Présentation

Texte libre

Souvenir, souvenir... 
 
Un court métrage que j'ai le plaisir de vous présenter... Merci Fred !

Texte Libre

Merci de me rendre cette petite visite !!!

 

J’aime passionnément mon métier comme je peux le détester parfois, mais pour vous, public, ma fidélité a toujours été sans faille. Mon ami Patrick Jorge, qui organise des festivals de cinéma, me dit souvent :
 

 "Quand je dis ton nom, les gens ne tiltent pas forcément, mais lorsque je montre ta photo, la réaction est immédiate ! Le public te suit depuis des années entre cinéma, théâtre et télévision et t’apprécie énormément pour ton travail." 


Si vous faites partie de tous ces fans, je vous remercie et tâcherai d’être encore quelques années à la hauteur. Mon ami rajoute et j’en finirai là :

 

« La célébrité, c’est être connu, la popularité, c’est être reconnu !!! »

 

Je suis donc très fier d’être populaire.

 

Je vous invite à vous inscrire sur la newsletter en haut, à droite afin de recevoir la suite de mes aventures !!!

 

 

 
Mercredi 25 avril 2007

Donc je décide d’abandonner les copains du Théâtre de Bouvard pour jouer tous les soirs au célèbre Tintamarre, la pièce d’Eric Assous intitulée « Apocalypse Na » avec deux partenaires, dont mon camarade Raymond Aquilon.

 Au démarrage, le titre était « Le jour le plus con », mais à deux mois de jouer, on se rend compte qu’une pièce de Philippe Bruneau démarre dans un autre théâtre Parisien et porte déjà ce nom. Je remercie ici ce cher Philippe car, connaissant notre mésaventure, son aide fut plus que précieuse. Vous connaissez sa tête, il a tourné dans plusieurs films et fait beaucoup d’émissions télé avec Stéphane Collaro.

 Mon départ laissait perplexe Philippe Bouvard car il ne comprenait pas qu’un des piliers de l’équipe, je le cite, quitte une émission avec une audience aussi élevée pour aller jouer dans un sordide café théâtre dont la durée de vie des pièces n’est pas assurée…

Nous eûmes des discussions intenses tous les deux, les yeux dans les yeux, mais ma décision était prise. Je lui expliquais que je préférais affronter tous les soirs un public différent, pas acquis d’avance, même si financièrement j’étais très largement perdant.

Il avouera plus tard que j’avais, certes du talent, mais un sacré caractère !

Je suis persuadé qu’il aime bien plus avoir du répondant en face de lui que des courtisans aux douces flatteries…

Mon pari s’avéra plutôt gagnant car cette pièce fonctionna très fort à tel point que TF1 en fit une captation télé, ce qui, à l’époque, ne se faisait quasiment pas.

Dans le même temps, je tournais en temps qu’ex sociétaire de la bande à Bouvard dans le film réalisé par J. Pierre Vergne « Le téléphone sonne toujours deux fois ».

 

 

 

 

 

 

 Si vous vous procurez le générique de ce film, vous serez étonné de voir autant de noms aussi prestigieux les uns que les autres, notamment celui de Jean Réno, pas connu à l’époque, qui joue un tout petit rôle, le bras droit et tendre ami de Michel Galabru !

Dans la foulée, je mets en scène une pièce au « Sentier des Halles » qui parle du monde impitoyable des sectes et joue dans « Le Rapin », pièce qui ne fit bondir ni les critiques, ni le public, ni mon compte en banque…

Puis un jour je fus choisi pour tourner une publicité pour le cinéma. Elle était réalisée par Jacques Monnet et vantait les mérites d’une marque d'électroménager, « Darty », pour ne pas le citer. Ces pubs étaient très bien faites car elles racontaient à chaque fois une petite histoire de la vie de tous les jours et les spectateurs en étaient friands.

