Présentation

Texte libre

Souvenir, souvenir... 
 
Un court métrage que j'ai le plaisir de vous présenter... Merci Fred !

Texte Libre

Merci de me rendre cette petite visite !!!

 

J’aime passionnément mon métier comme je peux le détester parfois, mais pour vous, public, ma fidélité a toujours été sans faille. Mon ami Patrick Jorge, qui organise des festivals de cinéma, me dit souvent :
 

 "Quand je dis ton nom, les gens ne tiltent pas forcément, mais lorsque je montre ta photo, la réaction est immédiate ! Le public te suit depuis des années entre cinéma, théâtre et télévision et t’apprécie énormément pour ton travail." 


Si vous faites partie de tous ces fans, je vous remercie et tâcherai d’être encore quelques années à la hauteur. Mon ami rajoute et j’en finirai là :

 

« La célébrité, c’est être connu, la popularité, c’est être reconnu !!! »

 

Je suis donc très fier d’être populaire.

 

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Mercredi 28 mars 2007
Le temps d’éplucher les journaux, lors d’un bref passage à Paris, et je trouve une annonce émanant du « Groupe Mornay ».
Ils cherchent un responsable animation pour la saison d’été, solide formation, capable de s’occuper de toute une équipe, ayant le sens de la gestion et surtout, sachant monter des spectacles.
 
Le rendez-vous avec le grand patron se passe un samedi après-midi.
Un bel immeuble à Paris, j’appuie sur un bouton puis je pousse une porte vitrée, elle ne s’ouvre pas.
Un monsieur arrive, faisant de grands gestes. Il ouvre cette maudite porte en me disant :
 
« Vous ne voyez pas qu’il faut tirer, c’est marqué !»
 
C’est lui le grand patron ! Le courant passe immédiatement entre nous, mais c’est de la haute tension.
Il faut dire que j’étais d’un naturel très timide, ce métier m’a aidé à passer un petit peu au dessus de cet handicap.
Oh ! Cette « maladie » revient bien de temps à autre, malgré tout…
 
La conversation s’engage entre lui et moi à propos du poste proposé, mais, dans la famille « Je suis bloqué », donnez-moi Michel Crémadès.
Bonne pioche !!!
Je ne sais répondre à ses questions que par oui ou par non.
 
Heureusement Bernadette m’a accompagné et voyant que je m’exprime aussi brillamment qu’une carpe, elle prend la parole et petit à petit, le monsieur ne discute qu’avec elle, m’ignorant totalement.
A la fin de la conversation, il s’adresse à elle :
 
« Vous, vous me plaisez ! Vous avez travaillé comme réceptionniste, parfait, vous n’avez pas les deux pieds dans le même sabot ! Je vous embauche.»
 
Il décroche son téléphone et signifie à l’un de ses collaborateurs de garder sous le coude le dossier « embauches réception » car il vient de trouver une perle rare.
 
Grand moment cinématographique.
Bernadette, me montrant du doigt lui demande ce qu’on fait pour moi. Il cherchait,au démarrage, un chef animateur …
 
Un peu gêné quand même, il relit encore une fois mon C.V. et finit par me donner ce poste de responsable animation. Il pense sûrement au fond de lui, que la saison risque d’être des plus tristes…
 
Mai 1980 :  Nous arrivons avant le début de l’été afin de tout préparer.
 
Ce village de vacances se situe dans un parc privatif de 14 hectares en bord de mer, avec une succession de plages à l’infini, de conches, de petites baies de sable fin. Il est situé à La Palmyre, non loin de Royan, et il porte le joli nom de « La Grande Baie ».
Nous sommes en pleine nature, des arbres, des écureuils, cet air iodé que je n’ai pas le temps de respirer car je m’enferme toute la journée dans ma salle de spectacle afin d’y monter mes bandes son pour les soirées, je prépare mes jeux d’intérieur et extérieur, regarde avec attention la programmation artistique qui avait été déjà faite par le siège à Paris.
 
Tel un général en chef, je mets en place mon plan de bataille afin que les vacanciers passent les plus belles vacances de leur vie. J’ai sous mes ordres une équipe de 5 sportifs (voile, bateaux, planches à voile…), une équipe pour s’occuper des enfants. Avec moi un jeune étudiant pour m’aider, Pascal.
Il n’a pas d’expérience en matière d’animation, mais je me fais fort de lui donner cette « envie d’avoir envie ».
 
Je ne suis pas très loquace. À midi, nous déjeunons avec toute l’équipe, je reste concentré dans mon assiette et ne pense qu’à l’arrivée des premiers vacanciers afin de pouvoir « exploser ».

