.

Des spécialistes de l’hôpital Saint Vincent de Paul vont pouvoir ainsi l’examiner sous toutes les coutures.

On me demande de revenir à la clinique le lundi et l’on m’explique que, faute de personnel, il serait bon que je porte moi-même la poche placentaire à l’hôpital pour des examens.

Je me retrouve donc dans le métro avec un sac plastique glacé, et pendant quarante minutes j’espère vivement que ça ne va pas couler et qu’il n’y aura aucun contrôle! Jamais un policier ne pourrait croire à mon histoire.

Je me vois déjà en taule, surnommé par la brigade « L’éventreur de Paris » !!!

Arrivé là-bas, un docteur à qui je donne la poche sourit un peu jaune et me dit :

« Qu’est ce qu’ils ont foutu à la clinique? Tout est congelé, on ne peut rien voir, si il y a eu des parasites, à cette température, ils n’ont pas survécu. On ne saura rien, il va falloir faire des investigations plus pointues ! »

Et voilà ! Encore trois semaines d’attente pour récupérer notre fille.

    J’arrive le lundi après midi au cours de théâtre très en retard, ce que me fait remarquer mon professeur. Je m’en excuse et annonce à tous mes camarades :

« Désolé, je ne pouvais arriver plus tôt, depuis hier matin je suis papa d’une petite fille ; Comme je ne suis pas très argenté, je n’ai pu apporter que du cidre et des petits gâteaux pour fêter l’événement. »

Explosion d’applaudissements dans la salle, quelques larmes chez les filles et parmi les élèves, un garçon avec qui j’ai joué plusieurs fois au théâtre et qui est resté un de mes amis, j’ai nommé Monsieur Urbain Cancelier.

 

 

Vous allez le reconnaître sur la photo.

   

Retour à Saint Vincent de Paul, quelques examens plus tard, le professeur nous annonce qu’il faudra surveiller cette enfant, surtout la vue, faire attention à tout changement non expliqués lors de son adolescence mais à priori, d’après lui, la maladie a été traitée à temps et n’a pas du faire de dégâts.

 Aujourd’hui, ma fille a 26 ans, elle est infirmière urgentiste et vu qu’elle a contracté, par sa mère, la toxoplasmose, elle est immunisée et pourra, si tout se passe bien, donner naissance à un enfant au mois d’août 2007…

   

Je vous interdis de m’appeler Pépé !!!

Mars 1981 : Je finis cet épisode par un coup de fil. Pascal Légitimus me téléphone, il vit à l’époque avec la secrétaire de Philippe Bouvard…

Il me dit :

« Tiens-toi prêt avec Raymond, il prépare une émission avec des jeunes comme nous, ça risque d’être dur, mais on ne sait jamais… »

Suite au prochain numéro… Salut Raymond !

 

 

 

 

 

 

 

 

«  A tout bientôt !!!  »

 

 

 

 

 

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28 mars 2007 3 28 /03 /mars /2007 10:14
Le temps d’éplucher les journaux, lors d’un bref passage à Paris, et je trouve une annonce émanant du « Groupe Mornay ».
Ils cherchent un responsable animation pour la saison d’été, solide formation, capable de s’occuper de toute une équipe, ayant le sens de la gestion et surtout, sachant monter des spectacles.
 
Le rendez-vous avec le grand patron se passe un samedi après-midi.
Un bel immeuble à Paris, j’appuie sur un bouton puis je pousse une porte vitrée, elle ne s’ouvre pas.
Un monsieur arrive, faisant de grands gestes. Il ouvre cette maudite porte en me disant :
 
« Vous ne voyez pas qu’il faut tirer, c’est marqué !»
 
C’est lui le grand patron ! Le courant passe immédiatement entre nous, mais c’est de la haute tension.
Il faut dire que j’étais d’un naturel très timide, ce métier m’a aidé à passer un petit peu au dessus de cet handicap.
Oh ! Cette « maladie » revient bien de temps à autre, malgré tout…
 
La conversation s’engage entre lui et moi à propos du poste proposé, mais, dans la famille « Je suis bloqué », donnez-moi Michel Crémadès.
Bonne pioche !!!
Je ne sais répondre à ses questions que par oui ou par non.
 
Heureusement Bernadette m’a accompagné et voyant que je m’exprime aussi brillamment qu’une carpe, elle prend la parole et petit à petit, le monsieur ne discute qu’avec elle, m’ignorant totalement.
A la fin de la conversation, il s’adresse à elle :
 
« Vous, vous me plaisez ! Vous avez travaillé comme réceptionniste, parfait, vous n’avez pas les deux pieds dans le même sabot ! Je vous embauche.»
 
