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  • : Michel Crémadès... Ma vie d'homme, ma vie d'artiste
  • Michel Crémadès... Ma vie d'homme, ma vie d'artiste
  • : Vous parler de ma passion, pousser mes coups de gueules, ouvrir pour vous un peu le livre de ma vie et peut-être répondre aux interrogations que vous avez quant à mon métier d'acteur...
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Merci de me rendre cette petite visite !!!

 

J’aime passionnément mon métier comme je peux le détester parfois, mais pour vous, public, ma fidélité a toujours été sans faille. Mon ami Patrick Jorge, qui organise des festivals de cinéma, me dit souvent :
 

 "Quand je dis ton nom, les gens ne tiltent pas forcément, mais lorsque je montre ta photo, la réaction est immédiate ! Le public te suit depuis des années entre cinéma, théâtre et télévision et t’apprécie énormément pour ton travail." 


Si vous faites partie de tous ces fans, je vous remercie et tâcherai d’être encore quelques années à la hauteur. Mon ami rajoute et j’en finirai là :

 

« La célébrité, c’est être connu, la popularité, c’est être reconnu !!! »

 

Je suis donc très fier d’être populaire.

 

Je vous invite à vous inscrire sur la newsletter en haut, à droite afin de recevoir la suite de mes aventures !!!

 

 

 

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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 10:57
« On n’a pas tous les jours 20 ans !!! », comme le dit la chanson…
 
Sitôt soufflées les bougies d’anniversaire et me voilà dans le train. Direction la ville de garnison de Reims, « fournée 75/04. »
Le réseau SNCF de l’époque étant ce qu’il était, j’arrive, après deux changements de trains, en pleine nuit au quartier « Jeanne d’Arc » situé boulevard Pommery.
 Le nom chante comme des bulles dans une flûte à champagne mais la caserne coupe toute velléité d’engagement dans l’armée.
 
Arrivé à l’entrée, une jeune recrue regarde d’un œil ensommeillé mes papiers et m’envoie vers la section 4. On me montre ma chambre, elle est très spacieuse, au moins 50 M² !
Seul souci,  je vais devoir partager cette piaule avec une cinquantaine d’autres appelés.
Ils ont été, eux, incorporés dans la journée. Moi, j’arrive à une heure du matin et le sergent éclaire de sa lampe torche un lit vacant, me disant :
 
« Trop tard pour les draps, t’as qu’à dormir dans les couvertures, on verra le reste demain. »
 
Je me couche donc dans un lit et des couvertures trop humides à mon goût, et je passe ma première nuit, bercé par le ronflement de mes camarades de chambrée…
The Reims philarmonic orchestra !
 
Je suis réveillé par des :
 
 «Tiens, y’a un nouveau qui a dû arriver cette nuit ».
 
Eh oui, désolé ! Puis je suis secoué par un caporal qui m’annonce franco :
 
« T’as dormi là ??? Dans ce même lit y’avait un type hier mais il s’est ouvert les veines, on l’a mis à l’infirmerie mais on n’a pas eu trop le temps de nettoyer. »
 
Je comprends alors en regardant le matelas et les couvertures le pourquoi de l’humidité !!!
 
Tout part donc sur de très bonnes bases ! Je vous rassure, le garçon ne voulant pas faire son service militaire s’en est sorti. Les entailles étaient très peu profondes, il avait bien secoué les bras pour en mettre partout, et après 3 mois de disciplinaire, on l’a mis à la porte de la caserne pour troubles mentaux...
 
Donc, bienvenue dans le 1er Groupe de chasseurs, régiment en garnison à Reims depuis 1956 qui est doté de véhicules de transport de troupes AMX-10 P, de chars de combat AMX-30 et de véhicules de l'avant blindé. Ce régiment d'infanterie mécanisée appartenait à la 10e Division blindée et prenait place dans le 1er Corps d'armée du corps de bataille blindé mécanisé de l'armée française.
J’ai l’habitude de vivre en collectivité et passionné par le sport en général, je vais être servi !
 