Cette explosion a bien lieu. Les premières voitures arrivent, j’accueille les « visages pâles », passant d’une tenue excentrique à une autre, faisant blague sur blague, je suis partout à la fois.
Je cours, saute, je fais la circulation, je me fais passer pour un vacancier et arrive en hurlant à la réception sous des prétextes divers, et ce devant des vacanciers médusés. Certains se demandent si je ne sors pas d’un H.P…
 
Le directeur du village et sa femme ont compris à qui ils avaient affaire.
Ils sont formidables et très professionnels. Ils me font toute confiance et cela me donne des ailes. Je veux que les vacanciers sachent dès leur arrivée que ce farfelu d’animateur qui va leur faire passer des vacances déjantées, se nomme Michel.
Je sais que c’est ma dernière saison, je veux finir en « beauté » et prouver à ceux qui pensaient que j’étais incapable de gérer une équipe et un budget qu’ils se sont mis la main dans l’œil.
Toute mon équipe me suit avec un grand dévouement, ils sont tous étonnés de ce changement de personnalité.
Ils m’ont connu renfermé, timide, sans odeur ni saveur et puis le Docteur Jekyll s’est transformé en Mister Hyde !!!
 
Cerise sur le gâteau, j’arrive un jour à la réception et Bernadette qui y travaille, comme intimidée ou coupable, se demandant sûrement quelle serait ma réaction,
m’annonce du bout des lèvres que je vais être papa.
 
Une des plus belles journées de ma vie allait commencer. Après avoir embrassé la future maman, je partais annoncer à tous ceux qui voulaient l’entendre la nouvelle. Ce jour là, j’étais Superman ! Comme beaucoup d’hommes qui apprennent qu’ils ont été capables de « faire » un enfant.
 
Je dis à toutes les mamans que les pères ne savent jamais assez les remercier du cadeau qu’elles nous font.
 
Soirées dansantes, spectacles, jeux, rallyes, toute y passe, dans la joie et la bonne humeur. J’invite régulièrement, aux frais de notre caisse noire, toute ma troupe à déguster au restaurant du village de vacances les huîtres, éclades de moules, mouclades, cagouilles et autres plats locaux que je vous invite à découvrir. C’est sublime !
 
L’équipe entière se donne à fond, même Bernadette n’a pas peur de voltiger dans les airs malgré sa grossesse.
 
La saison touche à sa fin, le contrat est rempli. Nous sommes épuisés, blancs comme des cachets d’aspirine, mais tellement heureux du travail accompli et fiers d’avoir été à la hauteur de la confiance de notre hiérarchie.
 
Un bon nombre de lettres de félicitations écrites par des vacanciers arrivent au siège du « Groupe Mornay », aussi, le grand patron que j’avais rencontré à Paris descend avec deux adjoints afin de nous proposer avec Bernadette de continuer à travailler pour lui. Nos conditions seront les siennes, et, avec beaucoup d’élégance, il nous octroie à chacun une grosse prime.
 
Je le remercie vivement mais lui explique que ma décision est prise.
J’arrête une fois pour toute ma vie d’animateur et pars avec Bernadette, et « bébé » à la conquête de la capitale.
Toute notre vie se trouve dans le coffre de notre R5, dont une petite machine à laver bleue de marque Calor, quel must !
 
Un nouvel épisode de notre vie va s’écrire,
Enfin, je vais bientôt le réécrire pour vous…
 
 
«  A tout bientôt !!! »
 
par Michel Crémadès publié dans : michel-cremades
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Vendredi 23 mars 2007
C’est mon anniversaire aujourd’hui, aussi je vous délivre un nouvel article !
 
Suite de l’épisode 8.
 
Qui est Paulette ?
 
C’est la femme de Praline. Elle est institutrice à l’école communale de Praz sur Arly.
C'est une bonne vieille école qui sent bon la craie, l’encre et l’odeur du poêle qui vient réchauffer les élèves « quand la bise fut venue… »
Paulette Chabaud  sera en quelque sorte notre productrice, elle va nous avancer l’argent afin que nous puissions nous équiper en matériel de sonorisation, magnétophone Revox B77, micros, ampli et haut parleurs.
 
Double casquette, institutrice-productrice ! Et elle a de la poigne croyez-moi, aussi bien avec nous qu’avec ses élèves.
De par sa fonction, elle est logée au-dessus de l’école et nous l’entendons de sa voix puissante recadrer certains d’entre eux avec force et détermination.
Nous en rions avec Louis, son mari.
Les élèves un peu moins car lorsqu’elle tire les cheveux, elle ne fait pas semblant…
Louis et moi, composons notre spectacle. Certains sketches seront empruntés aux frères ennemis, à Jean Yanne, d’autres viennent du Club Med ou bien du fond de nos circonvolutions cérébrales.
Grande nouvelle! Pour faire plus mâle, j'arbore, comme mon partenaire de scène, une paire de bacchantes!
 
