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  • : Michel Crémadès... Ma vie d'homme, ma vie d'artiste
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  • : Vous parler de ma passion, pousser mes coups de gueules, ouvrir pour vous un peu le livre de ma vie et peut-être répondre aux interrogations que vous avez quant à mon métier d'acteur...
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Merci de me rendre cette petite visite !!!

 

J’aime passionnément mon métier comme je peux le détester parfois, mais pour vous, public, ma fidélité a toujours été sans faille. Mon ami Patrick Jorge, qui organise des festivals de cinéma, me dit souvent :
 

 "Quand je dis ton nom, les gens ne tiltent pas forcément, mais lorsque je montre ta photo, la réaction est immédiate ! Le public te suit depuis des années entre cinéma, théâtre et télévision et t’apprécie énormément pour ton travail." 


Si vous faites partie de tous ces fans, je vous remercie et tâcherai d’être encore quelques années à la hauteur. Mon ami rajoute et j’en finirai là :

 

« La célébrité, c’est être connu, la popularité, c’est être reconnu !!! »

 

Je suis donc très fier d’être populaire.

 

Je vous invite à vous inscrire sur la newsletter en haut, à droite afin de recevoir la suite de mes aventures !!!

 

 

 

Archives

6 juillet 2007 5 06 /07 /juillet /2007 19:37

Me voilà de retour… Je viens de passer quelques jours dans un festival qui a pour nom « Les Hérault du Cinéma » au Cap d’Agde. Le président du jury était le réalisateur Thomas Gilou, entouré de divers artistes. Le but du jeu, visionner des films courts et les primer, ou pas …

C’était vraiment très sympa de retrouver des copains que je n’avais pas vus depuis un moment, Pascal Légitimus, Bernard Farcy, Grace de Capitani, Daniel Prévost, et tant d’ autres… Georges Lautner était le président d’honneur du festival.

Le court métrage « Lucie », que vous pouvez voir sur ce blog sous la rubrique « Texte libre », a été diffusé dans « Les courts à l’honneur », il a été très apprécié et j’en suis très heureux pour toute l’équipe du tournage !!!

D’ailleurs si vous êtes Parisien, je vous passe l’info, Michel Alexandre, célèbre scénariste, dialoguiste et adaptateur, une bise à Arielle, le programme lors d'une soirée "films courts", comme suit :

Lundi 9 Juillet 2007
De 20 heures à Minuit
Au RESERVOIR
16 rue de la Forge Royale
75011 paris

Métro Ledru Rollin

VENEZ NOMBREUX

ENTRÉE LIBRE

 

Qu’on se le dise !

Mais mon émotion fût grande de voir dans le hall d’accueil du festival la photo qui avait été faite avec Claude Brosset l’année dernière à la même époque au Cap d’Agde. Un comédien de plus qui vient de nous quitter le 25 juin de cette année, grand second rôle qui laissera un vide sur les plateaux de tournage et de théâtre. Merci à Laurent Uroz, le photographe qui a bien voulu que je mette cette photo sur mon blog.

 

 

 

 

 

 

 

 

Je te salue l’ami Claude, l’homme à la pipe, avec qui j’ai partagé quelques matchs de football…

Mais reprenons mon parcours de vie…

En 1991, je démarre une pièce de théâtre « Les Cravates Léopards » écrite par Christian Dob et mise en scène par Eric Civanyan. Nous serons accueillis au théâtre Tristan Bernard chez Monsieur Edy Saiovici.

J’y joue le rôle d’un cadre survolté qui, envoyé en mission survie dans la jungle, pète les plombs et veut buter ses collègues de travail.

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette très bonne pièce sera par la suite adaptée pour la télévision et réalisé par Jean Luc Trotignon, ce téléfilm sera tourné en Corse.

 

Dans la distribution on y retrouvera Valérie Mairesse, Michèle Laroque, Ticky Holgado, l’énorme Marcel Philippot (Je l’aurai, un jour je l’aurai…), Jacques François, Luis Rego et même Jean Marie Bigard.

Nous allons durant ce mois de tournage « nous éclater » ! Ambiance de folie à tous les étages ! Si tous les tournages pouvaient se passer comme celui là…

On ira même jusqu’à fêter l’anniversaire de Ticky sur une plage avec feu d’artifice et orchestre. Tous couchés à 3 heures du matin après un bain de minuit, désolé, je n’ai rien trouvé de mieux comme photo…

 

 

 

 

 

 

Heureusement le réalisateur avait eu la bonne idée de nous faire tourner en fin de matinée le lendemain.

Je me rappelle que partout où l’on allait, Jean Marie Bigard prenait avec lui son dictaphone. Dès que quelqu’un disait quelque chose de drôle, il l’enregistrait pour le transformer en sketch et c’est ainsi que dans un restaurant, nous avons eu droit à la naissance du sketch, le serveur annonçant :

« C’est pour dîner ? »

Ce à quoi Jean Marie rétorqua:

« Non, c’est pour faire un bowling ! »

Aussitôt dit, aussitôt enregistré sur son dictaphone, vous connaissez la suite…

Lors du tournage des « Cravates Léopards », nous avions besoin de pas mal d’animaux, heureusement dressés, notamment de divers reptiles et d’une panthère noire. Elle logeait à l’hôtel avec nous. Une nuit, un petit malin eût l’idée saugrenue d’ouvrir la cage. Branle-bas de combat à l’Ile Rousse, gendarmes et hélicoptères quadrillaient en permanence le secteur.

Le lendemain le journal local titrait :

« Le Léopard s’est échappé !!! »

Il y avait en première page la photo d’un lion !

Ca ne s’invente pas, la réalité dépasse toujours la fiction. La Corse est un lieu merveilleux. Lorsque l’on connaît les habitants, les traditions, les choses à ne pas faire ou à ne pas dire, tout va bien.

Nous avions fait la connaissance de deux gardes chasse qui nous avaient fait découvrir leur paradis ainsi que la gnole fabrication maison.

Interdiction d’en renverser sur les vêtements sous peine de brûlures au troisième degré ! Une semaine après nous apprenions par la presse que l’un des deux gardes s’était suicidé… De trois balles dans la tête !!!

Ah la Corse  !!!

Cette même année, je tournais dans le sud de la France avec ma belle Clémentine Célarié et ces deux acteurs magnifiques, Jean-Pierre Bisson et Yves Afonso.

Qu’il est agréable de jouer avec de vrais comédiens dans un scénario écrit au millimètre dans lequel les personnages sont des offrandes que l’on vous fait. Si vous m'aviez vu dans ma fausse Porsche !

Le réalisateur de ce téléfilm intitulé « 2 bis rue de la combine » se nomme Igaal Niddam. 

 

Je persiste à dire qu’on ne peut pas faire croire à des jeunes que ce métier s’acquiert d’un petit coup de baguette magique.

A part quelques rares exceptions où le talent est vraiment inné, le travail est indispensable, les cours d’art dramatique sont incontournables et même si on enfermait ces jeunes apprentis comédiens une année entière dans le château des miracles, je ne suis pas certain du résultat !!! Ce formatage systématique ne me dit rien qui vaille. Le physique ne fait pas tout…

Le travail, encore le travail et toujours le travail, il n’y a que ça pour comprendre tous les mécanismes de cette profession si belle, si attirante.

Sur ces belles paroles du grand sage Michel Crémadès qui va aller se servir une anisette Galiana, je vous dis comme d’habitude…

«  A tout bientôt !!! »

 

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19 juin 2007 2 19 /06 /juin /2007 11:51

Fin de l’épisode 17, je vous parlais de la venue prochaine de notre troisième enfant, début de l’épisode 18, je vous annonçais la naissance effective de ma première petite fille. Les naissances de filles se télescopent dans le temps…

 

 

 

Mais d’abord… Je pars en 1989 faire une belle tournée de théâtre avec la délicieuse Bernadette Lafont dans le sud ouest de la France. Je joue le rôle du petit valet serviteur de sa plantureuse maîtresse, nous sommes une vingtaine de comédiens.

Le titre de cette pièce : « Les joyeuses et horrifiques farces du Père Lalande » écrite et mise en scène par Jean Manuel Florensa.  La compagnie de théâtre est basée à Mont de Marsan.

 

 

 

Je vais ainsi découvrir cette magnifique région si près de l’Espagne, qui est un peu ma deuxième patrie, et mon cœur va battre à l’unisson des « Bandas » et les « Bodegas » auront raison d’une taille de pantalon.

Le jambon cru va si bien avec un petit rosé bien frais quant au foie gras, les tourtes ou les confits, on ne peut résister !!!