Football, hand ball, footings par des températures sous zéro, marches de jour comme de nuit de 20, 50 voire 100 kilomètres avec tout un bardas de trente kilos, opérations « On se refait le Vietnam à Reims », stages commandos dans les environs dans lesquels nous étions suspendus sur des fils métalliques au dessus du vide à crapahuter debout, à plat ventre, ou sur le côté, les fameux pont de singe dignes du « Pont de la rivière Kwaï », le meilleur étant de sauter dans le vide, aggripé à une barre métallique fixée sur un câble. Dénivelé de 400 mètres, sur une longueur de 3000 mètres, la vitesse suivant le poids de l’individu pouvait atteindre les 180 Kms/h.
Ca va, je ne suis pas très épais.
 
Beaucoup arrivaient en bas version « J’ai tout vomi pendant la descente ».
 
Nous  sommes même partis 10 jours dans les Pyrénées pour crapahuter en montagne, sans être équipé bien sûr. Mais là, c’était mon truc, et j’encourageais même les plus gradés pour atteindre le Nirvana des sommets. 
Il faut vous dire qu’à cette époque le prix du pétrole avait quelque peu flambé, aussi, moins on utilisait le matériel roulant, plus on faisait des économies.
 
Les pieds crevassés étaient remplis d’ampoules, nos estomacs découvraient la popote  « bromure », bref tout était en berne...
Surtout le moral, pour certains…
 
Mais tout arrive...
Deux mois plus tard, nous allions passer aux choses plus sérieuses. Stages de tirs au pistolet automatique et autres armes ainsi que la découverte du matériel roulant. Mesdames, messieurs, votre serviteur se retrouvait dans la tourelle du char du capitaine, un AMX-10, avec canon, deux mitrailleuses , deux radios pour pouvoir, en manœuvre communiquer avec les autres.
 
Sur mon char tout était en double, du coup je travaillais deux fois plus que les autres radio tireurs ! Et il fallait que ça brille !
 
En avant les manœuvres!
 
 
 
J’ai souvenir du char fonçant vers un hypothétique ennemi dans les plaines accueillantes et bosselées de Mourmelon. Un vrai western.
 
Le capitaine hurlait des ordres à la radio aux autres chars, puis  arrivé à 200 mètres des cibles à abattre (Immenses cibles en carton), il fait piler l’armada. Les chenilles dans un vacarme du diable se mettent en action, l’avant du char se lève, dans l’habitacle à l’arrière où sont entassés 8 fantassins en arme, c’est pire que le Billabong à la fête foraine, les portes s’ouvrent, ils descendent et se mettent à courir. Sus à l’ennemi !
Les pauvres, à force d’être secoués dans tous les sens, sont dans un état lamentable, ils titubent, n’ont plus aucun sens de l’orientation, maman, au secours, viens me chercher !
Lorsqu’ils ont dépassé notre char d’une trentaine de mètres, quelle n’est pas ma surprise d’entendre le capitaine annoncer au pilote :
 
« En avant !»,
puis de me dire :
 
« Feu à volonté ! »
 
Nous tirons avec de vraies munitions, elles ne sortent pas de chez
« Cotillons, articles de fêtes, kermesse, farces et fantaisies ! »
Le capitaine, ivre de bonheur, tire à la mitrailleuse mais, comme le char fait des embardées, les balles peuvent facilement atteindre nos pauvres fantassins. De la démence !
M’armant d'un courage des plus pacifiques, je lui demande d’arrêter de se prendre pour Rambo. Il finit par comprendre.
Ouf ! On l’a échappé belle, enfin, surtout mes camarades!
 
 
Il me fallait quelqu’un dans la place, aussi, très vite je deviens « l’ami » de l’adjudant car, ayant appris que je travaillais dans l’artistique, il m’avait mis en relation avec quelques garçons en charge de monter un spectacle de fin d’année pour les enfants des gradés.
Je les rencontrais. Ils pataugeaient dans l’écriture de sketches de clowns.
 
Eh, eh, Zorro était arrivé !!!
 
Je leur proposais les textes que j’avais déjà joués, distribuais les rôles, prenant pour moi celui que je tenais toujours, à savoir celui de Monsieur Pipo.
 