Il décroche son téléphone et signifie à l’un de ses collaborateurs de garder sous le coude le dossier « embauches réception » car il vient de trouver une perle rare.
 
Grand moment cinématographique.
Bernadette, me montrant du doigt lui demande ce qu’on fait pour moi. Il cherchait,au démarrage, un chef animateur …
 
Un peu gêné quand même, il relit encore une fois mon C.V. et finit par me donner ce poste de responsable animation. Il pense sûrement au fond de lui, que la saison risque d’être des plus tristes…
 
Mai 1980 :  Nous arrivons avant le début de l’été afin de tout préparer.
 
Ce village de vacances se situe dans un parc privatif de 14 hectares en bord de mer, avec une succession de plages à l’infini, de conches, de petites baies de sable fin. Il est situé à La Palmyre, non loin de Royan, et il porte le joli nom de « La Grande Baie ».
Nous sommes en pleine nature, des arbres, des écureuils, cet air iodé que je n’ai pas le temps de respirer car je m’enferme toute la journée dans ma salle de spectacle afin d’y monter mes bandes son pour les soirées, je prépare mes jeux d’intérieur et extérieur, regarde avec attention la programmation artistique qui avait été déjà faite par le siège à Paris.
 
Tel un général en chef, je mets en place mon plan de bataille afin que les vacanciers passent les plus belles vacances de leur vie. J’ai sous mes ordres une équipe de 5 sportifs (voile, bateaux, planches à voile…), une équipe pour s’occuper des enfants. Avec moi un jeune étudiant pour m’aider, Pascal.
Il n’a pas d’expérience en matière d’animation, mais je me fais fort de lui donner cette « envie d’avoir envie ».
 
Je ne suis pas très loquace. À midi, nous déjeunons avec toute l’équipe, je reste concentré dans mon assiette et ne pense qu’à l’arrivée des premiers vacanciers afin de pouvoir « exploser ».

Cette explosion a bien lieu. Les premières voitures arrivent, j’accueille les « visages pâles », passant d’une tenue excentrique à une autre, faisant blague sur blague, je suis partout à la fois.
Je cours, saute, je fais la circulation, je me fais passer pour un vacancier et arrive en hurlant à la réception sous des prétextes divers, et ce devant des vacanciers médusés. Certains se demandent si je ne sors pas d’un H.P…
 
Le directeur du village et sa femme ont compris à qui ils avaient affaire.
Ils sont formidables et très professionnels. Ils me font toute confiance et cela me donne des ailes. Je veux que les vacanciers sachent dès leur arrivée que ce farfelu d’animateur qui va leur faire passer des vacances déjantées, se nomme Michel.
Je sais que c’est ma dernière saison, je veux finir en « beauté » et prouver à ceux qui pensaient que j’étais incapable de gérer une équipe et un budget qu’ils se sont mis la main dans l’œil.
Toute mon équipe me suit avec un grand dévouement, ils sont tous étonnés de ce changement de personnalité.
Ils m’ont connu renfermé, timide, sans odeur ni saveur et puis le Docteur Jekyll s’est transformé en Mister Hyde !!!
 
Cerise sur le gâteau, j’arrive un jour à la réception et Bernadette qui y travaille, comme intimidée ou coupable, se demandant sûrement quelle serait ma réaction,
m’annonce du bout des lèvres que je vais être papa.
 
Une des plus belles journées de ma vie allait commencer. Après avoir embrassé la future maman, je partais annoncer à tous ceux qui voulaient l’entendre la nouvelle. Ce jour là, j’étais Superman ! Comme beaucoup d’hommes qui apprennent qu’ils ont été capables de « faire » un enfant.
 
Je dis à toutes les mamans que les pères ne savent jamais assez les remercier du cadeau qu’elles nous font.
 
Soirées dansantes, spectacles, jeux, rallyes, toute y passe, dans la joie et la bonne humeur. J’invite régulièrement, aux frais de notre caisse noire, toute ma troupe à déguster au restaurant du village de vacances les huîtres, éclades de moules, mouclades, cagouilles et autres plats locaux que je vous invite à découvrir. C’est sublime !
 
L’équipe entière se donne à fond, même Bernadette n’a pas peur de voltiger dans les airs malgré sa grossesse.
 