 

 

 

Afin de passer inaperçu lors des soirées « dégustation », je me déguise comme je peux.

 

 

 

Ouais, pas terrible le costume de location…

Seigneur, qu’il est dur de ne boire que de l’eau !

 

 

Pendant les fêtes, le Flamenco résonne dans les têtes, on vit en dansant, en chantant,  cela donne soif et on a du mal à résister. Heureusement que mon ami Eric Brethes, responsable communication de la pièce nous surveille de près et boit à notre place…

 

 

 

Mais nous arrivons en 1990, c’est le mois d’octobre, sur cette photo, ma première fille (La nouvelle maman de Maëlys) et son frère sont impatients de connaître l'évolution de la fratrie...

Et ma compagne va mettre au monde une petite fille. C’est évidemment le plus beau de tous les bébés nés dans Paris ce jour là, vous vous en doutez !

Une semaine plus tard Didier Kaminka accouche, lui, sur les écrans cette fois-ci, du film intitulé :

 

 

 

« Promotion Canapé »

Je vous laisse le plaisir de découvrir par vous-même la distribution…

 

 

 

C’est de la belle pointure ! Rien que l’excellent Claude Rich et ma Zabou que je retrouve…

 

 

 

L’histoire est tirée de faits réels relatés par d’anciens employés de la poste.

Lorsque le film sera projeté aux hauts responsables de cette grande administration publique, ils riront du bout des lèvres et nous diront que c’est bien du cinéma, et que la réalité est toute autre…

D’après eux, tout ce qui y était raconté n’était que pure fiction.

Je peux vous certifier que, suite à la sortie de ce film, des enquêtes seront menées en interne et certains comportements « outranciers » cesseront.

 

 

Dans tous les cas je garde un excellent souvenir de ce tournage, à un moment donné, je fais snifer à Grace de Capitani du sucre glace à maintes reprises.

C’est une séquence dans laquelle je me fais expédier de la « blanche » d’Amérique du sud par le biais d’une carte postale un peu épaisse…  Si vous regardez le film…

Nous avons tellement rigolé lors des prises, c’est le cas de le dire, que nous avons dû recommencer la scène plusieurs fois. Grace avait l’intérieur des narines bien blanc et son taux de glucose avait explosé.

 

 

 

La voici en famille lors d’un tournoi de tennis organisé dans ma ville. C’est une excellente comédienne et bonne joueuse de tennis.

Quant à Didier Kaminka, nous avons été initiés à la moto de cross grâce aux instructeurs de l’école de police de ma ville. Sur la photo j’ai presque l’impression de vouloir arrêter un automobiliste pour le verbaliser ! Le rêve de toute une vie !

 

 

 

Mon frère joue dans le film de Didier. C’est lui qui nous donne à Grace et à moi des planches de timbres « fautés » afin que nous les vendions à prix d’or aux  philatélistes.
Didier Kaminka voulait une séquence presque muette et il fallait quelqu’un qui me ressemble physiquement afin que le spectateur imagine que l’individu était un de mes proches. J’avais les cheveux frisés contrairement à mon frère. Lorsque je suis arrivé au maquillage/coiffure et que je l’ai vu avec des bigoudis sur la tête, je ne vous raconte pas la crise de rire…

 

 

Entre temps, j’ai le plaisir de participer à l’hommage rendu à Madame Arletty organisé par Fanny Vallon. Nous ferons une représentation unique d’une pièce jouée en argot en sa présence et celle de Jean-Claude Brialy.

 

 

Dans cette distribution l’immense André Pousse qui m’invitera plusieurs fois dans son restaurant. J’aurais droit à tout son catalogue d’anecdotes aussi croustillantes les unes que les autres, notamment les grands moments vécus avec Edith Piaf…

 

 

Quelle présence ! Quel physique et quelle joie de vivre ! Encore un grand second rôle du cinéma Français !

 

 

Par contre il avait une sacrée dent contre les inspecteurs des impôts.

 « S’il avait pu sortir son calibre pour en refroidir un ou deux… »

 Bon, je vous laisse, je vais voir ma fille et ma petite fille. Elle vont bien toutes les deux.

 Elles sont très belles toutes les deux !!!

 Ah… Je viens de m’ acheter un bavoir !

 

 

 

 

 

 

 

«  A tout bientôt !!! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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9 juin 2007 6 09 /06 /juin /2007 13:25

Ce samedi 9/06/2007 est née au centre hospitalier de Troyes ma première petite fille.

Elle s’appelle Maëlys, elle fait une entrée en scène de façon un peu « prématurée » car ma fille ne devait accoucher qu’à la mi août…

Elle ne pèse qu’un kilo 375, mais je pense qu’elle va faire très vite des ravages chez tous les bébés garçons du service « néonatalité ».

Le grand père était heureux de vous faire partager sa joie.

J’ai passé toute la nuit à tenir la main de ma fille, à arpenter avec mon gendre les couloirs de l’hôpital, nos conversations de la nuit furent un peu philosophiques, teintées d'une certaine fatigue et d’un brin d’angoisse.

Nous avons vidé la machine à café et versé notre petite larme à l’apparition de bébé dans sa couveuse à roulettes.

Que la vie est belle quand elle est simple comme une naissance !

Cela sort de ce que je peux vous raconter dans mon blog…

Pardon, mais j’avais besoin de vous dire mon bonheur.

J’en profite pour redire toute mon admiration pour les personnels hospitaliers qui se dévouent corps et âmes pour leurs prochains.

 

Encore une profession exercée avec foi et générosité.

Que ces personnes en soient remerciées de tout mon cœur.

On se retrouve bientôt pour d’autres épisodes.

 

 

Signé : Le grand père « un peu gâteux », déjà…

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6 juin 2007 3 06 /06 /juin /2007 15:35

Le spectacle continue donc, s'enchaînent les tournages pour la télévision ou le cinéma.

Je pars une dizaine de jours aux Antilles afin d’y tourner une publicité pour le loto avec cinq autres comédiens dont Zabou. Nous sommes sur une plage de sable fin, nous dansons et chantons :

 

 

 

« Oui, le bonheur, ça n’arrive pas qu’aux autres, gagner au loto, ça n’arrive pas qu’aux autres, on a joué ensemble, on y a cru si fort que la chance ne pouvait pas nous donner tort ! … Le loto, c’est facile, c’est pas cher… Et ça peut rapporter gros ! »

 

 

 

Cette pub passera souvent à la télévision et beaucoup de personnes dans la rue me demanderont si, ayant travaillé pour la « Française des jeux », je n’avais pas une combine pour gagner au loto… (No Coment)

 

 

Pour la télé je pars en Suisse tourner avec Patachou, l’immense Henri Virlojeux et Patrick Préjean dans « Poivre et Sel ».

Je tourne pour "Canal +" une série intitulée « Mytho Folies », c’est la mythologie revue et ô combien corrigée !

 

 

Quelle ambiance avec Jean Jacques Péroni, Michel Galabru, Laspalès et Chevalier, Jean Paul Farré et une dizaine d’autre comédiens aussi déjantés les uns que les autres !

 

 

Aux manettes Nino Monti, adorable réalisateur qui m’offrit cette photo Polaroïd intitulée "Souvenirs de vacances"et  qui dira plus tard que cette série était trop en avance sur son temps, il avait raison, elle a très bien fonctionné en audimat mais s’est arrêtée car le temps d’antenne était déjà réservé à un groupe de comiques, fraîchement arrivés dont le nom n’est autre que  « Les Nuls »…

Me voilà reparti au cinéma avec le film réalisé par Didier Kaminka avec une belle distribution comme on n’en voit presque plus, à savoir entre autre

Marlène Jobert, Patrick Chesnais, Claude Rich, Zabou, Roland Giraud, Vincent Cassel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, etc.

 

 

 Le titre :  "Les cigognes n'en font qu'à leur tête".

 

 

Le rôle n’est pas extraordinaire, la situation se passe dans le métro, je laisse ma place à Marlène Jobert, que je soupçonne d’être enceinte et c’est Ariane Lorent, qui l’est vraiment, qui va s’asseoir à sa place. Très énervé, je lui demande de se lever, discussion, bagarre, je me prends un coup de pied très mal placé pour nous les hommes et reste donc sans voix...

Rassurez-vous, j’avais une coquille de protection, et heureusement car, c’est à cette période que ma compagne et moi-même, décidons d’obtenir une carte de famille nombreuse en mettant en route le troisième enfant.

Dans la foulée, je tourne « Ripoux contre Ripoux ».