Utilisant une fine stratégie militaire, je passais mon temps à encenser l’adjudant qui était plus petit que moi. Ca, déjà, fallait le faire, et qui, comment le décrire ???  
C’était vraiment un adjudant…
Lorsque nous faisions du hand ou du foot, je faisais tout pour lui passer le ballon en lui criant :
 
« Allez-y mon adjudant… C’est super mon adjudant ! »
 
Il n’était pas vraiment un grand sportif. Il soufflait sans arrêt, n’avait pas le sens du jeu, ratait presque tous les ballons mais je lui disais régulièrement toute mon admiration pendant que les copains me traitait de « lèche… », vous devinez la suite ! J’étais copain avec tout le monde, toujours prêt à amuser la galerie, et je me suis vraiment bien amusé...
 
Lors d’une séance de tir au P.A, (pistolet automatique), il m’avait nommé responsable du chargement des armes. Je mettais 5 balles comme il se doit dans le chargeur des copains et m’en mettais 7 dans le mien afin d’augmenter mes chances de mettre des balles dans la cible.
 
« Prenez donc exemple sur Crémadès, regardez le nombre de balles qu’il met dans la cible », disait-il.
 
Je le remerciais vivement de ses encouragements sous le regard dépité de mes camarades.
 
Le spectacle de fin d’année approchait. Nous approchions d’un week-end sans permission car en D.O. (Disponibilité opérationnelle, en cas de guerre).
Je montais un bateau à mes copains de chambrée, leur disant que, ayant besoin de me reposer, j’allais voir mon ami l’adjudant afin de partir en permission. Rire général, cela était absolument impossible.
J’allais pourtant le voir pour lui expliquer qu’il fallait que je rentre chez moi en Haute Savoie afin de récupérer du matériel et des costumes pour le spectacle des enfants des gradés.
 
Tout le monde était, au coup de trompette, rangé dans la cour le petit doigt sur la couture du pantalon afin de procéder à l’appel, je m’arrangeais pour arriver un peu plus tard en civil, une valise à la main, faisant ainsi un effet théâtral digne d’un Jean Lefèvre des grands jours.
 
Tous mes potes me regardaient les yeux écarquillés pensant que j’allais finir au trou.
L’adjudant, avant de procéder à l’appel vint vers moi, et après m’avoir souhaité bon voyage, me tapa sur l’épaule et je pus ainsi prendre mon train pour passer mes trois jours à la maison, pénard.
 
J’étais ainsi devenu le comique de la troupe !
 
Mon aura fut encore plus grande après la représentation que nous avions donnée à quelques jours de Noël. Tous les gradés étaient présents avec leurs rejetons. J’avais fait répéter le spectacle de clowns comme on fait son lit, au carré ! Après les applaudissements, l’adjudant vint me chercher afin de m’abreuver de champagne et surtout me présenter à toutes les huiles présentes.
 
« C’est Monsieur Crémadès, il a monté le spectacle que vous avez vu, il fait partie de MA section ! »
 
Je lui faisais comprendre que c’était grâce à lui et aux permissions qu’il m’avait accordées que j’avais pu faire du bon travail. Ainsi mes collaborateurs et votre serviteur purent bénéficier de quelques jours de repos supplémentaires…
 
Je ne comprends toujours pas comment les autres ne m’ont pas étripé.
Mon petit jeu les amusait beaucoup, je crois.
Ils voyaient bien que cette manipulation courtoise me procurait un bonheur que vous ne pouvez imaginer.
 
J’ai eu l’honneur de faire verser quelques larmes à mes parents lors du défilé du 14 juillet, en effet, à bord de mon AMX 10, je passais fièrement devant le président de la République de l’époque.
 
Papa et maman me voyaient pour la première fois à la télévision !!!
 
Nous étions arrivés à 4 heures du matin et jusqu’au départ de la colonne, les habitants des quartiers venaient régulièrement nous alimenter, principalement en « liquide ».
Mon pilote était bourré comme un coing et avait du mal à tenir le manche. Le sergent qui était à mes côtés était là heureusement pour le secouer à travers l’oreillette !
 
A la réflexion, ça m’aurait peut-être rendu plus « people » si on avait, par mégarde, écrasé Monsieur Valéry Giscard d'Estaing !
 