Vous vous rappelez de ce que me disait mon prof d’art dramatique :

« Pour réussir dans ce métier, il faut 50% de talent, 50% de gueule et 50% de chance. »

D’ailleurs, je me souviens lui avoir téléphoné pour lui dire, qu’il fallait rajouter à sa formule également 50% de piston. Ce métier en use et abuse assez souvent…

La gueule, je l’avais, et la chance allait frapper à ma porte de loge car par un bel après-midi, Claude Zidi et Didier Kaminka vont au cinéma voir un film et ont ainsi l’occasion de voir ma pub. Claude se penche vers Didier et lui dit à l’oreille:

« Il faut lui écrire un rôle à ce petit moustachu, il est très drôle. »

Didier Kaminka m’a raconté par la suite qu’il avait fait des recherches auprès des agences de publicité et que pendant une dizaine de jours, il avait écrit la scène du vol du sac sur un marché en pensant au petit moustachu de Darty…

Je rencontrais Claude Zidi qui me raconta la petite anecdote et rentrais chez moi pour lire le scénario. Je le rappelais aussitôt pour lui donner mon accord car je trouvais ce personnage très beau, touchant car, pour moi, il ne vole pas « pour faire mal » mais pour nourrir sa famille.

Le titre du film ??? :    "Les Ripoux"

 

 

 

Rien que de savoir que l’on va tourner avec Philippe Noiret…

Ce qui me plait dans ce film, ce sont tous ces seconds rôles qui sont si bien écrits.

Allez ! Permettez que je pousse mon premier coup de gueule.

Le cinéma qui a bercé mon enfance était fait de films dans lesquels l’histoire était le cœur du projet. On n’avait pas peur de s’investir dans le scénario et les dialogues et, une des forces du cinéma Français était la multitude de seconds rôles qui faisaient la richesse d’un film.

De nos jours, en général, on fait d’abord un casting avec une ou deux têtes d’affiche, on écrit et on tourne dans la foulée. Puis c’est la ronde télévisuelle de la promotion. On vend son produit comme si il s’agissait d’un détergent.

Pour peu que le film marche à force de matraquage, on fait la suite puis le trois, voire le quatre…

Le public est, pour moi, en quelque sorte formaté, si tu n’as pas aimé ce film, si tu n’as pas ri, c’est que tu as très mauvais goût.

Je suis surpris de voir sur les colonnes Morris le titre d’un film en gros, celui de la « star » principale en très gros et, en tout petit en bas, les noms de ceux qui sont venus dire quatre répliques.

 

 

Combien de fois lit-on : « Avec la participation amicale ou exceptionnelle » !

 

 

 Place à la star ou au people car les têtes d’affiches sont malheureusement, et, de plus en plus des produits « people ».

On les voit sur tous les plateaux de télé, racontant des histoires désopilantes, s’amuser entre eux, baisser leur pantalon ou s’asperger d’eau. Le chauffeur de salle excite un peu le public, standing ovation et le tour est joué.

Mais qui sont ces acteurs qui n’ont pas peur de se ridiculiser afin de faire rire la ménagère ?

Le pire est qu’ils sont tellement adulés par les chaînes de télévision qu’ils finissent par enchaîner films sur films et on en retrouve même certains exposés au Musée Grévin !

Tous ces « produits de consommation », vont-ils laisser une trace, est-ce qu’on parlera d'eux dans les générations à venir, leurs films resteront-ils dans la mémoire du grand cinéma Français ?

J’arrête là.

Ne voyez dans mes propos aucune haine, aucune jalousie, pas d’aigreur, pas d’esprit revanchard, ce n’est pas le genre de la maison.

Simplement j’aime mon métier passionnément et malheureusement je pense qu’il est en train de s’égarer car on ne cherche plus la qualité artistique mais on tente de faire des coups ! Business, money, rentabilité immédiate…

J. Pierre Gibrat disait : 

  « J'aime beaucoup les personnages secondaires, comme dans les films des années 30-40, des seconds rôles que l'on voit quelques minutes mais dont on se souvient toujours lorsqu'on repense aux films »

Je veux remercier tous ces seconds couteaux qui ont fait la grandeur de notre cinéma et qui m’ont donné envie de faire ce métier, je commencerai par Jean-Pierre Cassel qui vient de nous quitter, Paul Crauchet, Julien Carette, Noël Roquevert, Pauline Carton, Jean Tissier, Noël-Noël, Denise Grey, Pierre Larquey, Marcel Dalio, Dalban, l’immense Sylvie, pardon à ceux que je ne peux citer et ils sont légion…

J’arrête là ma séquence « Talents et émotions perdus».

 

"Les Ripoux de Claude Zidi"

A quelques jours du tournage, je prends le métro à la Porte de Clignancourt.