  Paulette s’occupe aussi de tout ce qui est    intendance.
Bernadette étant partie quelque temps en stage, je reste déjeuner et dîner chez eux. Il y a Fanny et Manu, leurs deux enfants que j’ai vu grandir peu à peu, à qui je fais de grosses bises.
 Qu’elle est bonne la soupe de Paulette quand on a froid. Que l’on apprécie sa raclette ou sa fondue ! Que de beaux réveillons passés ensemble !!!
 Mais Paulette nous donne aussi son avis sur la qualité de notre travail. Soit elle éclate de rire ou bien elle sourit avec courtoisie et part faire la vaisselle, ça veut tout dire…
 
Quel couple hors norme que Paulette et Louis, une enseignante et un artiste !
 
Avec Louis, nous aménageons à Megève notre « Café de la Gare » à nous, .
Il est artiste peintre et il fait de ce lieu, un peu glauque, un café-théâtre digne de ceux qui existent à Paris. J’essaye de me rendre utile en montant les bandes son, préparant les accessoires et en faisant le chauffeur, car Louis n’a pas son permis.
Enfin notre première représentation !
 
Nos deux femmes s’occupent de la régie son et lumière. De temps en temps, elles jouent avec nous sur scène.
Le public n’est pas nombreux, mais il a l’air d’apprécier. Ensuite tous les quatre, après les saluts, allons nous « montrer » dans les boîtes à la mode afin de faire notre promo.
Pour les habitants de Megève, nous sommes les rigolos locaux, on peut dire que nous sommes acceptés assez facilement.
Paulette rentre tôt car la cloche se réveille de bonne heure le matin à l’école communale.
 
  Mais rapidement nous comprenons que notre idée de jouer un spectacle de café théâtre à Megève pour, principalement des Parisiens qui ont tout ce qu’il faut comme lieux d’amusement à Paris, n’est pas la meilleure idée.
Les vacanciers viennent faire du ski et vont se coucher tôt pour être en forme le lendemain ou bien ils vont boire un verre dans une boite de jazz ou voir un spectacle de transformistes, mais, aller voir deux gugusses inconnus, c’est une autre paire de manche…
  Le plus beau souvenir est le jour où nous arrivons avec Louis dans notre lieu de rêve et qu’une odeur pestilentielle nous saute aux narines.
Nous montons voir le patron du bar tabac PMU et très vite nous avons l’explication.
Les eaux usées de tout l’immeuble passent dans des canalisations situées sous notre scène et l’une d’elles, en raison du gel de la nuit précédente, a pété !
Une heure avant la représentation, nous balançons quatre bombes de désodorisant, entre parfum menthe, fruits des îles, citron de Madagascar et fleurs tropicales.
 
Nos femmes font la régie en portant des masques sur le nez, le public n’est pas dupe, nous devons faire une annonce nous excusant de cette soirée « odorama » mais pour couronner le tout, nous avons un problème électrique.
En plein milieu des sketches, le compteur disjoncte suivant son bon vouloir, de façon très aléatoire. Le public s’y perd entre ces coupures et les vrais noirs lumière de fin de sketches...
 
Du coup, un des spectateurs se tient debout et dès que ça saute, hop, il appuie sur le bouton du disjoncteur. Il viendra saluer à la fin de la soirée, heureux d’avoir mis la main à la pâte, enfin, façon de parler !
 
Il faut croire que notre prestation artistique n’était pas si mauvaise car le public était heureux de passer des moments, certes un peu saugrenus, mais tellement rares !
 
Avec Louis et notre « productrice », nous comprenons vite que le seul moyen de rentabiliser l’affaire, du moins de ne pas trop bouffer la grenouille, est de jouer ailleurs.
Nous démarchons les centres de vacances, les mairies, les maisons de retraite, bref tous les lieux susceptibles d’accueillir spectacles et ateliers divers.
Gros succès ! Nous voilà partis sur les routes de France à nous donner en représentation.
 
Peu à peu nous remboursons Paulette. Nous sommes même embauchés plusieurs fois dans un centre de vacances des impôts qui à chaque fois nous paye au noir !!!
 
Puis vint une grosse tournée entièrement organisée par un administrateur, le bon Olivier, avec la famille Pilard, célèbres clowns, Patrick Valérian le chanteur et son musicien.
Une super équipe de branquignols, toujours prêts pour la rigolade tout en restant très pros.
Seule ombre au tableau, en pleine tournée, le guitariste de Patrick s’effondre sur les marches d’une église, crise cardiaque foudroyante.
Après deux jours d’interruption, le spectacle reprend, comme le veut la tradition, et nous repartons faire rire, le cœur gros, avec à chaque chanson une pensée émue pour Roland le musicien qui est parti donner la sérénade aux anges.
 
De retour à Praz, à la fin de cette tournée, nous manquons de peu d’aller rejoindre Roland...
Je conduisais ma R5 et à une centaine de kilomètres de l’arrivée, la voiture se déporta doucement sur la gauche vers un ravin.
Je m’étais endormi après avoir roulé une bonne partie de la nuit et le réflexe de Louis qui redressa le volant fut salvateur. Il ne dormait que d’un œil !
 