Mon année sous les drapeaux m’a enseigné beaucoup de choses.
 
J’ai compris ce que les gens qui avaient de l’autorité, étaient capables de faire, j’ai vu que ceux qui se soumettaient par peur à cette autorité, perdaient souvent leur dignité d’homme.
Je n’étais pas, pour ma part un rebelle, mais je ne me laissais pas faire.
 
C’est la première fois dans ma vie où l’espace d’un instant, j’ai eu une envie irrépressible de buter un homme, un sergent engagé.
Heureusement, après lui avoir dit ce que je pensais, je me suis calmé, et lui aussi, car il a dû voir dans mon regard que pour son bien, il devait cesser ses sarcasmes, sous peine de balle perdue…
 
Personnellement, je regrette l'arrêt du service militaire. Pour beaucoup de jeunes, c’est à mon avis l’occasion d’apprendre la vie en collectivité, d’oublier parfois le confort de la maison, ne plus être un « Tanguy » le temps d’une année. Et puis même si on en bave, ça reste une période de sa vie qui donnera par la suite de très beaux souvenirs, car on garde toujours en mémoire les meilleurs moments.
 
Comme les autres, à la fin de mon service militaire, j’ai pris une biture au champagne s’il vous plait ! Beaucoup de trouffions étaient originaires de Reims et des environs, donc la chose était aisée. Comme les copains, j’ai arboré fièrement la quille sur laquelle j’avais gravé plein de choses désopilantes, en hurlant très fort :
 
« La quille bordel… Zéro ! Zéro ! Zéro !!! »
 
Ceux qui ont fait leur service militaire ont tous connu ça !
 
Retour en Haute-Savoie, où vous savez ce qu’il m’arrive ?...
 
Ca sera dans le prochain épisode ! Repos ! Rompez les rangs !
 
 
" A tout bientôt !!! "

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commentaires

Régis Dumont 21/12/2010 20:32



Salut Michel ! Je me présente: Chasseur Dumont, 1er GC; 4éme Cie, Section Commandement, classe 75/10. Et oui !! Nous avons partagé la même chambre sous les toits !!!! tu était radiotireur du char
du capitaine et j'etais chauffeur PL. Ton pilote était Michel Crétinon. sacré Mades et sacré Tinon ça ne te rappelle rien !!!!! je me souviens du nom de l'adjudant Verdier et du lieutenant Maquet
mais je suis incapable de souvenir de celui du capitaine !!!!! je ne sais pas si tu le sais mais ils ont rasé le quartier Jeanne d'Arc !!!! si tu lis ce message et que tu as le temps de me
répondre laisse moi un message . Tu as mon adresse mail. Amitiés sincères et félicitations pour ta carrière. A bientôt j'éspère



IDEM 27/03/2007 16:27

SALUT L'ARTISTE MOI C'EST IDEM BIENVENUE A BOOSTERBLOGJE VOULAIS TE DIRE QUE SI TU AIMES LE RAP FRANCAIS JE T'INVITE A ECOUTER DU BON SON SUR MON BLOG
WWW.IDEM93.BOOSTERBLOG.COM
ALLER A PLUS L'ARTISTE PS:JE T'AI MIS PLUS 5 T'INKIET

mymy80 24/03/2007 15:33

MERCI pour votre gentil com sur mon blog!et oui moi aussi je vous ai reconnu! vous avez bien raison, cela ferait du bien à certains jeunes, le service militaire! perso, j'en ai epousé un! et c'est pas tout les jours facile. bon weekend mr poon!

ju 15/03/2007 14:12

Ouahhhh!!!!!
Décidément tu m'étonneras toujours!!!!!!!!

fred 13/03/2007 20:39

Très belle évocation de votre service militaire. Je connais un peu la région, moi j'étais à Verdun (chauffeur du colonel) et je bougeais beaucoup vers Reims et Mourmelon. Je dois dire que j'en garde de très bons souvenirs aussi. Et je suis d'accord avec vous, c'est dommage que cela n'existe plus, ça ferait pas de mal à certains !!! Cordialement. Fred.