Je n’ai en tête que ce personnage du voleur qui dérobe le sac d’une dame âgée sur un marché.

Ce type a été pris en flag, il est interrogé, sûr de prendre de la taule et puis la situation bascule, on le dit honnête et on le relâche. Il sent qu’entre les deux flics, il y a quelque chose qui ne va pas. On lui retire les menottes et il part en courant sans demander son reste.

Il ne faut surtout pas jouer la situation, être dans la surprise mais ne pas jouer, ne rien faire.

Je sais que la séquence commissariat doit être drôle si elle est jouée façon « Caméra cachée », le personnage ne comprend pas ce qui se passe, ce qui lui arrive…

Je suis donc assis dans le métro et distingue un homme sur le quai dont la respiration est rapide, il est nerveux et vérifie sans cesse l’arrivée du métro. Je pense dans un premier temps qu’il est peut-être mal dans sa peau, je pense au suicide !?

Puis très vite, je vois un autre homme à une dizaine de mètres du premier dans le même état de nervosité. Visiblement quelque chose d’indéfinissable se passe entre eux deux.

Vous savez, un comédien reproduit les choses de la vie, il s’en inspire.

Là, je comprends que ces deux personnes sont en osmose et préparent, j’en suis sûr à présent, un mauvais coup.

Au fur et à mesure que l’on entend le bruit de la rame au lointain, je les vois de plus en plus tendus, puis le métro entre, ralentit et s’arrête.

Ils regardent en même temps les portes s’ouvrir, ne montent pas, observent les gens descendre puis un des deux fait un signe discret de la tête à l’autre. Deux dames descendent, chacune ayant un sac à main. Elles discutent avec force, les deux hommes leur emboîtent le pas, plus de doute, elles vont se faire piquer les sacs.

Je n’ai que le temps de sauter dans le wagon avant la fermeture, fou de bonheur.

Je viens de comprendre comment jouer la scène où j’arrive sur le marché, vois la vieille dame, son sac, jette un œil alentour et surtout, je viens de piger le stress qui doit être en moi.

Je sais comment mon personnage doit respirer, de façon haletante et nerveuse. C’est génial !

Arrivé à la station Simplon, je prends seulement conscience que je n’ai rien dit à ces deux braves dames qui vont se faire déplumer. Quel imbécile ! Trop tard…

J’étais trop dans mon film…

Le premier jour de tournage se passe sur le marché à côté de la mairie du 18° arrondissement.

Claude Zidi voit la répétition, je vois son œil s’allumer, je suis dans le juste. On tourne, tout se passe bien. On se cale avec Thierry Lhermitte afin qu’il me chope à un endroit très précis pour une question de point caméra. C'est-à-dire, il faut tomber là, il doit me plaquer au sol à une marque et pas ailleurs si on ne veut pas être flous à l’image.

Je cours un peu vite pour lui, je suis obligé de faire des pas de côté pour ralentir la course.

Heureusement, j’ai des genouillères car on recommencera la prise huit fois. Pour la séquence commissariat, je me retrouve en face de Philippe Noiret.

Lorsque l’on est jeune comédien, on a « les jetons », mais cet homme respire la sérénité, il parle posément, il est simple et bon. On tourne « Champ » sur lui, à savoir que durant la séquence, la caméra est sur lui, puis contre-champ, la caméra est sur moi.

A chaque fois,  avec des valeurs de plans différentes, plan serré ou américain, plan large…

Monsieur Noiret fait les mêmes gestes en mimant les gestes quand la caméra est sur moi afin qu’il n’y ait ni parasitages de bruits de machine à écrire ou de papier.

 C’est un vrai partenaire qui vous regarde dans les yeux et vous aide à donner le meilleur de vous-même.

Certains comédiens tirent la couverture à eux et sont bizarrement meilleur lorsque la caméra est sur eux, de préférence en plan serré afin qu’au montage, ils soient avantagés.

Ce n’est pas le cas pour ce grand acteur que je vais avoir le plaisir de retrouver avec Thierry Lhermitte dans « Ripoux contre Ripoux ».

Quel succès pour ce film ! César du meilleur acteur, du meilleur réalisateur et du meilleur film!

 

 

Le public m’en parle régulièrement et je sourie à l’idée que deux malfrats m’ont, inconsciemment, aidé à trouver mon personnage !!!