Puis ce fut l’heure du bilan. Je voulais être comédien, cette fois, j’en étais sûr, donc il fallait que je « monte » à la capitale.
Louis avait sa vie en haute Savoie, sa femme Paulette, ses enfants.
Son atelier marchait bien, on décidait donc de se séparer et de suivre chacun sa route.
 
Cela me toucha énormément lorsque, quelques années plus tard, il m’avoua au téléphone qu’il était allé me voir au cinéma dans « Les Ripoux » et qu’à la fin de la séance, il s’était levé pour applaudir, les yeux bien chargés d’émotion.
 
Sacré Louis, incroyable Paulette…
Nous nous voyons toujours et, comme des anciens combattants, nous ne parlons, encore une fois que des bons moments !
 
A la moitié du printemps, nous montons à Paris avec Bernadette, afin que je puisse trouver pour la dernière fois un poste d’animateur, afin de mettre un peu d’argent de côté, et elle de réceptionniste.
 
Suite à quoi, Paris, cours d’art dramatique, castings, rôles, bref enfin, le grand bain…
Au risque de boire de bonnes tasses!
Mais tout ça ne s’est pas fait si facilement…
                                                                                                                                                           
 
 
«  A tout bientôt !!! »
 
 
par Michel Crémadès publié dans : michel-cremades
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Mardi 20 mars 2007
Bon, j’en étais où ?
Oui, la panne de voiture à cause du cabochon d’alternateur et puis Bernadette.
Tous les deux, c’est le grand amour, et sans paparazzi.
Ma famille accepte du bout des lèvres cette fille un peu tête en l'air, souvent distraite qui, lorsque ma soeur l'invite à dîner, n'hésite pas à exploser son service en porcelaine qui venait de la grand-mère et auquel elle tenait tant! C'est le trac...
Maintenant on rit de cet épisode plutôt cocasse.
Sur cette photo, sortie en famille sur les bords de l'Arly avec soeurs, frère, nièces et neveux.           Bernadette n'y est pas...
Bref il fait grand beau temps sur notre vie mais les nuages ne vont pas tarder à se former au dessus de ma tête et surtout à l’intérieur…!
 
En effet mon ex petite amie revient afin d’honorer son contrat.
C’est l’une des périodes les plus douloureuses de ma vie car je n’aime pas faire du mal à quelqu’un et je suis conscient que cela va arriver.
 
Je vais donc chercher Pat à la gare de Sallanches. Elle me saute au cou et je ne sais quoi faire, quoi dire.
Comment lui expliquer que je ne me suis pas comporté comme un homme…
Je vis avec sa meilleure amie depuis pratiquement son départ ?
C’est digne d’une mauvaise série télé Américaine.
Non, c’est la vie…
 
Je préfère qu’elle emménage dans son logement alors qu’elle espérait venir habiter chez moi. Je la sens inquiète, elle se pose plein de questions.
 
Pourquoi cette froideur de ma part ? Elle demande conseil à Bernadette.
Pourquoi Michel est-il si distant, que s’est-il passé depuis mon départ ?
Il y a quelqu’un d’autre dans sa vie ?
Evidemment, autant de questions laissées sans réponse.
Par peur de la blesser ou par manque de courage, je ne lui dis rien.
 
Cela va durer presque un mois. Heureusement un « corbeau » va lui révéler la vérité et sa meilleure amie va devenir sa pire ennemie.
Ce qui est terrible c’est que, pour elle, je ne suis pas coupable.
J’ai beau lui expliquer que tout est de ma faute, rien n’y fait.
Je reste à ses yeux le garçon le plus merveilleux de la terre.
 
Rien que d’écrire ces quelques lignes, je sens à nouveau ce malaise qui ne m’a jamais quitté depuis toutes ces années. Que de regrets…
 
J’ai longtemps cherché à revoir cette jeune fille si belle, si douce, avec qui j’ai passé des instants merveilleux, et qui pour moi a été une des femmes de ma vie pendant de longs mois.
Je voulais la retrouver afin de lui expliquer… Mais expliquer quoi ?
La vie est parfois d’une immense cruauté.
 
Comme pour oublier au plus vite cet épisode, je décide, avec Bernadette, de quitter la haute Savoie. Nous nous installons dans le 06, à Menton, ville nichée entre la principauté de Monaco et la Riviera Italienne.
Pourquoi Menton ?
 
J’ai des amis qui travaillent dans un centre de vacances, ils m’ont tellement parlé de la région et puis c’est l’été, il fait beau, il y a des touristes, et cela me donne des idées.
Comment vivre à Menton et quoi faire? D’abord, nous avons économisé quelques pépettes, ensuite, notre stratégie est bien huilée. Pendant que je ferai quelques numéros visuels dans la rue, à la terrasse des bistrots, Bernadette passera la cébille.
C’est enfin l’affrontement « amical » avec un vrai public.
 
Donc nous louons un petit studio avec vue sur la mer. Magnifique ! Nous avons même un droit d’accès à la piscine de l’immeuble ! Nous n’y mettrons qu’une seule fois les pieds.
 