Je me pointe sur le lieu de tournage et pour se faire, je descends les escaliers du Sacré Cœur.

J’aperçois en bas, assis sur un fauteuil et fumant son sempiternel cigare, Philippe Noiret qui, dès qu’il me voit, se lève et annonce à toute l’équipe :

« Planquez les sacs à main, il y a Michel Crémadès qui arrive !»

Il faisait allusion au premier « Ripoux » bien évidemment où je me faisais lamentablement plaquer au sol par Thierry Lhermitte. 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un petit bonus, la photo qui me compromet.

Je mate le sac de la vieille dame dans le film « Les Ripoux ». Pas très épais le garçon !!!

Je le rassure en lui disant que j’ai pris du galon et que Claude Zidi a décidé cette fois-ci de me faire braquer la caisse d’un magasin de souvenirs.

Heureusement que je continuais à pratiquer le football, notamment avec les futurs policiers de l’école de police de ma ville dirigée à l’époque par le grand Michel Lepoix, à la droite de la photo, qui depuis a pris du galon puisqu'il a très hautes responsabilités à Paris…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La première séquence que je devais tourner était celle dans laquelle on me voit débouler des escaliers à toute vitesse, heurtant des gens au passage, ignorant le risque que les marches très inégales du Sacré Cœur font courir à mes chevilles.

Claude Zidi a pris beaucoup de plaisir à me faire recommencer la prise plusieurs fois, me demandant d’aller plus vite à chaque fois. Le plus dur dans l’affaire est que, lorsque j’étais arrivé en bas, après le « Coupez ! », il fallait que je remonte l’escalier, et ce en courant afin que nous ne perdions pas de temps !

Puis j’ai dû traverser une bonne partie du XVIII° arrondissement toujours en courant pendant deux bonnes heures afin d’échapper à la surveillance policière. Quel métier !!!

Deux jours plus tard, j’arrive pour tourner la suite et je vois Philippe Noiret qui m’annonce, le sourire aux lèvres, et un tantinet narquois que les séquences de course tournées avaient été rayées au laboratoire et qu’il fallait tout refaire.

Je sourie de la bonne blague et part saluer l’équipe. Je rencontre la script qui me tient les mêmes propos, puis arrive Claude Zidi qui me confirme la chose. La journée de tournage sera un peu modifiée, il va falloir retourner les séquences inmontables.

 

 

Je pensais que l’on me faisait une farce, mais je serai le dindon car je comprends, en voyant la caméra plantée aux pieds d’un des « escaliers de l’angoisse », que je vais être obligé de m’y recoller, moi et mes chevilles d’athlète !

La séquence n’en sera que plus belle car Claude Zidi avait repéré qu’un bus passait dans la rue derrière moi. Au moment où il pointait son nez, je devais partir, ce qui donne du mouvement à l’action. Quand vous regarderez le film, vous comprendrez !

 

 

 

 

 

Puis je tourne mon first film "USA" sous la direction de l'Américain Tom Wright. Il a une casquette vissée sur la tête et la pâte à macher in mouth.

 

 

C’est effarant, vous êtes suivis par quatre caméras et il y a une bonne centaine d’assistants qui courent dans tous les sens. Lorsque nous tournons au pied de la Tour Eiffel , il y a deux grues. Une qui sert au tournage et la deuxième qui est juste là au cas où la première tomberait en panne ! Le cinéma Américain dans une certaine outrance, cela dit nous tournons de façon confortable, il n’y a rien à dire.

Après quelques « Marc et Sophie » avec le talentueux Gérard Rinaldi, j’enchaîne avec une série policière qui sert de base à un jeu.

Avec Jean Michel Dupuis, nous sommes les deux rôles principaux à savoir des inspecteurs de police qui mènent des enquêtes dans différents milieux. Il y aura quatre films mis en boîte pour France 3.

 

 

 

 

 

 

 

 

On faisait un chouette duo, Jean Michel Dupuis est un bel acteur très instinctif avec qui on a un grand plaisir à jouer.

Que ce terme « jouer » sert parfaitement mon métier. Il faut se servir de son âme d’enfant, remonter le temps lorsque je jouais avec mon frère à Ivanhoé, lorsque j’étais un Indien, un Cow Boy, un policier ou un voyou, combien de fois ai-je pu être blessé ou entendre cette terrible sentence « Pan, t’es mort »…

 

Mon frère était dans notre petite enfance un "Sérial killer" !!!

Qu’il est difficile dans ce métier de garder en permanence l’insouciance, la simplicité et l’envie de donner encore et toujours plus aux autres !

Comme le dit la pub : Un peu de fraîcheur « d’enfant » dans un monde de brutes…

Mais une autre réalisation se pointe à l’horizon, la naissance du troisième enfant…

Alors …

Non, ce sera la prochaine fois !!!

« A tout bientôt !!! »

 

 

 

 

 

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31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 12:43

L’actualité fait que mon épisode du jour aura un petit goût de tristesse.

Jean-Claude Brialy nous a, lui aussi, quitté.

 

 J’ai eu le grand plaisir de jouer dans son théâtre des Bouffes-Parisiens en 1994-1995 dans la pièce de Neil Simon « Drôle de couple »,  mise en scène de Bernard Murat, un monsieur dont je vous parlerai plus tard.

Belle distribution: Marie-Anne Chazel, Clémentine Célarié, Annie Grégorio, Christian Bujeau (Dentiste des Visiteurs), Arielle Séménoff, Sylvie Flepp (Plus belle la vie), Julie Arnold…

Jean Claude Brialy était un directeur de théâtre heureux car les réservations allaient bon train. Il regardait le ciel l’après-midi et comme Jean-Michel Rouzières, grand directeur de théâtre lui aussi, lorsque le temps était menaçant,  il aimait dire :

« Temps magnifique pour le théâtre » !

J’apprends un jour par un ami proche que mon « idole » Michel Platini voulait venir voir la pièce avec sa femme et deux amis. Je vais voir Jean Claude le jeudi matin afin de lui demander quatre invitations pour le vendredi soir. Il sourit gentiment puis manque de s’évanouir, en effet c’est, avec le samedi, les deux soirs où les invitations sont à proscrire totalement.

L’après midi, il me passait un coup de fil chez moi pour m’annoncer qu’il laissait quatre places au nom de Platini le lendemain soir à la caisse.

J’ai souvenir de la tournée pour cette même pièce en Corse. Il était là accablé car nous jouions en extérieur et il pleuvait comme « vache qui … ».

D’un coup il s’est levé, a pris la vache par les cornes, a fait démonter le décor qui était entièrement bâché afin de le faire installer dans une église…

 

Mais oui !

Nous avons joué « Drôle de Couple » dans une église en Corse !

Après les représentations à Ramatuelle, ou par l'Association du festival d'Anjou dont Jean-Claude Brialy était le directeur artistique, nous allions dîner avec lui et immanquablement il nous racontait les multiples anecdotes glanées tout au long de sa carrière. Avec Annie Grégorio et Sylvie Flepp, nous avons piqué de sacrés fous rires, il y avait de quoi.

 

Je le trouve tellement vrai et formidable en directeur de banque dans le film tourné ensemble "Ripoux contre Ripoux".

Je ne vais pas m'amuser à énumérer tous ses films...

Je garde de cet homme son humour de tous les instants, sa franchise, car lorsqu’il n’aimait pas quelqu’un, il lui faisait gentiment savoir, sans jamais chercher à blesser la personne. Il est pour moi surtout  un passionné qui n’a fait qu’aimer les comédiens tout au long de sa carrière, il n’était pas avare en cadeaux ou en invitations dans son restaurant, ni en remerciements renouvelés pour le travail accompli par les comédiens.

Mais le spectacle continue.

Merci à toi et salut Monsieur l’artiste !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 22:37

Coucou, me revoilou…

Désolé de vous avoir négligé mais je suis parti une semaine à Marseille afin d’y jouer un pièce de théâtre, ma fille aînée a été hospitalisée à Troyes car elle doit accoucher au mois d’août mais des contractions viennent perturber le calendrier, je l'embrasse très fort!

J’ai donc été très occupé…

Je vous ai tout dit.

Avant de continuer de vous narrer mon périple théatro-télé-radio-cinématographique, je profite que nous soyons en plein Festival de Cannes pour vous raconter ce qu’il m’est arrivé en 1992 durant ce fameux festival.

J’ai un ami de grand talent qui s’appelle Philippe Rive. Il est scénariste de bandes dessinées. Il est d’ailleurs, entre autre, un des papas du fameux personnage « Roméo ».