 

 

 

«  A tout bientôt !!! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Michel Crémadès publié dans : michel-cremades
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Jeudi 12 avril 2007

Pascal Légitimus nous ayant mis l’eau à la bouche, nous voyons déjà s’entrouvrir, devant nos yeux émerveillés, les portes de la télévision.

Tel des gardons frétillants, nous attendons donc le jour et l’heure de rendez vous avec Philippe Bouvard.  Que d’impatience et surtout quelle méga anxiété !

Qui ne connaît pas ce personnage caustique au caractère aussi trempé que la lame d’un couteau. Chroniqueur, il a la plume caustique et ses réparties sont autant de flèches décochées avec un si grand sourire.

 

 

Mais enfin arrive le grand jour, pour nous « l’opération Overload », ce n’est rien à côté de ce qui nous attend.  

Nous sommes une cinquantaine de personnes rassemblées au Pavillon Gabriel, toutes et tous issues de théâtres, cabarets ou cafés théâtres.

On essaye de plaisanter, de masquer notre trac quand tout à coup, on le voit enfin.

Il descend l’escalier dans son imper clair, aussi froid qu’un iceberg.

Arrivé en bas, il demande à sa secrétaire un café puis il s’adresse à nous :

« Bonjour, merci d’avoir répondu présent à mon appel. Antenne 2 m’a demandé de prendre le quart d’heure du soir avant le journal télévisé avec une émission comique, et, avec le réalisateur Nino Monti, nous avons pensé que des jeunes pourraient, peut-être, par le biais de sketches ou improvisations, y arriver.

Ca fait des années que j’essaye de faire ça avec des vieux crabes de la télé, ça n’a jamais marché, mais bon, Nino est sûr que vous pouvez, vous, y arriver. J’en doute, mais voilà, vous êtes là, faites moi rire. Où est mon café ?... »

Silence glacé dans l’assistance, on n’entend que le bruit des glottes en train de déglutir.

Puis il ajoute :

« J’ai écrit sur des petits papiers des propositions de sketches que je vais tirer au sort et vous viendrez à tour de rôle faire une improvisation. Ma secrétaire a établi la liste des artistes qui se produisent dans Paris et ce par ordre alphabétique. Je vais donc appeler les premiers. »

Mon compagnon de scène ayant pour nom Aquilon…

« J’appelle Raymond Aquilon et son partenaire Michel Crémadès. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 Pan ! Nous étions les premiers à ouvrir le bal pour le plus grand bonheur des copains présents car essuyer les plâtres, personne n’en avait trop envie !

 Philippe Bouvard plonge la main dans une petite corbeille et annonce :

« Un employé demande une augmentation à son patron… »

Sur ce, il se remet à touiller le sucre dans son café en nous annonçant qu’il nous laissait deux minutes avant de commencer.

Avec Raymond, nous discutons vaguement de la stratégie à suivre quand tout à coup, un petit sourire au coin des lèvres, Philippe Bouvard nous demande qui va faire le patron et qui sera l’employé…

 

Connaissant le bonhomme, je saute sur l’occasion pour lui dire que vu la couleur de peau de mon partenaire, il me paraissait évident que je ferai le patron et lui l’employé.

Bouvard se met à avoir des soubresauts de rires.

Je vois que j’ai fait mouche, je regarde Raymond, on se comprend tous les deux et on attaque immédiatement notre improvisation, il ne faut pas laisser refroidir la bonne humeur de Philippe Bouvard.

Il rit plusieurs fois de nos « bêtises », notre prestation dépasse nos espérances, nous trouvons une chute plus ou moins drôle mais je sens bien qu’on a réussi notre coup. Les copains applaudissent, Bouvard nous demande de retourner dans la salle et d’attendre.

Il fera passer une grande partie des personnes présentes, Jean Jacques Péroni, Michel Lagueyrie, Isabelle de Botton, Lime, Yvan Burger, Chevalier et Laspalès, Pascal Légitimus…

 

Je ne peux tous les citer… Puis il se lève et les yeux humides de rire, il nous dit :

« Bravo, vous m’avez convaincu, je demande le quart d’heure à Antenne 2 ».

Une fois qu’il aura auditionné tout le monde, il se retire dans son bureau et au bout de trente minutes, il vient énumérer la liste de ceux qui feront partie de l’équipe.