Puis le temps passe, le temps passe, il passe et il repasse…
 
Je crois qu’au fur et à mesure, tel un ballon de baudruche, je me dégonfle et puis l’idée de voir la femme que j’aime faire la manche m’insupporte.
Orgueil Espagnol !
Non, décidemment, je ne peux pas, c’est au dessus de mes forces.
Alors nous passons nos journées enfermés dans ce joli studio à regarder la mer.
 
Il me semble que l’expression « vivre d’amour et d’eau fraîche » a été inventée pour nous.
 
Malheureusement, nos économies fondent comme une glace au citron de Menton.
Cela ne nous empêche pas d’aller le soir à Monaco afin de jouer au casino…
Nous y passons une bonne heure à regarder les joueurs puis nous dépensons magistralement cinq francs, pas plus, et ayant tout perdu, nous rentrons au studio.
 
Le 31 juillet 1978, j’apprends une nouvelle qui va me terrasser, mon père vient de partir vers des cieux plus cléments, emporté par une crise cardiaque.
J’essaye de trouver un train pour Paris, c’est un départ de vacances, pas de place, c’est l’horreur.
Je ne vais arriver sur Paris que pour la cérémonie. Je ne pourrai pas voir mon père une dernière fois, mais après tout, est-ce bien important…
Il vaut mieux le garder « en vie » dans sa tête.
 
La famille est réunie autour de ma mère, notamment mes sœurs et mon frère. Nous parlons du passé, les souvenirs les plus merveilleux ressurgissent. Nous passons des larmes aux rires comme cela arrive souvent lors d’un décès.
 
De retour à Menton, heureusement j’ai Bernadette pour m’aider à accepter la mort d’un être cher et tout ce que cela comporte.
Les  « j’aurais du, si j’avais su, pourquoi je n’ai pas… » .
 
Je répète souvent à mes enfants que la mort fait partie de la vie et qu’il faut l’accepter ; Se dire qu’elle n’est pas un point final. C’est trop dur de l’affronter d’un seul coup et de la prendre en pleine figure.
 
Très vite, pour me changer les idées et renflouer les caisses, je me vois obligé d’accepter de finir la saison comme animateur, comme me le propose si gentiment mes amis dans leur centre de vacances. Pour l’anecdote, c’est là que travaillera ma copine Mimie Mathy après être passée chez Michel Fugain.
 
Pour moi, cette décision est un échec !!!
 
A la fin de la saison, après avoir cogité, nous décidons de repartir vers Praz sur Arly, haute Savoie, afin d’y établir notre camp de base. La montagne sera dure à escalader…
 
Avec Louis Chabaud dit « Praline », natif d’Aubagne…
Vous savez l’animateur, peintre, sculpteur, joueur de foot et de pétanque, je vous avais bien dit que je vous parlerai de lui à nouveau…
Avec lui, donc, nous décidons de monter un spectacle que nous allons jouer dans le sous-sol d’un bar tabac PMU de Megève. Nous louons ce lieu, à nous de rentabiliser.
 
C’est l’hiver ! Heureusement, nous avons Paulette !
Oh Paulette, Paulette, Paulette, Paulette !!! 
Qui est-elle ?
Si vous lisez la suite, vous le saurez…
 
 
«  A tout bientôt !!! »
par Michel Crémadès publié dans : michel-cremades
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Dimanche 18 mars 2007
Au revoir Reims, fini les treillis, rangers et autres tenues kaki, j’ai fait une bise à mon char AMX 10, suis allé serrer la main des gradés, surtout celle de mon adjudant et me voilà de retour en Haute Savoie afin de reprendre mon poste d’animateur, je n'ai toujours pas de moustache!
 
Je finis de passer mon permis de conduire à Sallanches.
Code et conduite du premier coup, la classe ! Et puis, c’est l’émotion de ma première voiture !
 
J’achète une « Honda S800 » d’occasion. Petite voiture sportive et nerveuse de couleur rouge, au minuscule levier de vitesse, elle devient la pièce maîtresse de ma panoplie du parfait dragueur vu qu’il n’y a qu’une place « passagère ».
C’est la voiture que l’on retrouve dessinée dans les « Spirou et Fantasio ».
 
Malheureusement lorsque l’on roule, sa suspension me fait penser à celle de mon char AMX 10 de l’armée !
 
Je peux donc emmener mes conquêtes, sans aucune discrétion, jusqu’à des 160 Kms/h.
Ah jeunesse !
A partir de maintenant, je vais interdire à mes enfants de lire mes articles…
 
Cette voiture finira sa vie dans une congère, dérapage incontrôlée, tout l’avant à refaire, huit mois d’attente pour de nouvelles pièces. Adieu ma voiture de sport, option « drague », j’achète une R5 TL.
 
Les saisons s’enchaînent, la mentalité des vacanciers a changé ou bien est-ce moi qui ai mûri et qui vois les choses différemment ? Je les trouve plus exigeants, plus agressifs. Le village vacances a une politique qui offre de plus en plus de choix quant aux loisirs, logements, principes de restauration, garde des enfants.
 