Il m’invite à passer quelques jours chez lui et comme il habite à côté de Cannes, il me propose de venir assister à la projection des films présentés.

J’accepte volontiers, je vais donc prendre un laissez-passer et occupe mes journées à diverses projections ou à me promener en bord de mer afin d’y admirer yachts trop luxueux et starlettes bien souvent gavées de Botox !

L’accueil du public est formidable, j’ai la sensation d’être une « Star », mot que je veux supprimer de mon hémisphère cérébral droit car il ne veut plus rien dire…

Sur la Croisette , on me prend en photo, je signe des autographes, je papote ici et là, bref, je vois bien que ma popularité ne faiblit pas.

Je vous dis cela sans orgueil…  Excessif !!!

La révélation du Festival de Cannes 1992 reste sans conteste Sharon Stone. Elle est venue présenter sur la Croisette « Basic instinct » avec Michael Douglas, film réalisé par Paul Verhoeven.

Philippe Rive me dit qu’il serait sympa d’aller voir ce film lors de sa projection en soirée afin de pouvoir « tâter » de la montée des fameuses marches du Palais des festivals.

Il se débrouille donc pour avoir deux invitations pour lui et sa femme Viviane et me demande d’aller chercher la veille de la projection, un laissez-passer pour la soirée.

Je me rends donc au « bureau des comédiens » afin d’obtenir le  « Sésame » afin de pouvoir admirer la belle Sharon et son passement de jambes qui a enflammé bien plus que sa cigarette…

On me signale qu’il n’y a plus d’invitation, le ministre de la culture de l’époque a réquisitionné  toutes les places pour ses amis…

Etant membre de la SACEM et SACD, je me rends dans leur bureau et fais la même requête. Réponse identique, le ministre a fait une razzia, plus aucune place !

A croire qu’il veut se présenter aux législatives dans la 8ème circonscription des Alpes-Maritimes !

Le soir de la projection, mon ami Philippe gare sa voiture au parking souterrain et vient avec son épouse me rejoindre afin que nous montions les marches en tenue de pingouin arrosés par les crépitements des flashes. Je lui explique mon problème de place, ce qui le met dans une rage folle. Il me dit :

« Moi, je me suis fait passer pour un journaliste, j’ai réussi à avoir deux invitations, toi qui es un acteur, tu ne peux pas assister à la projection ? C’est scandaleux ! »

Je le calme, lui explique que j’ai passé toute la journée à voir des films et qu’un peu de repos me fera le plus grand bien. Je descends au « -3 » avec lui, mets le siège passager de sa voiture en position couchette afin d’y dormir et lui souhaite une bonne soirée.

Philippe ne veut pas abdiquer. Dans un premier temps, il me donne sa place que je refuse tout de go, puis me dit qu’il va trouver une solution et repart fumasse. (Mot à la mode !)

Je commence à somnoler lorsque l’on tape au carreau de la voiture. Il s’est passé un quart d’heure, et c’est mon Philippe, transpirant, qui m’annonce qu’il n’a rien pu faire, et Dieu sait si ce garçon peut sortir de l’eau fraîche d’une pierre afin de pouvoir noyer une bonne anisette, pas de publicité…

Je lui fais remarquer que c’est très gentil de sa part mais que je commençais à dormir et qu’il m’a réveillé alors que j’allais entrer dans la chambre de Sharon Stone…

Il repart; Quant à moi, je tente de revenir dans les bras de la belle tout en évitant de tomber sur le célèbre pic à glace.

Au moment où, dans mon rêve, je commence à me battre avec Michael Douglas afin qu’il me donne le numéro de portable de Sharon Stone, on frappe à nouveau au carreau de la voiture. C’est encore Philippe Rive qui, fou de joie, m’annonce qu’il a une invitation pour moi. Je dois m’habiller prestissimo afin de ne pas rater le début de la cérémonie.

Je crains le pire. Le connaissant bien, je le soupçonne d’avoir estourbi quelqu’un afin de lui dérober sa place.

Je me retrouve donc à l’arrière du véhicule, le coffre ouvert, les voitures qui cherchent à se garer ralentissent à ma hauteur. La tête que font les occupants est sans appel ! Vous imaginez un comédien, le froc baissé, « torse poil » en train de s’habiller comme il peut dans un parking souterrain !!!

Certains ont du se demander si on ne tournait pas un film avec la doublure lumière de Rocco Siffredi

Nous arrivons à l’air libre, petit détail, je n’ai pas de laissez-passer, la chemise grande ouverte car j’ai oublié de prendre un noeud papillon !

Je me dis qu’on ne me laissera jamais passer, je ne suis pas « Brad Pitt » !!!

Tant pis, je me dirige vers le grand escalier tant convoité et j’entends la voix du présentateur, micro à la main, annoncer au fur et à mesure le nom des personnalités qui montent l’escalier de la « gloire ».

Ma surprise est de taille car toutes ces personnalités, qui devraient avoir un rapport avec ma profession, ne sont autres que des patrons de pizzerias, des bijoutiers, des plagistes ou des patrons de boites de nuit locales, j’en passe et des meilleurs…

Bref… Je suis à une trentaine de mètres des marches lorsque Philippe Rive me chope par le bras et m’annonce qu’on ne va pas monter l’escalier. Il m’explique quelle a été sa stratégie.

Il est allé voir en réalité le chef de la sécurité dénommé Mr Marcel et lui a dit :

« Vous connaissez Michel Crémadès, acteur de cinéma, il n’a pas réussi à avoir de place pour assister à la projection de Basic Instinct, qu’est ce qu’on peut faire ? »

Heureusement ce monsieur, grand cinéphile, lui répond :

« Bien sûr, c’est le petit moustachu du Théâtre de Bouvard, des Ripoux, Promotion Canapé, il a fait plein de films, on le voit à la télé, il est très marrant ! »

Sur ce, il prend son talkie-walkie, se présente  et demande  à son équipe de se mettre en place. Le grand Michel Crémadès arrive, on se tient prêts !

Et je me retrouve montant les grandes marches, mais pas celles de devant, celles qui sont sur le côté, aussi grandes que les autres mais qui servent uniquement pour évacuer la foule en cas d’incendie.

 

Serait-ce moi qui vais mettre le feu ???

Toute l’équipe de la sécurité est présente, je les salue un à un, fais des photos avec eux, signe des autographes en les remerciant vivement pour leur gentillesse.

J’arrive directement dans le salon principal où deux charmantes hôtesses me dirigent vers les meilleures places du Palais des Festivals, et ce sans autorisation, ni nœud papillon…

Je peux vous dire du fond du cœur que ce fut pour moi la plus belle montée des marches dont je pouvais rêver, loin des faux semblants du Festival de Cannes, loin du paraître, en relation franche et directe avec le vrai public, dans la simplicité et la bonne humeur.

C’est comme cela que je conçois ce métier, c’est peut-être pour cela que je ne tourne quasiment plus aussi…

Non, il est vrai que je ne suis pas du style à fréquenter les boîtes de nuits Parisiennes très branchées, à cirer les pompes des réalisateurs ou à finir à six heures du matin dans une salle discrète, le bout du nez blanchi par une poudre qui, paraît-il fait rêver, mais qui pour moi, empêche les gens d’être dans la réalité, les éloigne des autres et peu à peu leur ouvre la porte des pires cauchemars.

Depuis cet épisode, je ne suis plus retourné au Festival de Cannes.

Bon, la prochaine fois je vous parlerai d’autres tournages et de théâtre mais il me semblait rigolo de vous raconter cette anecdote « festivalière » !

Je retourne à mon apéro, vite, mon pic à glace, pour mettre un peu de fraîcheur dans mon anisette Galiana. C’est la meilleure ! Demandez à tous les Oranais. Je la trouve en Espagne à Alicante, mais elle sera bientôt en vente en France !

C’était ma page de pub personnelle entre deux épisodes.

« A tout bientôt !!! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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8 mai 2007 2 08 /05 /mai /2007 19:48

Suite au succès du théâtre de Bouvard et du film « Les Ripoux », quelques réalisateurs s’intéressent à moi. Je tourne pour la télévision dans des téléfilms ou séries dans lesquels j’ai le plaisir de rencontrer le délicieux Pierre Mondy, Daniel Ceccaldi, André Dussollier, Georges Beller, Greg Germain, Guy Tréjean, Yves Rénier ou Marthe Mercadier. Pardon à tous ceux que je n’ai pas cité…

On se croise sur les tournages ou sur des plateaux, plusieurs fois d’ailleurs, je vais retrouver Ticky Holgado, dont la carrière fut riche en seconds rôles de qualité.