« Je ne peux garder tout le monde, nous dit-il, les autres ce sera plus tard ».

Mon Raymond ne fait pas partie du lot, Pascal Légitimus lui a été préféré…

C’est ainsi que va commencer cette aventure du « Théâtre de Bouvard » qui marquera plusieurs générations de téléspectateurs. Notre force était que nous ne nous prenions pas au sérieux, quelques accessoires, pas de décor, pas de costume, juste notre matière grise mise au service de la gaieté et du bon goût. (Enfin, pas toujours…)

 Au début de l’émission, tous les sketches étaient improvisés mais il y avait trop de déchets, aussi Philippe nous avait demandé de les préparer en amont.

 

 

 

 

 

 

Nous nous retrouvions quelques après midis tous ensemble afin de « pondre », suivant la formule consacrée. Si on riait de notre production, on gardait, sinon poubelle.

 

 

Ensuite, on présentait nos œuvres à Philippe, il décidait, soit de garder, soit il nous demandait d’améliorer certaines choses ou bien il jetait sans ambages.

Nous enregistrions au Pavillon Gabriel, Nino Monti était le réalisateur attitré de l’émission.

Le succès fut fulgurant. La France entière était derrière son poste de télévision. Nos noms étaient inscrits à l’écran, aussi nous allions devenir rapidement des « super stars » du petit écran.

Entre temps, avec Bernadette, nous avions rendu l’appartement de Gennevilliers à mon frère et trouvé un petit deux pièces à Saint Ouen.

La popularité de cette émission allait grandissante et comme les copains, je ne pouvais plus faire un pas dans la rue, finies les sorties avec bébé dans la poussette, les ballades en amoureux, c’était de la folie !

Un jour, je décidais de faire ma petite dépression nerveuse. Je restais enfermé chez moi pendant une dizaine de jours avec lunettes de soleil et chapeau vissé sur la tête.

Je ne voulais plus qu’on m’arrête dans la rue, j’avais la sensation de ne plus être libre, mais dévoré par le public, les gens étaient adorables, mais c’était trop d’un seul coup.

Bernadette m’expliqua que c’était la rançon de la gloire et que si j’avais décidé de faire ce métier, c’était pour être vu et que si j’étais reconnu, c’était plutôt bon signe.

Le bon sens et la perspicacité d’une femme !

Je retournais enregistrer avec les copains d’autres sketches, fier de savoir que nous rendions heureux tout un public de plus en plus fidèle. Ici, avec Didier Bourdon dans le rôle d'un médecin légiste qui part en vacances, et qui s'aperçoit qu'un de ses clients n'est pas complètement mort...

 

 

La troupe du « Petit théâtre de Bouvard » s’était agrandie, c’était très bien mais Philippe Bouvard, malin comme un singe, avait créé comme une compétition entre nous afin d’extirper la « substantifique moelle » de nos divers talents.

Nous avons passé d’excellents moments ensemble, notamment ce tournage à Cannes et ses environs. Le thème était le camping. Ca vous rappelle un film, non ?

Je me souviens de Didier Bourdon un peu plus mince que maintenant, habillé en MNS, qui portait ma gamine sur ses épaules, ou encore cette journée pendant laquelle une vingtaine d’histrions batifolaient dans la piscine de Philippe Bouvard, chez lui à Mougins, somptueux petit village dans l'arrière-pays, et ce dîner au « Moulin de Mougins », un des restaurants les plus huppés du coin !!!

Nous avions à notre disposition une batterie de serveurs qui se battaient pour venir nous servir, ou encore cette soirée à la fin de laquelle Bruno Gaccio s’était jeté tout nu dans le port et Jean Jacques Péroni, mécontent du repas avait fait la danse du ventre à poil sur une table.

 

(Quand je vous parlais de bon goût !)

Au retour sur Paris, je me décidais assez vite de mettre fin à cette belle aventure.

Le temps d’un sketch avec Michèle Bernier, tous les deux en danseurs étoiles puis le dernier avant de tirer ma révérence, avec Smaïn dont vous avez un extrait dans « Texte libre ».

 

 

Je sentais que ce bel esprit d’équipe commençait à s’effilocher, certains de mes camarades avaient perdu, à mon goût, la fibre artistique et ne voyait  plus que le côté "paillettes" des choses.