Ce n’est plus l’époque où les vacanciers débarrassaient les tables et allaient faire la vaisselle, ce qui créait une vraie complicité entre eux, permettait des échanges, et donnaient place à des fous rires que je n’ai plus retrouvés par la suite.
Bref, je pense que ces nouveaux « acquis » ont changé la mentalité des vacanciers.
Nous passons à la génération :
 
« Je suis client, j’ai payé, je suis le roi et j’ai le pouvoir divin de pourrir votre existence d’employé tout à mon dévouement, et ce, 24h/24… »
 
Cette ambiance va sûrement contribuer au fait que je commence à compter les jours et que l’appel de la scène résonne de plus en plus dans ma tête.
Il faut que je devienne un vrai artiste, un pro, donc il faut que je monte à Paris en fredonnant la chanson de Charles : « Je m’voyais déjà … »
 
Pas facile car lorsque vous bossez dans ces villages de vacances, vous êtes pris en charge presque complètement, nourriture et logement. Pas de courses à faire, un tout petit loyer, des rencontres très souvent sympas. Vie facile…
 
Alors aller à Paris pour prendre des cours d’art dramatique, trouver un petit boulot, se loger, assumer la pitance …
C’est le grand saut dans l’inconnu, dans ce qui fait peur, alors on retarde l’échéance !
Et puis, on se dit : « Suis-je vraiment fait pour être comédien professionnel ? », et toujours sans moustache...
 
En attendant de prendre une décision, j’ai le bonheur de vivre depuis peu avec une très jolie brune, mais oui, que j’appellerai Pat. Je l’ai même présentée à mes parents lors d’une escapade à Paris. Elle travaille à la réception.
 
Mais par un bel après-midi du mois de décembre 1976, je suis en train de discuter avec un autre animateur à l’entrée du village vacances, lorsqu’ arrive une nouvelle recrue prévue pour être réceptionniste, elle se prénomme Bernadette, elle est blonde.
Elle est belle comme un cœur, a beaucoup de présence, aussitôt les mâles sont en ébullition !!!
 
Bernadette et Pat deviennent les meilleures amies du monde, mais en avril, pendant l’inter saison, Pat s’en va, ayant signé son contrat pour revenir travailler au mois de juillet 1977.
 
J’ai l’impression d’écrire pour un magazine « People », tant pis, c’est la vérité de ma vie.
 
J’étais très copain avec Bernadette, rien de plus. Mais la vie va en décider autrement.
Un soir, je projette un film aux retraités.
Après avoir transpiré dans ma cabine de projection je croise Bernadette qui me dit : 
 
« Je vais me coucher, je suis crevée, demain j’emmène mes retraités en excursion très tôt et en car ».
 
Je lui propose quand même de venir avec moi prendre un pot vite fait à Megève.
Il y en a pour trente minutes maximum.
 
Nous voilà partis tous les deux dans ma R5. C’est l’inter saison et ayant du mal à trouver un bistrot ouvert, je décide de continuer ma route vers Chamonix !
Il ne reste plus qu’une trentaine de kilomètres à faire.
 
Tout ressemblance avec des personnages existants ou ayant existés n’est pas fortuite, ce que je vais vous raconter est la vérité.
 
Nous arrivons à Chamonix, et la voiture commence à avoir des ratés. Elle se met à ralentir, avoir des à-coups. Je m’arrête une première fois, ouvre le capot, vérifie qu’il y a bien un moteur. Oui, la mécanique et moi…
 
Nous repartons et arrivons tant bien que mal dans un pub. Ayant lu la carte, nous décidons de grignoter un petit quelque chose.
La serveuse arrive pour prendre la commande.
En même temps, comme d’une seule voix, Bernadette annonce « Un croque-monsieur », et moi « Un croque-madame ».
Aussitôt nous nous regardons, prenant conscience de ce qui a été dit. Nous rions, mais ce rire est teinté d’un trouble évident mêlé d’une certaine gêne.
 
Il est en train de se passer quelque chose, nous en sommes conscients.
 
Nous reprenons notre chemin et, par trois fois la voiture recommence à faire des siennes. Je me gare comme je peux sur le bas-côté. Cette route amène au tunnel du Mont-blanc et les poids lourds, en passant, font que la voiture est secouée dans tous les sens, ce qui ne nous rassure pas beaucoup.
Mais, comprenant qu’à chaque fois qu’on laisse le véhicule se « reposer » un instant, il repart pour faire plus ou moins cinq kms, je propose à ma compagne d’infortune de se reposer, notre retour se fera donc en plusieurs étapes…
 
La pauvre commence son excursion le matin à 7h30 et il est presque minuit.
Je suis embêté de lui faire subir, très involontairement ce « coup de la panne. »
Je mets son siège en position couchette et la couvre de mon manteau afin qu’elle n’ait pas froid.
Coup de théâtre… Arrivât ce qu’il devait arriver…
 
Malgré le froid à l’extérieur, mon sang doit être à une température de 50°. J’ai la respiration un peu coupée, des bourdonnements d’oreilles, le rythme cardiaque s’accélère, vite un brancard, je suis en plein dans la série « Urgences ».
Je sens tous les symptômes du désir m’envahir. Je crois qu’il en est de même pour ma compagne d’infortune.
 