Il a eu la chance et surtout l’immense talent qui a fait que Gérard Jugnot lui a fait confiance pour interpréter le rôle de « Crayon » dans le film « Une époque formidable » et sa carrière a décollé. Il crevait tellement l’image.

Depuis longtemps, nous ses copains, on savait qu’il irait loin, il fallait simplement le petit déclic.

 

 

 Merci et bravo à Gérard Jugnot pour ce choix si judicieux !

Ce métier est ainsi fait que, Roland Giraud, pour qui j’ai beaucoup de tendresse, je vous en parlerai dans un prochain épisode, me disait :

« J’avais fait beaucoup de petits rôles au cinéma et joué énormément dans des tournées théâtrales en France et à l’étranger, reprenant de grands rôles créés par des vedettes à Paris, qui ne voulaient pas partir jouer en province. Un certain lundi, je n’étais encore qu’un triste inconnu, le film « Trois hommes et un couffin » sortait le mercredi, le vendredi, le téléphone n’arrêtait pas de sonner, j’étais devenu une star. La semaine d’après, je recevais vingt scénarii par jour me proposant de jouer un rôle de père ne sachant pas comment élever son bébé. »

Que d’imagination… En France, nous avons, nous comédiens, un gros souci d’image, si on vous trouve bien dans la composition d’un rôle d’avocat, on ne vous proposera, en général, que des rôles d’avocat ! C’est un peu réducteur pour un artiste interprète, vous en conviendrez, mais c’est comme ça ! On m’a personnellement toujours considéré comme un « comique », et quand des producteurs, voire des réalisateurs, voient des courts métrages dans lesquels j’ai tourné des personnages loin du rire, du genre de « Lucie » que vous pouvez visionner dans ce blog, rubrique « Texte libre », je m’entends souvent dire :

« On ne savait pas que tu étais capable de faire ça ! »

Cela me met dans un état, même pas de colère, mais de désespoir…

Vie privée :

A cette période de ma vie, je n’étais pas souvent à la maison et je tiens à tirer mon chapeau à ma compagne qui acceptait la chose, elle comprenait vite que la vie de famille avec un comédien n’était pas une chose aisée. On donne souvent priorité à notre passion dévorante en oubliant parfois les siens. Il est essentiel pour ceux qui veulent faire ce métier d’être bien entourés. Cela permet d’avoir du recul sur les choses et de ne pas se laisser « bouffer tout cru ».

 

 

 

Notre couple se portait bien, ma fille était belle comme un cœur, ne comptez pas sur moi pour dire le contraire…

 

Nous décidions donc de mettre en route le second enfant.

Sitôt dit, sitôt fait. Je me mis à saler, plus que la normale, la nourriture de ma compagne, car nous avions une petite préférence pour « le » garçon, et on m’avait dit que la maman devait manger très salé pour augmenter les chances d'avoir un "Petit homme"…

Ah ! Ces remèdes de bonnes femmes !!! 

Je me concentrais donc très fort et…

Quelques jours plus tard, le test virait au bleu et l’échographie ne laissait aucun doute, c’était bien un petit mâle !

 

Au mois de juin 1986, Bernadette donnait donc naissance à un garçon.

Le cercle de famille s’agrandissait donc, pour le plus grand bonheur de mon frère aîné.

 

 

 

 

 

 

 Je travaillais à l’époque sur France Inter avec le talentueux Daniel Mermet et toute une équipe de déjantés, François Rollin, Alain Sachs, Clémentine Célarié, Eric Thomas, Timbre poste, Alain Bernard ou Marc Jolivet.

Nous sévissions dans l’émission « Bienvenue à bord du Titanic ». Elle faisait un énorme carton d’écoute, et j’eus le plaisir d’entendre tous mes camarades l’après midi même annoncer en direct la naissance de mon fils et féliciter la maman. Ils se demandaient d’ailleurs comment j’avais pu réussir cet exploit !? Ah les amis !!!

Lors de cette année 1986, je tourne dans des séries, notamment « Maguy » avec J. Marc Thibaut et Rosy Varte.

Je joue le rôle d’un obsédé sexuel qui est très attiré par ces  dames, ce qui fera dire à Marthe Villalonga :

« Tu n’as pas honte, je t’ai connu, tu avais 4 ans et dès notre premier tournage, tu me cours après pour me pincer les fesses, quel manque de respect ! »

Dans le même temps, je tourne dans « Club de rencontres » avec Francis Perrin.

 

 

 

 J’incarne encore un obsédé sexuel qui fait semblant de vouloir violer une jeune femme afin que cette dernière, voulant se défendre, le frappe...

Eh oui, certains déséquilibrés prennent leur pied dans la violence. Qu’est ce que j’ai pris comme coups dans cette scène, qu’on a du refaire plusieurs fois, mais les coups de poing étaient si joliment donnés par ma copine Isabelle Mergault.

Cette fille a un talent énorme et il a fallu trop de temps pour qu’elle perce en tant qu’auteur et Dieu sait si elle en a écrit de beaux scénarii pour la télévision avant de pouvoir réaliser son remarquable film : « Je vous trouve très beau ».

Enfin je tourne dans « Conseil de famille » réalisé par Costa Gavras un petit rôle avec en face de moi, Johnny Hallyday, Fanny Ardant, Guy Marchand.

Je jouais un personnage qui venait livrer du matériel « Image et son » comme dans la pub cinéma dont je vous avais parlé dans l’épisode précédent.

Encore une fois, on vous a vu dans un rôle précis et on fait du copier/coller.

Ce tournage fut assez difficile car Johnny n’était pas en grande forme, il venait de se faire opérer d’une hanche, François Truffaut venait de partir vers d’autres cieux, ce qui plongeait Fanny Ardant  dans une tristesse qui contaminait l’équipe, heureusement Guy Marchand « pétait » le feu !

Allez, gardons d’autres anecdotes pour le prochain numéro…

 Merci de votre assiduité et,

 

 

 

 

 

 «  A tout bientôt !!! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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25 avril 2007 3 25 /04 /avril /2007 22:33

Donc je décide d’abandonner les copains du Théâtre de Bouvard pour jouer tous les soirs au célèbre Tintamarre, la pièce d’Eric Assous intitulée « Apocalypse Na » avec deux partenaires, dont mon camarade Raymond Aquilon.

 Au démarrage, le titre était « Le jour le plus con », mais à deux mois de jouer, on se rend compte qu’une pièce de Philippe Bruneau démarre dans un autre théâtre Parisien et porte déjà ce nom. Je remercie ici ce cher Philippe car, connaissant notre mésaventure, son aide fut plus que précieuse. Vous connaissez sa tête, il a tourné dans plusieurs films et fait beaucoup d’émissions télé avec Stéphane Collaro.

 Mon départ laissait perplexe Philippe Bouvard car il ne comprenait pas qu’un des piliers de l’équipe, je le cite, quitte une émission avec une audience aussi élevée pour aller jouer dans un sordide café théâtre dont la durée de vie des pièces n’est pas assurée…

Nous eûmes des discussions intenses tous les deux, les yeux dans les yeux, mais ma décision était prise. Je lui expliquais que je préférais affronter tous les soirs un public différent, pas acquis d’avance, même si financièrement j’étais très largement perdant.

Il avouera plus tard que j’avais, certes du talent, mais un sacré caractère !

Je suis persuadé qu’il aime bien plus avoir du répondant en face de lui que des courtisans aux douces flatteries…

Mon pari s’avéra plutôt gagnant car cette pièce fonctionna très fort à tel point que TF1 en fit une captation télé, ce qui, à l’époque, ne se faisait quasiment pas.

Dans le même temps, je tournais en temps qu’ex sociétaire de la bande à Bouvard dans le film réalisé par J. Pierre Vergne « Le téléphone sonne toujours deux fois ».

 

 

 

 

 

 

 Si vous vous procurez le générique de ce film, vous serez étonné de voir autant de noms aussi prestigieux les uns que les autres, notamment celui de Jean Réno, pas connu à l’époque, qui joue un tout petit rôle, le bras droit et tendre ami de Michel Galabru !

Dans la foulée, je mets en scène une pièce au « Sentier des Halles » qui parle du monde impitoyable des sectes et joue dans « Le Rapin », pièce qui ne fit bondir ni les critiques, ni le public, ni mon compte en banque…

Puis un jour je fus choisi pour tourner une publicité pour le cinéma. Elle était réalisée par Jacques Monnet et vantait les mérites d’une marque d'électroménager, « Darty », pour ne pas le citer. Ces pubs étaient très bien faites car elles racontaient à chaque fois une petite histoire de la vie de tous les jours et les spectateurs en étaient friands.