Je jouais une pièce au « Tintamarre », ex « Splendid », lieu qui a vu parmi nos plus grands comiques jouer entre autre, « Le Père Noël est une ordure » et qui est devenu maintenant un bar, comme quoi tout a une fin…

La pièce que je jouais s’intitulait : « Apocalypse Na ! »

 

 

«  A tout bientôt !!! »

 

 

 

 

 

 

 

 

par Michel Crémadès publié dans : michel-cremades
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Jeudi 5 avril 2007

 

Nous voilà arrivés à Paris, Bernadette, le fruit de l’amour qu’elle porte en elle (Que c’est beau…), la machine à laver Calor et deux valises. Toute notre vie dans un coffre de R5 !

 

Heureusement mon frère nous « offre » son appartement à Asnières Gennevilliers, dans une tour HLM. Eh oui… La banlieue, je connais…

 Par discrétion vis-à-vis de lui, je ne dirai pas où et chez qui il a vécu pendant ces quelques mois…

 

 La grossesse se passe bien, rythmée par la lecture du livre des prénoms, des conseils de la famille ou des amis. Les incontournables :

 

 

 

 « Tu portes le bébé très en avant, ce sera un garçon »

 

 

 

 

 

 « Si tu as mal à l’estomac, c’est que le bébé a des cheveux », j’en passe et des meilleures...

 

 Pour notre progéniture, nous allons faire les magasins, mais la question    revient toujours :

 

 «  La couleur… Bleue ou bien rose ?… »

 Bref tout va bien jusqu’au jour où un laboratoire d’analyses nous téléphone. Il y a un petit souci. Des analyses sont à refaire…

On refait donc une petite prise de sang, le résultat tombe et vient nous anéantir.

Malgré toutes les précautions prises, Bernadette vient de contracter la toxoplasmose. Je vous laisse chercher par vous-mêmes les conséquences d’une telle maladie. Nous allons vivre pendant sept mois bien évidemment dans la peur.

Le traitement donné par le gynécologue est suivi à la lettre.

Pendant ce temps, je me suis inscrit dans un cours d’art dramatique à Paris, le « Studio 34 ». Il m’a été chaudement recommandé par Marthe Villalonga dont je vous avais parlé dans l’épisode Un.

Le travail sérieux commence avec, entre autres, Claude Mathieu, Béatrice Lord et Philippe Brigaud, comme professeurs.

On travaille la diction, le déplacement du corps dans l’espace, je tâte des textes classiques, modernes, et je suis même mis en scène dans un travail de cours par un nommé Bruno Wolkowitch.

Philippe Brigaud nous a dit un jour :

 « Pour réussir dans ce métier, il faut 50% de talent, 50% de gueule et 50% de chance. »

  

  Cette chance vient d’un de mes copains de cours dont je vous ai parlé, il s’agit de Monsieur Raymond Aquilon. Il joue à l’époque au « Café d’ Edgar » en duo, mais son partenaire ne peut plus suivre, il est papa depuis peu, travaille dans l’informatique et ça paye bien plus que d’être saltimbanque.

 

 

 Il reste trois semaines à faire et un dédit à payer si le spectacle s’arrête. Raymond me propose donc de remplacer son partenaire durant cette période. Après avoir lu la pièce, je m’évanouis et lui propose de réécrire avec lui pas mal de choses. Il accepte, on se met au travail, on fait des photos, on travaille sur l’affiche, on refait la mise en scène, le spectacle est baptisé:

 

« Demain, j’enlève le noir »…

 Je joue à Paris pour la première fois, et ça marche super, nous nous entendons bien sur les planches avec Raymond et aussi très bien dans la vie.

 

 

 Le public répond présent.

 

Du coup, nous restons 6 mois à l’affiche pendant lesquels, nous jouons notre spectacle, collons nos affiches de nuit à la sauvage puis allons manger un petit bout.

 

Nous nous retrouvons entre copains de café théâtre ou cabarets, pour ne parler que de notre passion et se traiter d’enfoirés parce que lorsque vous collez des affiches de votre spectacle, le temps de finir la rue et de la remonter, vos affiches sont déjà recouvertes par celles des copains…

 

Combien de fois on a pu se chamailler avec Jean Hugues Lime (Sur la photo), 

 

 ou encore Pascal Légitimus et son partenaire de scène de l’époque Seymour Brussel, deux sacrés colleurs, aussi rapides que l’éclair.