La saison touche à sa fin, le contrat est rempli. Nous sommes épuisés, blancs comme des cachets d’aspirine, mais tellement heureux du travail accompli et fiers d’avoir été à la hauteur de la confiance de notre hiérarchie.
 
Un bon nombre de lettres de félicitations écrites par des vacanciers arrivent au siège du « Groupe Mornay », aussi, le grand patron que j’avais rencontré à Paris descend avec deux adjoints afin de nous proposer avec Bernadette de continuer à travailler pour lui. Nos conditions seront les siennes, et, avec beaucoup d’élégance, il nous octroie à chacun une grosse prime.
 
Je le remercie vivement mais lui explique que ma décision est prise.
J’arrête une fois pour toute ma vie d’animateur et pars avec Bernadette, et « bébé » à la conquête de la capitale.
Toute notre vie se trouve dans le coffre de notre R5, dont une petite machine à laver bleue de marque Calor, quel must !
 
Un nouvel épisode de notre vie va s’écrire,
Enfin, je vais bientôt le réécrire pour vous…
 
 
«  A tout bientôt !!! »
 
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23 mars 2007 5 23 /03 /mars /2007 18:26
C’est mon anniversaire aujourd’hui, aussi je vous délivre un nouvel article !
 
Suite de l’épisode 8.
 
Qui est Paulette ?
 
C’est la femme de Praline. Elle est institutrice à l’école communale de Praz sur Arly.
C'est une bonne vieille école qui sent bon la craie, l’encre et l’odeur du poêle qui vient réchauffer les élèves « quand la bise fut venue… »
Paulette Chabaud  sera en quelque sorte notre productrice, elle va nous avancer l’argent afin que nous puissions nous équiper en matériel de sonorisation, magnétophone Revox B77, micros, ampli et haut parleurs.
 
Double casquette, institutrice-productrice ! Et elle a de la poigne croyez-moi, aussi bien avec nous qu’avec ses élèves.
De par sa fonction, elle est logée au-dessus de l’école et nous l’entendons de sa voix puissante recadrer certains d’entre eux avec force et détermination.
Nous en rions avec Louis, son mari.
Les élèves un peu moins car lorsqu’elle tire les cheveux, elle ne fait pas semblant…
Louis et moi, composons notre spectacle. Certains sketches seront empruntés aux frères ennemis, à Jean Yanne, d’autres viennent du Club Med ou bien du fond de nos circonvolutions cérébrales.
Grande nouvelle! Pour faire plus mâle, j'arbore, comme mon partenaire de scène, une paire de bacchantes!
 
  Paulette s’occupe aussi de tout ce qui est    intendance.
Bernadette étant partie quelque temps en stage, je reste déjeuner et dîner chez eux. Il y a Fanny et Manu, leurs deux enfants que j’ai vu grandir peu à peu, à qui je fais de grosses bises.
 Qu’elle est bonne la soupe de Paulette quand on a froid. Que l’on apprécie sa raclette ou sa fondue ! Que de beaux réveillons passés ensemble !!!
 Mais Paulette nous donne aussi son avis sur la qualité de notre travail. Soit elle éclate de rire ou bien elle sourit avec courtoisie et part faire la vaisselle, ça veut tout dire…
 
Quel couple hors norme que Paulette et Louis, une enseignante et un artiste !
 
Avec Louis, nous aménageons à Megève notre « Café de la Gare » à nous, .
Il est artiste peintre et il fait de ce lieu, un peu glauque, un café-théâtre digne de ceux qui existent à Paris. J’essaye de me rendre utile en montant les bandes son, préparant les accessoires et en faisant le chauffeur, car Louis n’a pas son permis.
Enfin notre première représentation !
 
Nos deux femmes s’occupent de la régie son et lumière. De temps en temps, elles jouent avec nous sur scène.
Le public n’est pas nombreux, mais il a l’air d’apprécier. Ensuite tous les quatre, après les saluts, allons nous « montrer » dans les boîtes à la mode afin de faire notre promo.
Pour les habitants de Megève, nous sommes les rigolos locaux, on peut dire que nous sommes acceptés assez facilement.
Paulette rentre tôt car la cloche se réveille de bonne heure le matin à l’école communale.
 