Vous vous rappelez de ce que me disait mon prof d’art dramatique :

« Pour réussir dans ce métier, il faut 50% de talent, 50% de gueule et 50% de chance. »

D’ailleurs, je me souviens lui avoir téléphoné pour lui dire, qu’il fallait rajouter à sa formule également 50% de piston. Ce métier en use et abuse assez souvent…

La gueule, je l’avais, et la chance allait frapper à ma porte de loge car par un bel après-midi, Claude Zidi et Didier Kaminka vont au cinéma voir un film et ont ainsi l’occasion de voir ma pub. Claude se penche vers Didier et lui dit à l’oreille:

« Il faut lui écrire un rôle à ce petit moustachu, il est très drôle. »

Didier Kaminka m’a raconté par la suite qu’il avait fait des recherches auprès des agences de publicité et que pendant une dizaine de jours, il avait écrit la scène du vol du sac sur un marché en pensant au petit moustachu de Darty…

Je rencontrais Claude Zidi qui me raconta la petite anecdote et rentrais chez moi pour lire le scénario. Je le rappelais aussitôt pour lui donner mon accord car je trouvais ce personnage très beau, touchant car, pour moi, il ne vole pas « pour faire mal » mais pour nourrir sa famille.

Le titre du film ??? :    "Les Ripoux"

 

 

 

Rien que de savoir que l’on va tourner avec Philippe Noiret…

Ce qui me plait dans ce film, ce sont tous ces seconds rôles qui sont si bien écrits.

Allez ! Permettez que je pousse mon premier coup de gueule.

Le cinéma qui a bercé mon enfance était fait de films dans lesquels l’histoire était le cœur du projet. On n’avait pas peur de s’investir dans le scénario et les dialogues et, une des forces du cinéma Français était la multitude de seconds rôles qui faisaient la richesse d’un film.

De nos jours, en général, on fait d’abord un casting avec une ou deux têtes d’affiche, on écrit et on tourne dans la foulée. Puis c’est la ronde télévisuelle de la promotion. On vend son produit comme si il s’agissait d’un détergent.

Pour peu que le film marche à force de matraquage, on fait la suite puis le trois, voire le quatre…

Le public est, pour moi, en quelque sorte formaté, si tu n’as pas aimé ce film, si tu n’as pas ri, c’est que tu as très mauvais goût.

Je suis surpris de voir sur les colonnes Morris le titre d’un film en gros, celui de la « star » principale en très gros et, en tout petit en bas, les noms de ceux qui sont venus dire quatre répliques.

 

 

Combien de fois lit-on : « Avec la participation amicale ou exceptionnelle » !

 

 

 Place à la star ou au people car les têtes d’affiches sont malheureusement, et, de plus en plus des produits « people ».

On les voit sur tous les plateaux de télé, racontant des histoires désopilantes, s’amuser entre eux, baisser leur pantalon ou s’asperger d’eau. Le chauffeur de salle excite un peu le public, standing ovation et le tour est joué.

Mais qui sont ces acteurs qui n’ont pas peur de se ridiculiser afin de faire rire la ménagère ?

Le pire est qu’ils sont tellement adulés par les chaînes de télévision qu’ils finissent par enchaîner films sur films et on en retrouve même certains exposés au Musée Grévin !

Tous ces « produits de consommation », vont-ils laisser une trace, est-ce qu’on parlera d'eux dans les générations à venir, leurs films resteront-ils dans la mémoire du grand cinéma Français ?

J’arrête là.

Ne voyez dans mes propos aucune haine, aucune jalousie, pas d’aigreur, pas d’esprit revanchard, ce n’est pas le genre de la maison.

Simplement j’aime mon métier passionnément et malheureusement je pense qu’il est en train de s’égarer car on ne cherche plus la qualité artistique mais on tente de faire des coups ! Business, money, rentabilité immédiate…

J. Pierre Gibrat disait : 

  « J'aime beaucoup les personnages secondaires, comme dans les films des années 30-40, des seconds rôles que l'on voit quelques minutes mais dont on se souvient toujours lorsqu'on repense aux films »

Je veux remercier tous ces seconds couteaux qui ont fait la grandeur de notre cinéma et qui m’ont donné envie de faire ce métier, je commencerai par Jean-Pierre Cassel qui vient de nous quitter, Paul Crauchet, Julien Carette, Noël Roquevert, Pauline Carton, Jean Tissier, Noël-Noël, Denise Grey, Pierre Larquey, Marcel Dalio, Dalban, l’immense Sylvie, pardon à ceux que je ne peux citer et ils sont légion…

J’arrête là ma séquence « Talents et émotions perdus».

 

"Les Ripoux de Claude Zidi"

A quelques jours du tournage, je prends le métro à la Porte de Clignancourt.

Je n’ai en tête que ce personnage du voleur qui dérobe le sac d’une dame âgée sur un marché.

Ce type a été pris en flag, il est interrogé, sûr de prendre de la taule et puis la situation bascule, on le dit honnête et on le relâche. Il sent qu’entre les deux flics, il y a quelque chose qui ne va pas. On lui retire les menottes et il part en courant sans demander son reste.

Il ne faut surtout pas jouer la situation, être dans la surprise mais ne pas jouer, ne rien faire.

Je sais que la séquence commissariat doit être drôle si elle est jouée façon « Caméra cachée », le personnage ne comprend pas ce qui se passe, ce qui lui arrive…

Je suis donc assis dans le métro et distingue un homme sur le quai dont la respiration est rapide, il est nerveux et vérifie sans cesse l’arrivée du métro. Je pense dans un premier temps qu’il est peut-être mal dans sa peau, je pense au suicide !?

Puis très vite, je vois un autre homme à une dizaine de mètres du premier dans le même état de nervosité. Visiblement quelque chose d’indéfinissable se passe entre eux deux.

Vous savez, un comédien reproduit les choses de la vie, il s’en inspire.

Là, je comprends que ces deux personnes sont en osmose et préparent, j’en suis sûr à présent, un mauvais coup.

Au fur et à mesure que l’on entend le bruit de la rame au lointain, je les vois de plus en plus tendus, puis le métro entre, ralentit et s’arrête.

Ils regardent en même temps les portes s’ouvrir, ne montent pas, observent les gens descendre puis un des deux fait un signe discret de la tête à l’autre. Deux dames descendent, chacune ayant un sac à main. Elles discutent avec force, les deux hommes leur emboîtent le pas, plus de doute, elles vont se faire piquer les sacs.

Je n’ai que le temps de sauter dans le wagon avant la fermeture, fou de bonheur.

Je viens de comprendre comment jouer la scène où j’arrive sur le marché, vois la vieille dame, son sac, jette un œil alentour et surtout, je viens de piger le stress qui doit être en moi.

Je sais comment mon personnage doit respirer, de façon haletante et nerveuse. C’est génial !

Arrivé à la station Simplon, je prends seulement conscience que je n’ai rien dit à ces deux braves dames qui vont se faire déplumer. Quel imbécile ! Trop tard…

J’étais trop dans mon film…

Le premier jour de tournage se passe sur le marché à côté de la mairie du 18° arrondissement.

Claude Zidi voit la répétition, je vois son œil s’allumer, je suis dans le juste. On tourne, tout se passe bien. On se cale avec Thierry Lhermitte afin qu’il me chope à un endroit très précis pour une question de point caméra. C'est-à-dire, il faut tomber là, il doit me plaquer au sol à une marque et pas ailleurs si on ne veut pas être flous à l’image.

Je cours un peu vite pour lui, je suis obligé de faire des pas de côté pour ralentir la course.

Heureusement, j’ai des genouillères car on recommencera la prise huit fois. Pour la séquence commissariat, je me retrouve en face de Philippe Noiret.

Lorsque l’on est jeune comédien, on a « les jetons », mais cet homme respire la sérénité, il parle posément, il est simple et bon. On tourne « Champ » sur lui, à savoir que durant la séquence, la caméra est sur lui, puis contre-champ, la caméra est sur moi.

A chaque fois,  avec des valeurs de plans différentes, plan serré ou américain, plan large…

Monsieur Noiret fait les mêmes gestes en mimant les gestes quand la caméra est sur moi afin qu’il n’y ait ni parasitages de bruits de machine à écrire ou de papier.

 C’est un vrai partenaire qui vous regarde dans les yeux et vous aide à donner le meilleur de vous-même.

Certains comédiens tirent la couverture à eux et sont bizarrement meilleur lorsque la caméra est sur eux, de préférence en plan serré afin qu’au montage, ils soient avantagés.