 Quand je dis chamailleries, comprenez plutôt rigolades à tous les étages.

Quant à ma vie de famille, elle est suspendue à la naissance de bébé et toutes les interrogations possibles que vous pouvez imaginer.

Cette saleté de maladie avait-elle touché l’enfant et jusqu’à quel point ?

Ma mère habitait en face de la clinique et avait mis à notre disposition son petit appartement. Elle nous avait laissé son lit et dormait dans un canapé. Un soir, à son retour de travail, Bernadette lui dit qu’elle ne comprend pas pourquoi depuis un bon moment, elle a des douleurs dans le bas du ventre.

 Ma mère qui a, quand même, accouché de 6 enfants, elle, sait ce qu’il se passe.

Nous partons immédiatement pour la clinique, c’est un samedi soir.

Le dimanche à 10h40, ma fille arrive au monde.

 

 

 

 

 A première vue tout va bien mais une infirmière met le placenta au frais afin de faire des analyses, et un ambulancier embarque dans son bolide, ce petit être qui, à une heure d’existence, fait déjà la visite de Paris par un beau dimanche à 120 Kms/h toutes sirènes hurlantes.

Des spécialistes de l’hôpital Saint Vincent de Paul vont pouvoir ainsi l’examiner sous toutes les coutures.

On me demande de revenir à la clinique le lundi et l’on m’explique que, faute de personnel, il serait bon que je porte moi-même la poche placentaire à l’hôpital pour des examens.

Je me retrouve donc dans le métro avec un sac plastique glacé, et pendant quarante minutes j’espère vivement que ça ne va pas couler et qu’il n’y aura aucun contrôle! Jamais un policier ne pourrait croire à mon histoire.

Je me vois déjà en taule, surnommé par la brigade « L’éventreur de Paris » !!!

Arrivé là-bas, un docteur à qui je donne la poche sourit un peu jaune et me dit :

« Qu’est ce qu’ils ont foutu à la clinique? Tout est congelé, on ne peut rien voir, si il y a eu des parasites, à cette température, ils n’ont pas survécu. On ne saura rien, il va falloir faire des investigations plus pointues ! »

Et voilà ! Encore trois semaines d’attente pour récupérer notre fille.

    J’arrive le lundi après midi au cours de théâtre très en retard, ce que me fait remarquer mon professeur. Je m’en excuse et annonce à tous mes camarades :

« Désolé, je ne pouvais arriver plus tôt, depuis hier matin je suis papa d’une petite fille ; Comme je ne suis pas très argenté, je n’ai pu apporter que du cidre et des petits gâteaux pour fêter l’événement. »

Explosion d’applaudissements dans la salle, quelques larmes chez les filles et parmi les élèves, un garçon avec qui j’ai joué plusieurs fois au théâtre et qui est resté un de mes amis, j’ai nommé Monsieur Urbain Cancelier.

 

 

Vous allez le reconnaître sur la photo.

   

Retour à Saint Vincent de Paul, quelques examens plus tard, le professeur nous annonce qu’il faudra surveiller cette enfant, surtout la vue, faire attention à tout changement non expliqués lors de son adolescence mais à priori, d’après lui, la maladie a été traitée à temps et n’a pas du faire de dégâts.

 Aujourd’hui, ma fille a 26 ans, elle est infirmière urgentiste et vu qu’elle a contracté, par sa mère, la toxoplasmose, elle est immunisée et pourra, si tout se passe bien, donner naissance à un enfant au mois d’août 2007…

   

Je vous interdis de m’appeler Pépé !!!

Mars 1981 : Je finis cet épisode par un coup de fil. Pascal Légitimus me téléphone, il vit à l’époque avec la secrétaire de Philippe Bouvard…

Il me dit :

« Tiens-toi prêt avec Raymond, il prépare une émission avec des jeunes comme nous, ça risque d’être dur, mais on ne sait jamais… »

Suite au prochain numéro… Salut Raymond !

 

 

 

 

 

 

 

 

«  A tout bientôt !!!  »

 

 

 

 

 

par Michel Crémadès publié dans : michel-cremades
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