  Mais rapidement nous comprenons que notre idée de jouer un spectacle de café théâtre à Megève pour, principalement des Parisiens qui ont tout ce qu’il faut comme lieux d’amusement à Paris, n’est pas la meilleure idée.
Les vacanciers viennent faire du ski et vont se coucher tôt pour être en forme le lendemain ou bien ils vont boire un verre dans une boite de jazz ou voir un spectacle de transformistes, mais, aller voir deux gugusses inconnus, c’est une autre paire de manche…
  Le plus beau souvenir est le jour où nous arrivons avec Louis dans notre lieu de rêve et qu’une odeur pestilentielle nous saute aux narines.
Nous montons voir le patron du bar tabac PMU et très vite nous avons l’explication.
Les eaux usées de tout l’immeuble passent dans des canalisations situées sous notre scène et l’une d’elles, en raison du gel de la nuit précédente, a pété !
Une heure avant la représentation, nous balançons quatre bombes de désodorisant, entre parfum menthe, fruits des îles, citron de Madagascar et fleurs tropicales.
 
Nos femmes font la régie en portant des masques sur le nez, le public n’est pas dupe, nous devons faire une annonce nous excusant de cette soirée « odorama » mais pour couronner le tout, nous avons un problème électrique.
En plein milieu des sketches, le compteur disjoncte suivant son bon vouloir, de façon très aléatoire. Le public s’y perd entre ces coupures et les vrais noirs lumière de fin de sketches...
 
Du coup, un des spectateurs se tient debout et dès que ça saute, hop, il appuie sur le bouton du disjoncteur. Il viendra saluer à la fin de la soirée, heureux d’avoir mis la main à la pâte, enfin, façon de parler !
 
Il faut croire que notre prestation artistique n’était pas si mauvaise car le public était heureux de passer des moments, certes un peu saugrenus, mais tellement rares !
 
Avec Louis et notre « productrice », nous comprenons vite que le seul moyen de rentabiliser l’affaire, du moins de ne pas trop bouffer la grenouille, est de jouer ailleurs.
Nous démarchons les centres de vacances, les mairies, les maisons de retraite, bref tous les lieux susceptibles d’accueillir spectacles et ateliers divers.
Gros succès ! Nous voilà partis sur les routes de France à nous donner en représentation.
 
Peu à peu nous remboursons Paulette. Nous sommes même embauchés plusieurs fois dans un centre de vacances des impôts qui à chaque fois nous paye au noir !!!
 
Puis vint une grosse tournée entièrement organisée par un administrateur, le bon Olivier, avec la famille Pilard, célèbres clowns, Patrick Valérian le chanteur et son musicien.
Une super équipe de branquignols, toujours prêts pour la rigolade tout en restant très pros.
Seule ombre au tableau, en pleine tournée, le guitariste de Patrick s’effondre sur les marches d’une église, crise cardiaque foudroyante.
Après deux jours d’interruption, le spectacle reprend, comme le veut la tradition, et nous repartons faire rire, le cœur gros, avec à chaque chanson une pensée émue pour Roland le musicien qui est parti donner la sérénade aux anges.
 
De retour à Praz, à la fin de cette tournée, nous manquons de peu d’aller rejoindre Roland...
Je conduisais ma R5 et à une centaine de kilomètres de l’arrivée, la voiture se déporta doucement sur la gauche vers un ravin.
Je m’étais endormi après avoir roulé une bonne partie de la nuit et le réflexe de Louis qui redressa le volant fut salvateur. Il ne dormait que d’un œil !
 
Puis ce fut l’heure du bilan. Je voulais être comédien, cette fois, j’en étais sûr, donc il fallait que je « monte » à la capitale.
Louis avait sa vie en haute Savoie, sa femme Paulette, ses enfants.
Son atelier marchait bien, on décidait donc de se séparer et de suivre chacun sa route.
 
Cela me toucha énormément lorsque, quelques années plus tard, il m’avoua au téléphone qu’il était allé me voir au cinéma dans « Les Ripoux » et qu’à la fin de la séance, il s’était levé pour applaudir, les yeux bien chargés d’émotion.
 
Sacré Louis, incroyable Paulette…
Nous nous voyons toujours et, comme des anciens combattants, nous ne parlons, encore une fois que des bons moments !
 
A la moitié du printemps, nous montons à Paris avec Bernadette, afin que je puisse trouver pour la dernière fois un poste d’animateur, afin de mettre un peu d’argent de côté, et elle de réceptionniste.
 
Suite à quoi, Paris, cours d’art dramatique, castings, rôles, bref enfin, le grand bain…
Au risque de boire de bonnes tasses!
Mais tout ça ne s’est pas fait si facilement…
                                                                                                                                                           
 
 
«  A tout bientôt !!! »
 
 
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