Ce n’est pas le cas pour ce grand acteur que je vais avoir le plaisir de retrouver avec Thierry Lhermitte dans « Ripoux contre Ripoux ».

Quel succès pour ce film ! César du meilleur acteur, du meilleur réalisateur et du meilleur film!

 

 

Le public m’en parle régulièrement et je sourie à l’idée que deux malfrats m’ont, inconsciemment, aidé à trouver mon personnage !!!

 

 

 

«  A tout bientôt !!! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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12 avril 2007 4 12 /04 /avril /2007 23:06

Pascal Légitimus nous ayant mis l’eau à la bouche, nous voyons déjà s’entrouvrir, devant nos yeux émerveillés, les portes de la télévision.

Tel des gardons frétillants, nous attendons donc le jour et l’heure de rendez vous avec Philippe Bouvard.  Que d’impatience et surtout quelle méga anxiété !

Qui ne connaît pas ce personnage caustique au caractère aussi trempé que la lame d’un couteau. Chroniqueur, il a la plume caustique et ses réparties sont autant de flèches décochées avec un si grand sourire.

 

 

Mais enfin arrive le grand jour, pour nous « l’opération Overload », ce n’est rien à côté de ce qui nous attend.  

Nous sommes une cinquantaine de personnes rassemblées au Pavillon Gabriel, toutes et tous issues de théâtres, cabarets ou cafés théâtres.

On essaye de plaisanter, de masquer notre trac quand tout à coup, on le voit enfin.

Il descend l’escalier dans son imper clair, aussi froid qu’un iceberg.

Arrivé en bas, il demande à sa secrétaire un café puis il s’adresse à nous :

« Bonjour, merci d’avoir répondu présent à mon appel. Antenne 2 m’a demandé de prendre le quart d’heure du soir avant le journal télévisé avec une émission comique, et, avec le réalisateur Nino Monti, nous avons pensé que des jeunes pourraient, peut-être, par le biais de sketches ou improvisations, y arriver.

Ca fait des années que j’essaye de faire ça avec des vieux crabes de la télé, ça n’a jamais marché, mais bon, Nino est sûr que vous pouvez, vous, y arriver. J’en doute, mais voilà, vous êtes là, faites moi rire. Où est mon café ?... »

Silence glacé dans l’assistance, on n’entend que le bruit des glottes en train de déglutir.

Puis il ajoute :

« J’ai écrit sur des petits papiers des propositions de sketches que je vais tirer au sort et vous viendrez à tour de rôle faire une improvisation. Ma secrétaire a établi la liste des artistes qui se produisent dans Paris et ce par ordre alphabétique. Je vais donc appeler les premiers. »

Mon compagnon de scène ayant pour nom Aquilon…

« J’appelle Raymond Aquilon et son partenaire Michel Crémadès. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 Pan ! Nous étions les premiers à ouvrir le bal pour le plus grand bonheur des copains présents car essuyer les plâtres, personne n’en avait trop envie !

 Philippe Bouvard plonge la main dans une petite corbeille et annonce :

« Un employé demande une augmentation à son patron… »

Sur ce, il se remet à touiller le sucre dans son café en nous annonçant qu’il nous laissait deux minutes avant de commencer.

Avec Raymond, nous discutons vaguement de la stratégie à suivre quand tout à coup, un petit sourire au coin des lèvres, Philippe Bouvard nous demande qui va faire le patron et qui sera l’employé…

 

Connaissant le bonhomme, je saute sur l’occasion pour lui dire que vu la couleur de peau de mon partenaire, il me paraissait évident que je ferai le patron et lui l’employé.

Bouvard se met à avoir des soubresauts de rires.

Je vois que j’ai fait mouche, je regarde Raymond, on se comprend tous les deux et on attaque immédiatement notre improvisation, il ne faut pas laisser refroidir la bonne humeur de Philippe Bouvard.

Il rit plusieurs fois de nos « bêtises », notre prestation dépasse nos espérances, nous trouvons une chute plus ou moins drôle mais je sens bien qu’on a réussi notre coup. Les copains applaudissent, Bouvard nous demande de retourner dans la salle et d’attendre.

Il fera passer une grande partie des personnes présentes, Jean Jacques Péroni, Michel Lagueyrie, Isabelle de Botton, Lime, Yvan Burger, Chevalier et Laspalès, Pascal Légitimus…

 

Je ne peux tous les citer… Puis il se lève et les yeux humides de rire, il nous dit :

« Bravo, vous m’avez convaincu, je demande le quart d’heure à Antenne 2 ».

Une fois qu’il aura auditionné tout le monde, il se retire dans son bureau et au bout de trente minutes, il vient énumérer la liste de ceux qui feront partie de l’équipe.

« Je ne peux garder tout le monde, nous dit-il, les autres ce sera plus tard ».

Mon Raymond ne fait pas partie du lot, Pascal Légitimus lui a été préféré…

C’est ainsi que va commencer cette aventure du « Théâtre de Bouvard » qui marquera plusieurs générations de téléspectateurs. Notre force était que nous ne nous prenions pas au sérieux, quelques accessoires, pas de décor, pas de costume, juste notre matière grise mise au service de la gaieté et du bon goût. (Enfin, pas toujours…)

 Au début de l’émission, tous les sketches étaient improvisés mais il y avait trop de déchets, aussi Philippe nous avait demandé de les préparer en amont.

 

 

 

 

 

 

Nous nous retrouvions quelques après midis tous ensemble afin de « pondre », suivant la formule consacrée. Si on riait de notre production, on gardait, sinon poubelle.

 

 

Ensuite, on présentait nos œuvres à Philippe, il décidait, soit de garder, soit il nous demandait d’améliorer certaines choses ou bien il jetait sans ambages.

Nous enregistrions au Pavillon Gabriel, Nino Monti était le réalisateur attitré de l’émission.

Le succès fut fulgurant. La France entière était derrière son poste de télévision. Nos noms étaient inscrits à l’écran, aussi nous allions devenir rapidement des « super stars » du petit écran.

Entre temps, avec Bernadette, nous avions rendu l’appartement de Gennevilliers à mon frère et trouvé un petit deux pièces à Saint Ouen.

La popularité de cette émission allait grandissante et comme les copains, je ne pouvais plus faire un pas dans la rue, finies les sorties avec bébé dans la poussette, les ballades en amoureux, c’était de la folie !

Un jour, je décidais de faire ma petite dépression nerveuse. Je restais enfermé chez moi pendant une dizaine de jours avec lunettes de soleil et chapeau vissé sur la tête.

Je ne voulais plus qu’on m’arrête dans la rue, j’avais la sensation de ne plus être libre, mais dévoré par le public, les gens étaient adorables, mais c’était trop d’un seul coup.

Bernadette m’expliqua que c’était la rançon de la gloire et que si j’avais décidé de faire ce métier, c’était pour être vu et que si j’étais reconnu, c’était plutôt bon signe.

Le bon sens et la perspicacité d’une femme !

Je retournais enregistrer avec les copains d’autres sketches, fier de savoir que nous rendions heureux tout un public de plus en plus fidèle. Ici, avec Didier Bourdon dans le rôle d'un médecin légiste qui part en vacances, et qui s'aperçoit qu'un de ses clients n'est pas complètement mort...

 

 

La troupe du « Petit théâtre de Bouvard » s’était agrandie, c’était très bien mais Philippe Bouvard, malin comme un singe, avait créé comme une compétition entre nous afin d’extirper la « substantifique moelle » de nos divers talents.

Nous avons passé d’excellents moments ensemble, notamment ce tournage à Cannes et ses environs. Le thème était le camping. Ca vous rappelle un film, non ?

Je me souviens de Didier Bourdon un peu plus mince que maintenant, habillé en MNS, qui portait ma gamine sur ses épaules, ou encore cette journée pendant laquelle une vingtaine d’histrions batifolaient dans la piscine de Philippe Bouvard, chez lui à Mougins, somptueux petit village dans l'arrière-pays, et ce dîner au « Moulin de Mougins », un des restaurants les plus huppés du coin !!!

Nous avions à notre disposition une batterie de serveurs qui se battaient pour venir nous servir, ou encore cette soirée à la fin de laquelle Bruno Gaccio s’était jeté tout nu dans le port et Jean Jacques Péroni, mécontent du repas avait fait la danse du ventre à poil sur une table.

 

(Quand je vous parlais de bon goût !)

Au retour sur Paris, je me décidais assez vite de mettre fin à cette belle aventure.