Je vous passe les détails…
 
Après quatre arrêts, nous remontons la côte qui amène de Sallanches à Megève puis Praz sur Arly. Au détour d’un virage, je vois un écriteau « Garage à 50 mètres ».
Je prends ce petit chemin, manque de me faire bouffer par un Berger Allemand puis, m’adressant au garagiste qui s’approche, je lui explique mon problème. Il me dit :
 
« Oh, je vois ce que c’est ! Ouvrez votre capot »
 
J’obéis, il jette un œil puis m’annonce fièrement :
 
« Oui, c’est ça, regardez, c’est le cabochon d’alternateur qui s’est défait. »
 
Il appuie dessus, ça fait un petit clic, il m’explique pourquoi la voiture avait du mal à avancer puis, lorsque je lui demande combien je lui dois, il sourit en me disant qu’il n’a fait qu’appuyer sur une pièce qui doit coûter 3 francs et que je ne lui dois rien du tout.
 
Comme je l’ai dit lorsque je suis passé avec ma femme dans l’émission de Mireille Dumas, « Bas les masques », il y a quelques années de cela :
 
« Un cabochon d’alternateur à 3 francs mal enclenché fait que je me suis retrouvé marié quelques années plus tard et père de trois enfants !!!»
 Ah ! Je ne vous ai pas dit, avec
                               Bernadette...
 
 
 
«  A tout bientôt !!! »
par Michel Crémadès publié dans : michel-cremades
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Samedi 10 mars 2007
« On n’a pas tous les jours 20 ans !!! », comme le dit la chanson…
 
Sitôt soufflées les bougies d’anniversaire et me voilà dans le train. Direction la ville de garnison de Reims, « fournée 75/04. »
Le réseau SNCF de l’époque étant ce qu’il était, j’arrive, après deux changements de trains, en pleine nuit au quartier « Jeanne d’Arc » situé boulevard Pommery.
 Le nom chante comme des bulles dans une flûte à champagne mais la caserne coupe toute velléité d’engagement dans l’armée.
 
Arrivé à l’entrée, une jeune recrue regarde d’un œil ensommeillé mes papiers et m’envoie vers la section 4. On me montre ma chambre, elle est très spacieuse, au moins 50 M² !
Seul souci,  je vais devoir partager cette piaule avec une cinquantaine d’autres appelés.
Ils ont été, eux, incorporés dans la journée. Moi, j’arrive à une heure du matin et le sergent éclaire de sa lampe torche un lit vacant, me disant :
 
« Trop tard pour les draps, t’as qu’à dormir dans les couvertures, on verra le reste demain. »
 
Je me couche donc dans un lit et des couvertures trop humides à mon goût, et je passe ma première nuit, bercé par le ronflement de mes camarades de chambrée…
The Reims philarmonic orchestra !
 
Je suis réveillé par des :
 
 «Tiens, y’a un nouveau qui a dû arriver cette nuit ».
 
Eh oui, désolé ! Puis je suis secoué par un caporal qui m’annonce franco :
 
« T’as dormi là ??? Dans ce même lit y’avait un type hier mais il s’est ouvert les veines, on l’a mis à l’infirmerie mais on n’a pas eu trop le temps de nettoyer. »
 
Je comprends alors en regardant le matelas et les couvertures le pourquoi de l’humidité !!!
 
Tout part donc sur de très bonnes bases ! Je vous rassure, le garçon ne voulant pas faire son service militaire s’en est sorti. Les entailles étaient très peu profondes, il avait bien secoué les bras pour en mettre partout, et après 3 mois de disciplinaire, on l’a mis à la porte de la caserne pour troubles mentaux...
 
Donc, bienvenue dans le 1er Groupe de chasseurs, régiment en garnison à Reims depuis 1956 qui est doté de véhicules de transport de troupes AMX-10 P, de chars de combat AMX-30 et de véhicules de l'avant blindé. Ce régiment d'infanterie mécanisée appartenait à la 10e Division blindée et prenait place dans le 1er Corps d'armée du corps de bataille blindé mécanisé de l'armée française.
J’ai l’habitude de vivre en collectivité et passionné par le sport en général, je vais être servi !
 