Le temps d’un sketch avec Michèle Bernier, tous les deux en danseurs étoiles puis le dernier avant de tirer ma révérence, avec Smaïn dont vous avez un extrait dans « Texte libre ».

 

 

Je sentais que ce bel esprit d’équipe commençait à s’effilocher, certains de mes camarades avaient perdu, à mon goût, la fibre artistique et ne voyait  plus que le côté "paillettes" des choses.

Je jouais une pièce au « Tintamarre », ex « Splendid », lieu qui a vu parmi nos plus grands comiques jouer entre autre, « Le Père Noël est une ordure » et qui est devenu maintenant un bar, comme quoi tout a une fin…

La pièce que je jouais s’intitulait : « Apocalypse Na ! »

 

 

«  A tout bientôt !!! »

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 18:33

 

Nous voilà arrivés à Paris, Bernadette, le fruit de l’amour qu’elle porte en elle (Que c’est beau…), la machine à laver Calor et deux valises. Toute notre vie dans un coffre de R5 !

 

Heureusement mon frère nous « offre » son appartement à Asnières Gennevilliers, dans une tour HLM. Eh oui… La banlieue, je connais…

 Par discrétion vis-à-vis de lui, je ne dirai pas où et chez qui il a vécu pendant ces quelques mois…

 

 La grossesse se passe bien, rythmée par la lecture du livre des prénoms, des conseils de la famille ou des amis. Les incontournables :

 

 

 

 « Tu portes le bébé très en avant, ce sera un garçon »

 

 

 

 

 

 « Si tu as mal à l’estomac, c’est que le bébé a des cheveux », j’en passe et des meilleures...

 

 Pour notre progéniture, nous allons faire les magasins, mais la question    revient toujours :

 

 «  La couleur… Bleue ou bien rose ?… »

 Bref tout va bien jusqu’au jour où un laboratoire d’analyses nous téléphone. Il y a un petit souci. Des analyses sont à refaire…

On refait donc une petite prise de sang, le résultat tombe et vient nous anéantir.

Malgré toutes les précautions prises, Bernadette vient de contracter la toxoplasmose. Je vous laisse chercher par vous-mêmes les conséquences d’une telle maladie. Nous allons vivre pendant sept mois bien évidemment dans la peur.

Le traitement donné par le gynécologue est suivi à la lettre.

Pendant ce temps, je me suis inscrit dans un cours d’art dramatique à Paris, le « Studio 34 ». Il m’a été chaudement recommandé par Marthe Villalonga dont je vous avais parlé dans l’épisode Un.

Le travail sérieux commence avec, entre autres, Claude Mathieu, Béatrice Lord et Philippe Brigaud, comme professeurs.

On travaille la diction, le déplacement du corps dans l’espace, je tâte des textes classiques, modernes, et je suis même mis en scène dans un travail de cours par un nommé Bruno Wolkowitch.

Philippe Brigaud nous a dit un jour :

 « Pour réussir dans ce métier, il faut 50% de talent, 50% de gueule et 50% de chance. »

  

  Cette chance vient d’un de mes copains de cours dont je vous ai parlé, il s’agit de Monsieur Raymond Aquilon. Il joue à l’époque au « Café d’ Edgar » en duo, mais son partenaire ne peut plus suivre, il est papa depuis peu, travaille dans l’informatique et ça paye bien plus que d’être saltimbanque.

 

 

 Il reste trois semaines à faire et un dédit à payer si le spectacle s’arrête. Raymond me propose donc de remplacer son partenaire durant cette période. Après avoir lu la pièce, je m’évanouis et lui propose de réécrire avec lui pas mal de choses. Il accepte, on se met au travail, on fait des photos, on travaille sur l’affiche, on refait la mise en scène, le spectacle est baptisé:

 

« Demain, j’enlève le noir »…

 Je joue à Paris pour la première fois, et ça marche super, nous nous entendons bien sur les planches avec Raymond et aussi très bien dans la vie.

 

 

 Le public répond présent.

 

Du coup, nous restons 6 mois à l’affiche pendant lesquels, nous jouons notre spectacle, collons nos affiches de nuit à la sauvage puis allons manger un petit bout.

 

Nous nous retrouvons entre copains de café théâtre ou cabarets, pour ne parler que de notre passion et se traiter d’enfoirés parce que lorsque vous collez des affiches de votre spectacle, le temps de finir la rue et de la remonter, vos affiches sont déjà recouvertes par celles des copains…

 

Combien de fois on a pu se chamailler avec Jean Hugues Lime (Sur la photo), 

 

 ou encore Pascal Légitimus et son partenaire de scène de l’époque Seymour Brussel, deux sacrés colleurs, aussi rapides que l’éclair.

 Quand je dis chamailleries, comprenez plutôt rigolades à tous les étages.

Quant à ma vie de famille, elle est suspendue à la naissance de bébé et toutes les interrogations possibles que vous pouvez imaginer.

Cette saleté de maladie avait-elle touché l’enfant et jusqu’à quel point ?

Ma mère habitait en face de la clinique et avait mis à notre disposition son petit appartement. Elle nous avait laissé son lit et dormait dans un canapé. Un soir, à son retour de travail, Bernadette lui dit qu’elle ne comprend pas pourquoi depuis un bon moment, elle a des douleurs dans le bas du ventre.

 Ma mère qui a, quand même, accouché de 6 enfants, elle, sait ce qu’il se passe.

Nous partons immédiatement pour la clinique, c’est un samedi soir.

Le dimanche à 10h40, ma fille arrive au monde.

 

 

 

 

 A première vue tout va bien mais une infirmière met le placenta au frais afin de faire des analyses, et un ambulancier embarque dans son bolide, ce petit être qui, à une heure d’existence, fait déjà la visite de Paris par un beau dimanche à 120 Kms/h toutes sirènes hurlantes.

Des spécialistes de l’hôpital Saint Vincent de Paul vont pouvoir ainsi l’examiner sous toutes les coutures.

On me demande de revenir à la clinique le lundi et l’on m’explique que, faute de personnel, il serait bon que je porte moi-même la poche placentaire à l’hôpital pour des examens.

Je me retrouve donc dans le métro avec un sac plastique glacé, et pendant quarante minutes j’espère vivement que ça ne va pas couler et qu’il n’y aura aucun contrôle! Jamais un policier ne pourrait croire à mon histoire.

Je me vois déjà en taule, surnommé par la brigade « L’éventreur de Paris » !!!

Arrivé là-bas, un docteur à qui je donne la poche sourit un peu jaune et me dit :

« Qu’est ce qu’ils ont foutu à la clinique? Tout est congelé, on ne peut rien voir, si il y a eu des parasites, à cette température, ils n’ont pas survécu. On ne saura rien, il va falloir faire des investigations plus pointues ! »

Et voilà ! Encore trois semaines d’attente pour récupérer notre fille.

    J’arrive le lundi après midi au cours de théâtre très en retard, ce que me fait remarquer mon professeur. Je m’en excuse et annonce à tous mes camarades :

« Désolé, je ne pouvais arriver plus tôt, depuis hier matin je suis papa d’une petite fille ; Comme je ne suis pas très argenté, je n’ai pu apporter que du cidre et des petits gâteaux pour fêter l’événement. »

Explosion d’applaudissements dans la salle, quelques larmes chez les filles et parmi les élèves, un garçon avec qui j’ai joué plusieurs fois au théâtre et qui est resté un de mes amis, j’ai nommé Monsieur Urbain Cancelier.

 

 

Vous allez le reconnaître sur la photo.

   

Retour à Saint Vincent de Paul, quelques examens plus tard, le professeur nous annonce qu’il faudra surveiller cette enfant, surtout la vue, faire attention à tout changement non expliqués lors de son adolescence mais à priori, d’après lui, la maladie a été traitée à temps et n’a pas du faire de dégâts.

 Aujourd’hui, ma fille a 26 ans, elle est infirmière urgentiste et vu qu’elle a contracté, par sa mère, la toxoplasmose, elle est immunisée et pourra, si tout se passe bien, donner naissance à un enfant au mois d’août 2007…

   

Je vous interdis de m’appeler Pépé !!!

Mars 1981 : Je finis cet épisode par un coup de fil. Pascal Légitimus me téléphone, il vit à l’époque avec la secrétaire de Philippe Bouvard…

Il me dit :

« Tiens-toi prêt avec Raymond, il prépare une émission avec des jeunes comme nous, ça risque d’être dur, mais on ne sait jamais… »

Suite au prochain numéro… Salut Raymond !

 

 

 

 

 

 

 

 

«  A tout bientôt !!!  »

 

 

 

 

 

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