Football, hand ball, footings par des températures sous zéro, marches de jour comme de nuit de 20, 50 voire 100 kilomètres avec tout un bardas de trente kilos, opérations « On se refait le Vietnam à Reims », stages commandos dans les environs dans lesquels nous étions suspendus sur des fils métalliques au dessus du vide à crapahuter debout, à plat ventre, ou sur le côté, les fameux pont de singe dignes du « Pont de la rivière Kwaï », le meilleur étant de sauter dans le vide, aggripé à une barre métallique fixée sur un câble. Dénivelé de 400 mètres, sur une longueur de 3000 mètres, la vitesse suivant le poids de l’individu pouvait atteindre les 180 Kms/h.
Ca va, je ne suis pas très épais.
 
Beaucoup arrivaient en bas version « J’ai tout vomi pendant la descente ».
 
Nous  sommes même partis 10 jours dans les Pyrénées pour crapahuter en montagne, sans être équipé bien sûr. Mais là, c’était mon truc, et j’encourageais même les plus gradés pour atteindre le Nirvana des sommets. 
Il faut vous dire qu’à cette époque le prix du pétrole avait quelque peu flambé, aussi, moins on utilisait le matériel roulant, plus on faisait des économies.
 
Les pieds crevassés étaient remplis d’ampoules, nos estomacs découvraient la popote  « bromure », bref tout était en berne...
Surtout le moral, pour certains…
 
Mais tout arrive...
Deux mois plus tard, nous allions passer aux choses plus sérieuses. Stages de tirs au pistolet automatique et autres armes ainsi que la découverte du matériel roulant. Mesdames, messieurs, votre serviteur se retrouvait dans la tourelle du char du capitaine, un AMX-10, avec canon, deux mitrailleuses , deux radios pour pouvoir, en manœuvre communiquer avec les autres.
 
Sur mon char tout était en double, du coup je travaillais deux fois plus que les autres radio tireurs ! Et il fallait que ça brille !
 
En avant les manœuvres!
 
 
 
J’ai souvenir du char fonçant vers un hypothétique ennemi dans les plaines accueillantes et bosselées de Mourmelon. Un vrai western.
 
Le capitaine hurlait des ordres à la radio aux autres chars, puis  arrivé à 200 mètres des cibles à abattre (Immenses cibles en carton), il fait piler l’armada. Les chenilles dans un vacarme du diable se mettent en action, l’avant du char se lève, dans l’habitacle à l’arrière où sont entassés 8 fantassins en arme, c’est pire que le Billabong à la fête foraine, les portes s’ouvrent, ils descendent et se mettent à courir. Sus à l’ennemi !
Les pauvres, à force d’être secoués dans tous les sens, sont dans un état lamentable, ils titubent, n’ont plus aucun sens de l’orientation, maman, au secours, viens me chercher !
Lorsqu’ils ont dépassé notre char d’une trentaine de mètres, quelle n’est pas ma surprise d’entendre le capitaine annoncer au pilote :
 
« En avant !»,
puis de me dire :
 
« Feu à volonté ! »
 
Nous tirons avec de vraies munitions, elles ne sortent pas de chez
« Cotillons, articles de fêtes, kermesse, farces et fantaisies ! »
Le capitaine, ivre de bonheur, tire à la mitrailleuse mais, comme le char fait des embardées, les balles peuvent facilement atteindre nos pauvres fantassins. De la démence !
M’armant d'un courage des plus pacifiques, je lui demande d’arrêter de se prendre pour Rambo. Il finit par comprendre.
Ouf ! On l’a échappé belle, enfin, surtout mes camarades!
 
 
Il me fallait quelqu’un dans la place, aussi, très vite je deviens « l’ami » de l’adjudant car, ayant appris que je travaillais dans l’artistique, il m’avait mis en relation avec quelques garçons en charge de monter un spectacle de fin d’année pour les enfants des gradés.
Je les rencontrais. Ils pataugeaient dans l’écriture de sketches de clowns.
 
Eh, eh, Zorro était arrivé !!!
 
Je leur proposais les textes que j’avais déjà joués, distribuais les rôles, prenant pour moi celui que je tenais toujours, à savoir celui de Monsieur Pipo.
 
Utilisant une fine stratégie militaire, je passais mon temps à encenser l’adjudant qui était plus petit que moi. Ca, déjà, fallait le faire, et qui, comment le décrire ???  
C’était vraiment un adjudant…
Lorsque nous faisions du hand ou du foot, je faisais tout pour lui passer le ballon en lui criant :
 
« Allez-y mon adjudant… C’est super mon adjudant ! »
 
Il n’était pas vraiment un grand sportif. Il soufflait sans arrêt, n’avait pas le sens du jeu, ratait presque tous les ballons mais je lui disais régulièrement toute mon admiration pendant que les copains me traitait de « lèche… », vous devinez la suite ! J’étais copain avec tout le monde, toujours prêt à amuser la galerie, et je me suis vraiment bien amusé...
 
Lors d’une séance de tir au P.A, (pistolet automatique), il m’avait nommé responsable du chargement des armes. Je mettais 5 balles comme il se doit dans le chargeur des copains et m’en mettais 7 dans le mien afin d’augmenter mes chances de mettre des balles dans la cible.